Sorcellerie

Sorcellerie, magie, sorcier, jeteur de sorts… Beaucoup de fantasmes, et beaucoup de choses sont dites à ces sujets. Il y a beaucoup de tabous également, de crainte, d’à priori… La sorcellerie a une aura ténébreuse, brumeuse, parfois sombre, et pour ceux qui n’y connaissent pas grand chose « Diabolique ». Je vais ici vous présenter MA vision des choses, je ne l’impose évidemment à personne. Et même si cette vision était juste, et généralisée, ce n’est pas parce que je l’écrirais ici que vous me croiriez… Donc si vous n’êtes pas d’accord… doutez, je n’ai pas de problème avec cela. Et je trouverais cela plutôt sain si d’aventure vous vous déconnectiez quelques temps pour aller voir par vous même ce qu’il en est…IMGP4733

Un des problèmes que nous avons dans nos sociétés vis à vis des pratiques sorcières n’est pas véritablement celui de la rationalité ou non de la chose, mais bien plus un souci moral concernant celle-ci. Nombre de personnes, y compris dans les mouvements neo-païens ont encore du mal à se décoller des grands principes judéo-chrétiens qui sont, qu’on le veuille ou non, ancrer de manière très puissante dans notre société. Ainsi, au delà des chasses aux sorcières qui eurent lieu tout au long de l’histoire, quelles qu’en soient les raisons, ce qui pose problème dans la sorcellerie, la magie, c’est que ces pratiques nous ramène idéologiquement à notre passé païen. Pratiques, d’ailleurs qui sont encore bien d’actualité sous une forme ou sous une autre..

Ainsi, dans la pensée judéo-chrétienne, il y a une forme de fatalité face aux événements qui implique que ce qui arrive est la volonté de Dieu. D’ailleurs, à une certaine époque, le fait de soigner quelqu’un était mal vu, car, pensait-on, la maladie devait être un châtiment de Dieu. Evidemment, en pratique, il y a les cierges offerts aux saints (dans le Catholicisme), les messes dites pour telle ou telle raison, les magies chrétiennes ou assimilées, etc, etc… Grâçe aux Dieux, la pensée monothéiste pure n’a pas dominée en notre pays, et nous pourrions voir le Catholicisme comme un Voodoo occidentale, mélange des croyances et pensées païennes Celtiques et Germaniques, avec une imagerie et une morale Chrétienne…

D’un autre côté, la pensée magique, avec son bras armé, la sorcellerie, part du principe qu’il est possible d’infléchir le destin, d’agir sur le sort. Lorsque l’on connait les arcanes du monde qui nous entoure, il est possible d’être acteur de notre vie, dans une certaine mesure.

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Dans l’absolu, nous ne pourrons jamais savoir si nous décidons vraiment, ou si nous suivons simplement un destin tracé d’avance. Il s’agit, dans un cas, comme dans l’autre, de croyances, même si quelques uns prétendrons connaître les secrets des Dieux. (Alors plutôt que de nous inventer des histoires séduisantes, apprenons à choisir nos croyances, et soyons conscient de leurs nature, on fera du bien au monde…) En effet, si nous agissons, nous pouvons tout autant dire que c’est notre destin de faire ainsi (enfin moi, je pourrais vous le dire)… Il ne s’agit donc pas, en ce qui nous concerne ici, de dévoiler, ou de tenter de comprendre les réalités de l’univers, mais simplement de mettre en perspective une vision du monde par rapport à une autre…

Ainsi, le sorcier est le jeteur de sorts. Selon le littré : « Le sort : Destinée, considérée comme cause des événements de la vie, suivant l’idée des anciens ». Ainsi, le sorcier serait celui qui agirait sur la cause des événements de la vie… Afin d’infléchir le destin, il s’agit d’entrer en résonance avec le monde qui nous entoure, avec les subtilités de celui-ci… Faire couler de l’eau sur une certaine pierre fait pleuvoir. Accrocher un souhait à la branche d’un arbre emporte celui-ci vers des oreilles attentives, qui sauront nous entendre. Une pierre ou un oeuf peuvent se charger de maux, malaises et autres maladies… Confions-les à un arbre fort, et cet arbre prend cette maladie pour lui et nous en délivre… Le language de la magie est celui du symbole, de la métaphore, de la parabole, des rèves… Il n’est pas question d’une rationnalité raisonnante, mais bien d’une rationalité magique. Oui, la démarche magique, sorcière est rationnelle. Elle parle d’un monde cohérent où chaque chose à sa place, et chaque place à sa chose. Modifions cet ordre, et le chaos apparaît. Rétablissons l’ordre, et la santé re-née. La rationalité magique n’est pas une pensée de hachoir. Ici, nous ne coupons pas le monde en morceaux pour mieux l’observer. Non, la pensée magique c’est plutôt cultiver les liens, les comprendre, les mettre en mouvement, en action par le rituel. La pensée magique, c’est la pensée du lien, du sens.

Le sorcier est celui qui agit sur ce sens. Il est celui qui à le pouvoir de faire, et de rendre droit ce qui est tordu, mais également de tordre ce qui pourrait être droit…

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J’ai récemment, lors d’une interview entendu une question intéressante : « Pourquoi, dans le domaine du « paranormal », la sorcellerie fait-elle peur ? Alors que beaucoup de personnes vont voir, plus ou moins ouvertement, des voyants ou des mediums ? » Ma réponse serait que la sorcellerie, contrairement à la voyance, est agissante. Etant invisible, elle pourrait rôder autour de nous. Nous toucher, nous brutaliser… Ouvrant par là, la porte à tous les fantasmes de la psyché humaine… La voyance donne des réponses, cela rassure… La sorcellerie pose des questions, cela fait peur…

