Qui es-tu ?

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Un rayon de soleil au milieu des étoiles,
une goutte d’eau dans un océan sans fond.
Animal rampant sur la terre,
ou aigle majestueux en quête de mystère ?

Combien de fois peut-on me couper et me tordre
Avant que je ne perde ce que je suis ?

Suis-je déjà quelque chose,
Suis-je trop de choses à la fois ?
Suis-je vraiment ce que je crois ?

Suis-je un devenir,
ou suis-je la somme de ce qui fût,
bien longtemps avant moi ?

La question de l’Etre n’est pas simple à aborder. Tel des poupées gigognes, le sujet nous échappe lorsque l’on croit le saisir et que l’on mène la réflexion suffisamment loin… Lorsque je dis suffisamment loin, je devrait peut-être dire suffisamment haut… Parce que c’est de la hauteur pour ces question qu’il nous faut.

J’ai un corps, habité par un esprit, un mental qui fait que j’agis, et une âme, peut-être, car discrète comme le chant des pierres qui roulent le long des montagnes.

Souvent il y a confusion. L’on croit que notre corps souffre, lorsque c’est notre mental qui est concerné. On croit voir l’âme à tous les coins de forêt, alors que c’est notre boîte crânienne qui se met en branle. On croit que l’on  n’a pas la force mental de faire telle ou telle chose, alors que c’est notre corps qui n’est pas correctement alimenté…

A chaque fois que l’ on pense toucher du doigt une certitude, peut-être serait-il sage de douter, et de nous demander si… Et si ce n’était pas cela… ?

Mais voilà l’incertitude fait peur, l’inconnu est terrifiant. Ne pas savoir nous bouscule, nous renverse de notre fauteuil confortable, et nous amène à sortir les griffes, à nous battre jusqu’à la mort s’il le faut pour ne pas avoir à l’affronter consciemment, cette mort, tellement loin de notre vie.

D’un point de vue pragmatique, et j’allais dire matérialiste, nous sommes beaucoup de choses… Je suis père, amant, Druide, ami… Autant de rôles dans lesquels mes masques changeront, ainsi que ma manière d’être… Utile de savoir jouer un rôle et de changer de casquette pour continuer à évoluer dans un monde social de plus en plus élargie…

Mais peut-être… Sans obligation… Nous faudrait-il essayer de regarder l’inconnu, cette mort de soi qui nous fait si peur pour peut-être… peut-être, découvrir un autre Moi, qui… peut-être, m’amènera à quelque chose qui se rapproche du Soi… ? Quelque chose qui me rapproche de la graine de mon être, d’où tout vient, d’où tout grandit et retourne, comme dans une danse sans fin.

Peut-être que dans la ronde d’acteurs que je suis tout au long de mes jours, il me faudrait de temps en temps, poser le masque à terre, et me retourner. Aller voir vers le centre. Centre où il n’y a plus de rôle, plus de sens à cette comédie tragique que je m’évertue à entretenir. Centre terrifiant parce que tellement éloigné de ce que je sais, de ce que je crois…

Mais comment faire ? Comment me retourner d’une place que je ne saisi même pas ?

Alors peut-être, d’abord, me faudrait-il comprendre quel rôle je joue là, maintenant… Qui est-ce que je veux être ? Qui est-ce que je veux montrer au monde ? Me saisir de ce rôle, le jouer pleinement, passionnément. Ne pas le lâcher, ne pas l’abandonner, pour ne pas sombrer dans la folie.

Bien sûr que je suis un père. Abandonner cela ne me rendrait pas meilleur, plus juste, plus aimant… Alors pour me retourner vers mon centre, j’essaie d’être un bon père, aimant, attentionné.

Bien sûr que je suis Druide. Abandonner cela, c’est abdiquer à la vanité de croire que parce que j’abandonne le titre j’abandonne le rôle… Alors je n’abdique pas. Je me plonge dans la matière du rite, dans le partage de ce que je suis. Je m’abandonne dans le cercle, parce que d’autres peuvent entendre, alors, un quelque chose qui va les entraîner, et moi avec, à me retourner vers ce centre…

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Pour nous retourner vers notre centre, et abandonner nos masques, nous avons besoin de conserver nos rôles . Mais nous avons besoin de les voir, de les comprendre. De les embrasser, et de les faire danser. La transcendance passe par la vie éclatante, pas par l’abandon et le renoncement. La compréhension de ce que l’on est passe par l’amour d’être humain, par la joie du partage, de l’échange, du regard et du baiser donné…

Comme toujours paradoxale, la vie nous entretien de ses mystères. Embrasser pour dépasser, combattre pour trouver la paix, courir pour ne plus fuir, nous mettre en mouvement pour savoir nous arrêter, et contempler la nature de ce qui est, sans attendre autre chose que l’instant.

Je crois que la vie saura me dire qui je suis, et à cette fin, il me faut tout embrasser, ne rien rejeter. Ne pas être dupe du jeu, mais entrer dans la danse. Apprendre à jouer. Jouer comme un enfant, sans chercher ni à gagner, ni à faire perdre. Jouer parce que c’est excitant. L’inconnu comme compagnons. Découvrir les mystères, les gens, et la terre. Découvrir ce que je suis en allant chaque jour un peu plus loin, un peu plus haut.

La vie est un jeu. Ce qui me défini n’est pas la couleur de mon pion, mais comment j’agirais dans le cadre qui m’est donné.

Alors qui suis-je ? Tellement de choses, et finalement si peu. Ce si peu qui contient tout l’univers, et qui me donne le vertige. Tellement, que je crois plus sage de continuer à poser des questions, sans chercher à trouver de réponse.

Witto

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