Ainsi que je l’ai dis, la sorcellerie est ce qui agit sur le sort, sur le destin. En ce sens, elle n’est qu’un outil. Mais une autres des stigmates de la pensée judéo-chrétienne à ce sujet laisse à croire que la sorcellerie par nature et par essence est mauvaise, noire, négative, criminelle, pathologique, etc, etc… Non, la sorcellerie, la magie, n’est pas mauvaise par elle-même. Un couteau n’est pas mauvais. Un marteau non plus. Il s’agit là d’outils. Ce qui va caractériser leur bienfaisance ou malfaisance, c’est l’utilisation qui en sera faite. Rien de plus, rien de moins…

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Je souhaiterais ajouter que c’est sciemment que je préfère utiliser le terme de sorcier plutôt que mage, grand druide noir ou guimauve folle des antilles (et je n’ai rien ni contre les guimauves, ni contre les antilles). Il est une manière de pensée toute arrogante qui estime que le mage est celui qui à étudié, compris, réfléchis, et bla et bla et bla… Tandis que le sorcier serait grosso-modo l’abruti du village qui applique idiotement des recettes sans trop comprendre ce qu’il fait. Je ne vais pas rentrer dans les détails sur ce que je pense à ce sujet ici, mais entre le bouseux paysan qui aide sa communauté avec les moyens qui sont les siens, et le loustic qui se la pète en robe blanche de satin et qui tourne en chantant dans son salon avec à la main un Bacculum qui témoigne de ses complexes profonds, mon choix est vite fait ! (Et si vous chantez dans votre salon en satin, je vous assure que vous n’étiez pas visé).

Dans de prochains articles, je vous parlerais du fonctionnement de la magie, de la sorcellerie, des théories de la pensée magique, de ces outils, et d’une manière nouvelle (pour certains) d’appréhender le monde.

Merci de m’avoir lu et à bientôt,

Witto

 

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Sauvage

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Sortie de la nuit, elle brille, sans bruit…
Un murmure derrière les arbres…
Elle court, pleine de vie.

Sous les rochers, il réfléchit bruyamment.
Il place des petits cailloux sur le chemin…
Des fois pour guider. Des fois pour faire trébucher…
Du pareil au même. L’idée, c’est, croit-il, d’avancer…

Un peuple nombreux vit dans les forêts.
Ce n’est pas le monde des Hommes, non…
Le jour, le malin… il fait…
La nuit, ses genoux dansent… Tout seuls… Comme fous…

Une porte grince dans une cabane au creux des bois… Dans ce morceau de planches de bois, un feu brûle… Puissant…
L’atmosphère est lugubre. Des visages dansent sur les murs. Le feu crépite comme autant de hurlements venant d’un autre temps… Ce temps-là n’est pas celui des hommes. Ce temps-là est celui de tous les temps… Un chaudron pend à la poutre de la maison par de lourdes chaînes… Des peaux de sangliers recouvre le plancher mangé par les vers et la terre.
Et là, se dresse la grande reine. Les flammes montent vers elles, la lèchent, dansent avec elle. Elle tend les bras… Et un cri… Là, juste pour moi…

Maison sous la neige

Au creux des bois, le sauvage se présente à nous. Non, ce n’est pas une marchandise. Non, il ne se laisse pas approché nonchalamment… Le sauvage s’approche avec respect. Il se mérite. Il faut en avoir envie… Et on peut l’approcher chaque jour, à chaque instant, sans jamais s’imaginer qu’il est là, blotti au creux d’un rocher, quelque part dans les bois.

Le sauvage, c’est lorsque le silence se fait, et qu’il n’y a que le vent qui règne. Le sauvage, c’est le souffle de la vie. Le sauvage, c’est ce qui fait battre les cœurs. Le sauvage, c’est le lieu de toutes les magies. Le sauvage c’est ce que l’on oubli…

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Nous vivons dans une société où le sauvage est mis de côté. Le sauvage est mal vu, ou alors, il faut qu’il soit encadré… Comme un animal en cage, bientôt, il meurt… Son âme s’envole, disparaît… Domestiqué, bien sage, bien parfait…

Et nous sommes trop souvent à l’image de cet animal en cage. Nous sommes mort, et nous ne le savons pas. Nous sommes vide et croyons être plein de ce qui s’accumule. Des biens, des livres, des pensées… Nous devenons collectionneur de superflu. L’inutile devient essentiel. Nous nous imaginons qu’en perdant ce que nous connaissons, le monde ne peut plus tourner rond. Que quelqu’un n’entre pas dans le moule, dans la norme, et il se retrouve bannit, mis au rebut. Le civilisé regarde le sauvage par le petit écran de sa télé… de son ordinateur… Il ne met jamais les pieds dehors, et pense vivre des aventures passionnantes en regardant je ne sais quelle émission. Il pense avoir une opinion en commentant Tweeter et Facebook…

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Le sauvage, c’est la vie. Celle qui danse, fait l’amour, partage, danse et rit… Le sauvage c’est la sève qui fait de nous des enfants de la terre. Marcher pieds-nus dans la neige, sans avoir peur d’attraper un rhume. Toucher la terre à chacun de nos pas. Etre présent à elle, être présent à soi. Etre plein de ce temps que l’on appel présent… Toucher les rochers et l’écorce des arbres. Sentir les fougères, les champignons, et mettre les doigts dans la terre.

Re-découvrir le sauvage, c’est se ré-approprier sa vie. C’est sortir d’un moule qu’on à construit pour nous, mais qui est bien trop petit. Le sauvage c’est faire confiance en la vie, avoir foi en ce qui est là, autour de nous, présent… Le sauvage, c’est battre le tambour et danser autour du feu jusqu’à s’écrouler. Le sauvage, c’est ne pas avoir peur des excès, et peut-être même plonger en eux…

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Le sauvage, c’est le monde de la forêt. un monde que l’on doit apprivoiser. Il ne s’agit pas de venir ici en pays conquis. Non ! Il faut d’abord apprendre à se baisser, et peut-être même à ramper… Frotter son corps contre la terre. Apprendre que la nature c’est le froid, c’est la faim. Apprendre que la nature, ce n’est pas le confort de son canapé…

Et il n’y a pourtant rien de plus chaleureux qu’un creux de rocher plein de feuille mortes. Rien de plus joyeux que la pluie qui danse sur nos visages et glisse sur nos cheveux…

Le sauvage n’est pas méchant, mauvais… Le sauvage « Est », simplement… Et je crois qu’en cette vie, il n’y a pas de meilleur enseignant…

Alors sors, vas quérir le sauvage. Il résonne, là, dans ta poitrine… Ecoutes-le, et rejoins le…

Il n’est pas si éloigné, et d’ailleurs, peut-être l’as-tu déjà côtoyé.

Cultives ça… Cultives l’odeur de la terre dans tes mains. Cultives la sensation des saisons sur ta peau nue… Sors, cours, danses et chantes…

IMGP1696Peut-être aurons-nous bientôt l’occasion, ensemble, d’entendre chanter le tambour.

Witto

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Guérison

  Un coeur battant, le sang de la mère chaud et collant,
Une terre offerte, des graines découvertes.
La nuit chante ceux du dessous.
Des souvenirs, des amants,
Un souffle, un vent…
Un chant…

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Chaud, brûlant de son amour du vivant.
Doucement, encore, encore, elle vibre, elle gronde.
Un enfant doit naître du feu dévorant.
Une ronde, un jeu, prêt à mourir
Une cour, séduire, prêt à grandir
Les flammes lèchent les amants cachés,
Les charmes dévoilent le masque profané.

Invocation aux Dieux du dessous,
s’élever, connaître et souffrir…
En lambeaux la chaire laisse voir le noir diamant,
Pierre sombre, de paix, d’espoir…
D’être grand.

Pendu à l’arbre blanc,
Un monde naît.
Pendant à l’arbre des temps,
Une vie, un secret…

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Dans le ventre de la mère, l’éclair du père.
Flot de mots jaillis du dedans.
Jouissance infini des amants éternels.
Soubresauts de la vie, déchainement des forces,
Un regard sur la nuit.

Pendu à l’arbre aux vents,
un chant, rien de plus vivant.
Pendu au chant des amants,
Des cris, une tempête, puis le néant.

Silence de la mort couvant la vie,
distraite, discrète et ouverte.
L’ oeuf veillé par le monde doit éclater.
Le neuf, de ses vieilles dépouilles se débarrasser.

Mourir pour guérir…

Vivre pour grandir…

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Witto

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Changement

IMG_1247IMG_1246 Renouveau

« Sous le ciel étoilé, blanchissent mes os,
Mangés par le temps. Dévoré,
Je deviens creux sous ma peau.

Sous le noir de la terre, je plonge dans les abysses des mots.
Ils se perdent, se cognent. Martèlent ma carapace qui se brise en milles morceaux.

Sous le noir de la terre, je me remplis de nouveau.
Dévoré par les vers, ils pondent sous ma peau.

Sous le noir de la terre, j’entends le chant de l’univers.
Femme somptueuse, douce, voluptueuse, le sein découvert.

Dans l’obscurité de mon être, je sens l’eau de la pluie nourrir ma chair.

Dans le creux de la terre, je sens battre un cœur nouveau, un coeur chaud.

Dans le creux de la terre, mes doigts saignent pour aller vers le haut.

Je suis la semence de la terre. Le printemps est là. Je suis né à nouveau. »

Changer, chercher le nouveau, aller voir ailleurs. Aller voir ce qui se passe au delà de la colline, s’aventurer au delà des rivières, s’enfoncer dans les forêts ténébreuses. Changer de pays, de paysage. Chercher le chaud lorsque l’on connaît le froid, ou le froid lorsque l’on à chaud. Prendre un bateau, traverser les océans, et changer de continent…

Pour moi, le changement, c’est la vie, c’est le mouvement, c’est la rivière qui coule librement, sans entraves. Nous rêvons tous je crois de découvrir d’ autres choses, et il est important d’assouvir ce besoin.

Ainsi, ce blog va changer de visage, les thématiques vont s’élargir, et je vous présenterais de manière globale ce que je rencontre sur mon chemin. Ainsi, il ne sera plus question spécifiquement de Druidisme, mais bien plus de ce qui me fait m’ animer au quotidien.

Sur mon chemin, je trouve parfois des trésors. Parfois évidents, parfois bien cachés. Je crois fondamentalement que nous sommes fait pour nous ouvrir, exploser nos potentiels, et proposer au monde ces trésors qui sont présents en nous. Ainsi, mon chemin est celui de la vie, il n’est pas enfermé dans une tradition particulière, dans une géographie particulière. A partir d’aujourd’hui, c’est ce chemin que je vous présenterais.

Vous êtes prévenus…

Cédric, un soir d’ Halloween, les poches pleines de bonbons…

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Offrandes

L’offrande, le sacrifice… Se séparer, savoir donner, honorer, en mémoire de ce qui a été, de ce qui est.

Feu ardent, brûlant de joie,
Dévorant, tu prends un peu de moi
Cendres de ce qui ne vit plus,
Cendres de ce qui fut.

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Offrir, c’est apprendre à se séparer. Il ne s’agit pas de donner ce qui est en surplus dans nos caves ou ce qui ne nous cause aucune perte, non. Offrir, c’est savoir se séparer d’un peu de soi, d’un peu de ce que l’on croit essentiel, et ce, afin de nous faire grandir, croitre, atteindre plus de liberté, d’autonomie, vis-à-vis du monde, et vis-à-vis de ce que l’on croyait être.

P1180157Donner, c’est croire que par le geste de l’offrande nous nous délestons d’un essentiel, dans l’espoir de trouver un trésor encore bien plus précieux que le bien matériel offert. L’offrande, c’est troquer de la matière, de l’argent, une réalisation, une création, afin d’acquérir un plus grand bien, une meilleure harmonie, pour aller vers plus d’ouverture, de grandeur, de liberté.

Donner de la matière pour trouver le spirituel en soi. Cela peut également être l’objet de l’offrande. Par un acte plein de notre intention, de nos sentiments, nous donnons en plus de la « chose » offerte, nos émotions : peur, colère, attachement, amour. Offrir, mettre au feu, en terre, à l’eau, ou dans l’air, c’est planter une graine, et l’arroser dans l’espoir de la voir grandir, s’épanouir.

L’offrande est un acte hautement spirituel, qui nous relis avec ce qu’il y a de plus sacré en nous. C’est pour cela qu’il est important de réaliser le rite d’offrande en pleine conscience, afin que cet acte ne soit pas un simple marchandage de biens, mais que l’on puisse également, par lui, prendre conscience de la dimension spirituelle de notre être, et nous approcher un peu plus de lui.
Offrir l’abondance, c’est croire, avoir foi, en le fait qu’au-delà de la matière, de la richesse sonnante et trébuchante, il y a une réalité plus importante, plus essentielle. Cette réalité est à notre portée immédiate, mais bien souvent il y a des couches importantes qui nous cachent la vue, et nous empêche de voir clair sur la réalité de ce que nous sommes. Offrir, donner, sacrifier, c’est ce défaire, petit à petit de ces couches, c’est se dénuder, afin de faire briller l’être essentiel, et qui ne demande qu’à s’exprimer, à danser, et à prendre plus de place dans nos vie, au-delà de nos mouvement égotiques qui nous empêchent de regarder la vie, l’autre, le monde, tels qu’ils sont.

Petite graine de feu,
Petit grain de blé qui cherche à germer,
Dans la pierre enfermée,
Ce rocher, il doit briser.

Lécher la pierre, l’attendrir,
Lui donner envie de céder.
Caresser la pierre, faire apparaitre le jour,
Faire résonner son cœur et se mettre à danser.

Regarder par le petit trou,
Y mettre un doigt, puis deux,
Vouloir sortir, grandir, naître à nouveau.
Voir la lumière, et dans le monde,
Danser à nouveau.

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Dans le feu tourbillonnant, les offrandes sont déposées : résines, fruits, céréales, hydromel. Dans la rivière est versé le lait, les fleurs. Sur la branche de l’arbre sacré sont accrochés les fils de nos pensées, de nos souhaits, de ce dont on veut se délester pour s’envoler. Dans le creux de la terre sont mis des gâteaux, des bijoux, des trésors. Trésors de nos cœurs qui brillent pour le monde du dessous.
Je vois les flammes danser, je me sens emporté. Au milieu d’elles, je vois un chemin. Chemin pavé des espoirs de l’humanité, de ses souhaits de paix, d’amour, de joie, pour soi et les siens. Pavés brûlant des espoirs des Hommes. Au bout de ce chemin l’arbre de vie auquel flottent des milliers de rubans sur lesquels sont inscrits le chant des enfants, leurs rires, et leurs danses. Un trou dans le ciel déverse les offrandes de la terre qui tombent telle une cascade d’or et d’argent. Toutes les envies, les intentions, se mêlent à toutes les émotions du monde, qui tournent sans fin dans l’infini de la vie…

Witto

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Ancêtres

Les ancêtres dans la peau

Mémoire des Hommes
Souffle des origines.
Nés des mondes du dessous,
La nuit comme berceau infini.

Sang qui coule dans les veines,
Comme l’eau coule dans les ruisseaux.

Terre foulée, parcourue, défendue et cultivée,
Humble sur le sol, noir, rouge et parfumé.

Une lignée, un fil, une continuité…
Cultiver un souvenir, une sagesse, quelques pensées…

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Les ancêtres, la mémoire est honorée. Il n’y a point de Druidisme si nos aïeux ne sont pas rappelés…
Ancêtres du sol, du sang, et de la lignée…
Personne n’arrive de nulle part. Nous sommes constitués d’abord, par ceux qui nous ont fait…

Le sang, parce que nous avons une lignée de parents, qui se suivent comme des perles sur un fil. Se souvenir pour ne pas rompre le lien. Entretenir la mémoire des Hommes en allant voir les anciens, récolter les vieilles histoires, et continuer les vieilles traditions. Une tribu, une famille, un clan, se sentir appartenir à quelque chose de plus vaste, de plus grand… Une appartenance concrète, bien présente, une continuité d’êtres, avec chacun leurs histoires, leurs souffrances, et leurs bonheurs. Cela est riche, mais dans un monde individualisé, comme le nôtre, cela demande de la sueur, et parfois d’être hors du monde, hors du temps… Il n’y a pas si longtemps, l’héritage consistait en un mode de vie, des valeurs, un métier. Aujourd’hui, il implique avocats et huissiers… A chaque génération, tout est à recommencer. Ce qui jadis survivait même à la mort se perd aujourd’hui lorsque partent les anciens… Les langues, les coutumes, la fierté d’être ce que l’on est… Tout ceci se perd dans les fumées de l’oubli. Aujourd’hui, pour exister, plutôt que de se rappeler, c’est sur l’autre que l’on essai de cracher… Et en attendant, se meurt ce qui reste de sens, ce qui reste de vrai… Ancêtres du sang, parce que c’est ce qui, dans nos tripes, nous fait…IMG_0888Le sol, parce que sous nos pas existe une histoire, un rêve fait par d’autres Hommes, parfois bien différents de nous. Même lorsque je ne viens pas du pays qui m’accueille, j’honore ceux qui ici, ont travaillés la terre, faits et élevés des enfants, sont mort pour défendre leur tribu, leur pagus, leur patrie. Honorer les ancêtres du sol pour me rappeler que je ne suis qu’un passant, et qu’après moi, d’autres passeront à leur tour… J’honore les ancêtres du sol, parce qu’ils ont fait vivre des mythes, des légendes, des manières de faire, et d’appréhender le quotidien. Le pagus à ses vallons, ses collines et ses montagnes. Les Hommes passés par là leur ont donné de la vie, selon leur propre conception du monde. La sagesse veut, peut-être, que l’on entende ces échos pas si lointains… Le monde dans lequel nous évoluons à été décrit et apprécié par les yeux du coeur de ceux qui ici, ont construit leur foyer… Dans une société où le sol, l’environnement, la nature n’est plus vue que par la « loi » de l’offre et de la demande, cela exige de concevoir le monde avec autre chose que son compte en banque . S’attacher à un bout de lieu, sans ambition, sans volonté d’expansion, peut-être que cela aussi peut mener vers un peu de bonheur… Un bonheur du quotidien, du fait, simplement, d’être attaché à sa terre,  d’en tomber amoureux, de prendre soin d’elle, et d’être attentionné… Le bonheur du paysan, celui d’avant, qui parcourait à pied ses champs… Un bonheur immense qui nous fait voir que l’on fait partie d’un tout. Un tout bien plus vaste, plus grand, sous les étoiles, à l’ombre des arbres, au bord d’une rivière. S’arrêter, et voir la terre avec nos yeux propres… Pas d’abstraction, pas d’imaginaire sur-gonflé par un universalisme fantasmé… Il n’y a pas d’ailleurs plus vrai que cet « ici », qui, lorsqu’on l’aime, nous laisse les mains et les genoux salis…

IMGP3350La lignée par référence sacrée à ce qui, avant moi, a existé. Lignée des Druides reconstituée parce que grâce à eux la flamme, aujourd’hui peut encore brûler.
En référence également aux Druides antiques, bien que le fil ait été rompu, car l’âge d’or mythique est essentiel à une continuité mystique. L’âge du mythe, ainsi, peut être actualisé… Honorer la lignée, afin de se prémunir de l’arrogance de croire que c’est par nous que l’on sait… Non ! D’autres on vu, senti, écrit et commenté. Avant nous, d’autres on pensé le monde… Personne ne se fait tout seul, c’est une légende, qui fait insulte aux nains et aux licornes… L’auto-proclamation d’être quoi que ce soit n’a que l’odeur de la vanité, la texture de la pourriture de celui qui cherche à s’approprier pour lui tout seul, un monde qui est fait des Hommes qui l’ont précédé… Je suis Druide parce que d’autres m’ont dit que je pouvais l’être, et pas parce que seul, je l’ai décidé. Je suis Druide, parce qu’avec d’autres, j’ai partagé un sentier parfois étroit et humide, parfois lumineux et réconfortant. Je suis Druide parce que je ne suis pas seul, et parce que d’autres on la volonté de suivre des pas… En avançant sur un chemin, nous avons une double responsabilité. Celle de ceux qui vont suivre, afin de les aider, si possible, lorsque menace les ronces et l’ abîme. Et celle de se souvenir, et d’entretenir la mémoire de ce qui à été… Une continuité, voilà ce que nous sommes. Rien de plus, rien de moins. Pas de quoi tirer arrogance et vanité, Pas de quoi avoir honte, ou grimacer…

Witto

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Fantômes et revenants au moyen-âge…

Cet article sera le premier d’une série, consacrée à des livres que j’apprécie, et dont je vous ferai le compte rendu total, ou partiel. Aujourd’hui, je vous propose la partie 3 de l’ouvrage d’un auteur que j’apprécie particulièrement : »Fantômes et revenants au moyen-âge » de Claude Lecouteux.

J’ai choisi de me concentrer sur la partie du livre qui donne des informations sur le mode de pensée de nos ancêtres, et qui peut nous permettre d’avoir un regard neuf  et plus éclairé sur certains contes, et certaines légendes.

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Troisième partie

Chapitre 1 : Les revenants, la mort, l’au-delà

Les revenants sont des personnages gênants, parce qu’ils transgressent les lois naturelles, et qu’ils remettent en cause le partage simple du monde des morts, et du monde des vivants. Ils sont agissants parmi les vivants, en étant pourtant morts.

L’outre tombe

Les textes norrois connaissent trois royaumes des morts : celui de Ran, déesse de la mer dont nous ne savons presque rien. Celui de Hel déesse des enfers, et celui d’Odin, la Valhöll.

Dans Hel, les défunts mènent une vie misérable. Ce royaume semble réservé aux morts du commun, et qui ne sont pas tombés les armes à la main.

La Valhöll à pour habitants les « guerriers uniques », l’élite. Odin choisit chaque jour les héros morts au combat. Les guerriers du Valhöll passent leurs journées à se battre, à boire et manger. Jusqu’au Ragnarök où ils se battront au côté des Dieux pour la bataille ultime.

D’un autre côté, les sagas proposent la croyance en un autre monde, qui est le tombeau sous le tertre, ou par extrapolation, sous la montagne. Ainsi, il existe un lien fort entre l’au-delà et la montagne. A leur mort, les défunts rejoignent les autres morts dans la montagne. Dans la montagne, il y a des feux, les cornes s’entrechoquent, et l’on entend des cris. L’autre-monde semble être l’exacte reflet de l’ ici-bas. Beaucoup de contes et légendes médiévales se font l’ échos de ces croyances.

La montagne est l’intermédiaire entre les hommes et le monde des Dieux. Elle à également un caractère sacré en étant souvent la résidence des Dieux. A partir du XII e siècle, la montagne  devient le séjour des fées et des démons (en raison de son caractère païen), et plus tard, les sorcières y tiendront leur sabbat. Les païens y construisent leurs temples. La montagne est un lieu de rencontre entre les humains et le sacré.

Coexistence de deux visions

L’au-delà mythique s’oppose à un autre monde qui est celui de la tombe et de la montagne. C’est à dire que ce heurte des conceptions savantes et une opinion populaire, coexistant entre le IXe et le XII e siècle. Le première s’efface peu à peu devant la seconde par l’usure du temps, l’évolution historique et la christianisation.

La mort

Les germains ont, au témoignage des écrits scandinaves, conçu une cosmogonie dynamique : un mouvement perpétuel anime le monde et entraîne les hommes et les choses ; tout s’inscrit dans un cercle parfait englobant le visible et l’invisible, les humains et les Dieux, le réel et le possible, le passé, le présent et l’avenir. Est-ce un hasard si les trois Nornes, les Parques nordiques, se nomment passé, présent, et avenir ? Une circulation permanente s’opère d’un univers à l’autre, et il n’existe pas de frontières définies entre la vie et le trépas.

Le trépas n’est qu’une étape du cycle. A tout moment, le monde des morts peut s’ouvrir, et donner lieu à des retours. Les mort, sont donc vivants. Dans l’autre monde, ils vivent une vie semblable à leur vie terrestre. Et leur vie se déroule dans les tertres. Au XIXe siècle, les paysans Suédois déposaient dans le cercueil la pipe et le couteau du mort, avec parfois de l’eau de vie.

Mais qu’est ce qui anime les revenants, ces cadavres vivants ?

 Chapitre 2 : L’âme

Dans les pays Germaniques, le nom est important, il est porteur de sens. Il peut apporter des qualités aussi bien négatives que positives. Une coutume appelée Nafnfestr consistait en le don du nom d’un ancêtre récemment décédé au dixième jours de vie d’un nouveau né. Cela à fait dire à certains que les anciens Germains croyaient en la métempsychose, la réincarnation des âmes, puisque les qualités du défunt étaient censées être transmise au nouveau né par le nom.

En Norrois, l’âme recouvre trois réalités distinctes, exprimées par trois mots : Fylgja, Hugr, et Hamr.

Fylgja : C’est la part de l’âme qui « suit » . Le double de l’individu, qui peut prendre la forme d’une femme ou d’un animal qui protège la famille ou l’individu qui l’on adopté. La Fylgja se manifeste surtout pendant le sommeil, et à pour fonctions principales la protection et la divination. Voir son esprit tutélaire (Fylgja) éveillé, est signe de mort prochaine. La Fylgja est une émanation de l’autre monde avec qui la communication est possible puisqu’il n’existe pas de véritable frontière entre ces deux réalités.

Hugr : Le Hugr, esprit, humeur, pensée, correspond au latin animus, ou spiritus. Il est dynamique et peut être envoyé par la personne qui le possède. Il est agissant, mouvant. Le Hugr peut agir à distance en prenant une forme, le Hamr.

Hamr : Hamr, la peau. « Il est dit qu’Odin peut prendre plusieurs forme, et voyager au loin ». Ces formes externes (Hamr) sont liées à la forme interne d’un individu (Hugr), et certains, peuvent posséder plusieurs de ces Hamr. Il s’agit d’une forme interne qui va au loin alors que l’homme tombe en léthargie, et qui peut être agissante. Nous ne sommes pas loin ici du phénomène chamanique. Le hamr et le corps physique sont liés, malgré la distance, si bien que s’il arrive quelque chose à l’un d’entre eux, il arrive l’équivalent à l’autre. Le Hamr peut prendre une forme différente du corps physique et avoir son autonomie.

Ainsi l’âme de l’homme (Fylgja, Hamr, Hugr) montre la porosité et le lien que l’Homme païen entretenait avec l’autre monde. Une des clés de compréhension de ceci est le Hamr, la force, la puissance qui nous habite, et qu’il est possible d’envoyer au loin pour agir. Il est bien dit d’ailleurs que cette capacité de projection du Hamr peut être plus ou moins acquise…

L’animation du cadavre

Nous pourrions donc tirer la conclusion que les revenants sont mus par le Hamr. Dans les pays Germaniques, ceux-ci peuvent être lourds, avoir une forme, voyager au loin, s’incorporer à la terre, et traverser la matière, et ont souvent une force supérieure qu’ils n’avaient de leur vivant. Le fait de détruire le corps pour mettre fin aux malfaisances des revenants montre que le Hamr et le corps physique sont liés. Le Hamr à besoin d’un support physique pour exister. Tous les morts ne sont pas des revenants parce qu’ils ne disposent pas tous de leur Hamr, ce qui pourrait être l’apanage des sorciers, magiciens, devins et voyants… Ainsi, l’homme ne serait pas limité par son corps, même au delà de la mort.

Chapitre 3 : Morts, revenants et troisième fonction

Chez les peuples germaniques, les morts sont liés à la fécondité, la fertilité du sol. Ainsi un bon mort, c’est à dire quelqu’un qui sera mort dans des circonstances normales rejoindra le monde des ancêtre, et veillera sur le clan ou la famille. Le lien sera maintenu par des rituels participants du principe de don contre don. Je te donne des offrandes, des sacrifices, tu m’accorde paix et abondance de la terre…

Le bon mort, et sa transformation en bon génie.

Certains mythes scandinaves nous racontent précisément comment à prit place le culte des ancêtres afin de préserver l’abondance des récoltes et la paix. Ainsi, un roi mort est placé dans un tertre auprès duquel seront toujours payés les impôts (offrandes)… Le roi avait la réputation de permettre à son royaume la paix et l’abondance. En poursuivant les offrandes, l’abondance et la paix restent sur le royaume, même après la mort de ce roi bien heureux… (Le caractère royal de ces rituels rappel le principe de redistribution des rois Celtes…)

Dans un autre exemple, à la mort d’un roi prospère, chaque partie du royaume réclame une partie de ce corps, afin de toujours profiter de cette abondance. Ainsi, ce roi est coupé en quatre, chaque morceau étant mis dans un tertre au quatre coins du royaume. Il est dit qu’ensuite, beaucoup de gens venaient faire des sacrifices en ces lieux…

Certains tertres, dans les mythes restent toujours verts…

Les ancêtres sont également liés aux éléments, et lorsque des tempêtes se lèvent, elles sont mises en rapport avec la manifestation d’un mort. Ainsi, si les morts peuvent agir sur les éléments, ils sont liés à la fertilité du sol, au bien être du bétail.

Le « Bon mort » rejoint les ancêtres dans la montagne ou ailleurs, et devient génie tutélaire, génie de la montagne, et garantira l’abondance.

Néanmoins, tous les génies tutélaires ne sont pas des morts. Il existe des esprits des lieux, Alfr, nains et géants, des habitants des pierres, des bosquets, des sources et des montagnes. La christianisation des mythes et légendes de nos pagus à brouillée les pistes, et il est parfois difficile de savoir qui se cache dans tel ou tel lieu : défunt ou esprit du lieu…

Les mauvais revenants

Là où sévit un revenant, les bêtes meurent, le désert s’ installe, la terre ne donne plus de fruits, il tue les hommes et s’en prend aux animaux. De par leur caractère nuisible, et avec l’aide du christianisme, les défunts deviennent des trolls, terme qui, à l’origine désigne les géants, puis des lutins, et enfin des démons. Les clercs ont systématisé la suppression du terme « revenant » par celui de « troll ». Les histoires ne concernent donc plus que le combat d’un homme avec le démon…

Plus nous poussons l’enquête, plus il devient évident qu’il y a un lien dans la pensée ancienne entre les défunts et la troisième fonction, qui concerne le bétail et les récolte, mais aussi la paix, sans quoi il ne peut y avoir ni récoltes, ni bien être…

Fin de la troisième partie

Ce livre de Lecouteux est plein de pépites. J’espère que j’aurais été capable d’ en retranscrire l’essentiel, le livre étant dense en informations. Si vous avez trouvé ce résumé utile n’hésitez pas à le partager, et à le commenter ci-dessous.

Witto

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Apprendre à conter, à dire…

Aujourd’hui, je veux parler du « Dire », de l' »offrir »… Depuis la nuit des temps, depuis que les Hommes se réunissent autour du feu, il est question du Dire. Depuis la nuit des temps, il est question de raconter, de transmettre…

IMGP2452Depuis quelques générations pourtant, ce fil dans certaines familles c’est perdu. La corde s’est rompue, le seau est tombé au fond du puits. Bien des veillées se sont faites dans le silence et la solitude… La soif, d’année en année s’est faite sentir… Les âmes se sont desséchées, sclérosées…

Néanmoins, l’âme ne peut jamais vraiment mourir. Seulement s’endormir… Et c’est alors que l’on découvre, aujourd’hui, de plus en plus de ces héritiers du silence se mettant à vouloir dire, raconter. Courageux, ils ont plongé dans le puits, afin d’y retrouver le seau, et lui fixer à nouveau sa corde. Plonger dans le puits, y retrouver la source et permettre aux âmes ayant soif des mémoires du monde, de s’y abreuver à nouveau.

P1200166A la suite de ces explorateurs d’Histoires, je vais tenter de mettre mes pas dans les leurs, afin de pouvoir, à mon tour, transmettre, dire et raconter. Une navigation dans le monde intérieur, une traversée avec comme destination l’imaginaire. Je suis héritier d’une longue tradition du silence, mais des mots résonnent dans la nuit… Je ne sais pas d’où vient ce besoin, cette envie de raconter. Mais c’est comme si une urgence se faisait sentir de partager ce qui se passe en mon coeur. Alors ces quelques pages de blog me serviront à partager mes découvertes, rencontres et lectures sur cette voie qui reste pour moi, encore largement à défricher…

Le déclic c’est fait lors d’un stage d’initiation au conte animé par Serge Laly dans le département des Vosges. Lors de ce stage, j’ai conté pour la première fois. Et ça à été la révélation. Il s’agissait de tirer une histoire au sort, de s’en imprégner, et de la retransmettre à nos camarades. Cela à été pour moi l’occasion d’une véritable plongée dans l’univers du Mahabharata dont était extraite l’histoire que je devais conter. Je voyais les images. L’histoire se déroulait devant moi, et je n’avais qu’à décrire les scènes, me laisser aller… J’ai ressenti la magie de ce qui se passait, et j’ai été pris…

Après le stage, j’avoue avoir été noyé par la masse colossale des contes et légendes présentes dans nos pagus, et je ne savais plus très bien par où commencer. Alors au petit bonheur la chance, j’ai ouvert 2/3 livres d’une médiathèque, et leur ai proposé de conter de temps en temps chez eux, ce qu’ils ont gentiment accepté…

contes2Je vais démarrer mon histoire à partir de ce moment là, et partager avec vous un petit peu des mythes et légendes de nos pagus. Je ferais également quelques digressions pour vous proposer quelques réflexions sur l’imaginaire, le »folklore », et la pensée de nos aïeux qui est quelques fois bel et bien magique.

Si vous contez, et avez quelque expérience, ou bien si vous êtes débutant dans ce domaine et souhaitez laisser un commentaire afin de partager vos débuts, et ce qui vous donne envie de dire, n’ hésitez pas 🙂

A bientôt,

Witto

 

 

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Pensées magiques…

« A tous les temps qui ont précédés le nôtre, on a cru en des Dieux sous une forme ou sous une autre. Seul un appauvrissement sans précédent du symbolisme pourrait nous rendre capable de redécouvrir les Dieux comme facteurs psychiques, c’est à dire, comme archétypes de l’inconscient… Le ciel est devenu pour nous l’espace cosmique des physiciens et le divin empyrée, le souvenir merveilleux des choses qui furent autrefois… Mais « un feu dévore notre coeur » et un secret malaise ronge notre être à sa racine »

CG Jung

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Le sens du monde est un nuage à l’aube des temps,
Une pluie qui ruisselle sur les feuilles d’antan.
Dans le regard d’un amant du monde,
Des images qui dansent dans la ronde du vent.

Images et chants ont disparus de la tête des enfants,
Un froid glacial souffle, c’est la fin des temps
Pour les mythes, les Dieux, et les authentiques croyants…

Chercher les histoires dites sur l’écorce des chênes nus,
Retrouver dans le chant des oiseaux
la musique qui résonnait avant.

Ne pas chercher le passé,
Mais admettre dans les tripes ce qui nous fait.

Afin de redécouvrir une identité,
Une richesse, ce que l’on est…

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La pensée magique… Coire, être ému, ébloui, effrayé. Chercher le contact, le dialogue avec ce qui est plus vaste que nous, avec ce qui nous dépasse. Comprendre que le monde, les choses, les êtres, chaque particule est lié. Lié de manière analogique, par des correspondances, un langage particulier.

IMG_0798Apprendre ce langage, c’est apprendre la magie du monde. Et croire à cette magie, c’est participer pleinement à la vie, à sa plus profonde beauté, à sa plus délicieuse saveur.

Nous sommes dans un monde où la raison qui sépare, qui dissèque, est devenue la nouvelle religion. La raison qui permet de penser s’est échappée pour laisser la place à la froideur des cerveaux qui ne cherchent qu’a dominer. Connaître, c’est parfois se soumettre… A la mort, à la volonté des Dieux…

L’Homme d’aujourd’hui ne peut pas se soumettre, il ne le veut pas, ce serait faire preuve de faiblesse. L’Homme veut être un Dieu, et s’élever jusqu’à tordre la vie, ses lois naturelles, et peut-être même jusqu’à la recréer…

Le monde à un langage, il dit quelque chose, et cela à du sens. Pour celui qui peut entendre les chants et voir les signes, la vie prend la forme d’un chemin à parcourir, avec des étapes que les mythes anciens, parfois, nous relatent…

IMGP1696Croire en ce qui ne se voit pas, ce n’est pas faire preuve de folie, c’est réintégrer la poésie du monde. Croire véritablement aux esprits, aux Dieux, cela réenchante le monde, et permet d’en parler d’une manière autre, peut-être parfois, avec un petit goût d’exotique. Comme si l’on avait fait un voyage dans un pays lointain…

Néanmoins, les codes de cet autre monde prennent du temps avant d’être pleinement intégrés. Il y a un chemin à parcourir, le risque est grand de s’égarer. La folie guette celui qui prend ses fantasmes pour la réalité. Il faut savoir rester prudent pour ne pas se faire avaler…

Comment savoir si l’on est dans le vrai ? Seul notre coeur peut nous en parler vraiment… Une première piste, je crois : lorsque l’on découvre une certitude définitive, c’est que l’on se perd… Jour après jour continuer à honorer, à offrir, à sacrifier. Jour après jour s’améliorer, et apprendre à écouter. Celui qui dit qu’il sait : je m’en méfierais…

A suivre…

Witto

 

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Illusions…

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Je sais, oui, je sais,
Tant de choses et rien non plus.
Le miroir me raconte des histoires,
Mais je veux y croire, seul dans le noir.

Je crois, et j’ai envie d’y croire,
Ce qui est simple m’est confortable,
Pas d’efforts, non, pourquoi me faire mourir ?
Non , j’y crois, alors tais toi !

Le miroir se brise, se fissure.
Tais toi, laisse moi dans le noir !
Ce que je vois, je le trouve laid
Non, je n’ai pas envie d’y voir.

Horreur et dégoût, la lumière me perce les yeux.
L’envie me sort par les tripes, de briser ce tueur d’espoir,
qui ne veut plus

me faire croire.

Assis, seul dans le noir, je pleure.
Je pleure de ne plus y voir.
Je ne comprends plus,
ce que j’ai toujours cru.

Mes larmes sont sèches sur mes joues creusées.
Personne ne m’entend, je suis abandonné…
Un parfum de rose… J’ai la nausée !

Une fenêtre est ouverte, la-bas…
Je n’en veux pas, si c’est pour me faire maltraiter.

Rampant sur le sol dans la poussière et les déchets..
Au dessus, un air, de fleurs empoisonné..
Je suis perdu, je n’en peux

plus, maintenant, je veux voir.

Mes mains caressent les bords tranchants de ces carreaux brisés.
Le sang me coule sur les bras, nourrit le sol, je veux être sauvé.

A bout de force, je me hisse, plein de peurs, aveuglé…

Je regarde et je vois…

Au dehors, mon reflet…

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N’être qu’une ombre… Caché par nos villes, nos professions, notre éducation… Caché par nos interdits, nos craintes. Une fuite sans fin vers le trou creusé pour notre tombe. Etre mort avant de mourir. Triste destinée pour qui croit vivre, en vain…

Pour relever le défi, encore faut-il le reconnaître. Entendre l’appel, et se lever, ne pas l’éviter. Accepter d’être grand. Accepter de devenir quelqu’un…

Il n’est pas simple de remettre en question ce que l’on à été jusqu’à présent. Mais peut-être vaut-il mieux le faire par soi-même consciemment, plutôt qu’être remis en question par l’appel qui, années après années se fait de plus en plus présent. Appel qui peut se mettre à frapper violemment la porte de notre conscient, pour y faire pénétrer l’essentiel, le Dragon terrifiant.

Lorsque l’on fait la sourde oreille ce Dragon va tenter de nous bousculer, et bien souvent, il va réussir à le faire. La vie est pleine de magie, et les signes sont partout autour de nous. Dans le feu et l’eau, dans le vent qui bouscule les nuages, dans le vol des oiseaux, dans un serpent rampant… Les signes sont dans la nature, et dans les gens que l’on croise, que l’on rencontre et que l’on aime.

Aucun événement n’est anodin. Le sens est partout. Rien n’arrive par hasard. Il faut savoir lire et chercher. Partir en quête. En quête de ce qui Est. Au delà des apparences. Partir en quête de notre devenir, de notre destinée. Nous sommes tous fait pour briller, pour être grand et exister…

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Les yeux fermés, les jambes dans du coton.
C’est chaud, c’est doux. je suis bien ici, je veux rester…
Le confort ! Je suis bien, là, sans bouger. Las d’essayer….
Je m’enfonce dans un lit douillé, de beaux rêves, oui, je veux rêver.

Les yeux ouverts…
Non, je m’enfonce…

Je suis dans un marais, la vase veut m’engloutir.

Quoi faire pour un sortir ?

Si je reste là, je vais me noyer…

Witto

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