Nin… Tisser

Nin. L’ogham qui parle des liens…

Liens entre les hommes

Il est quelque chose que notre société moderne nous empêche de voir, et de ressentir. Et ce, de plus en plus… C’est ce qui nous lie avec les autres Hommes, Femmes… Pour certains d’entre nous, il peut nous apparaître que nous sommes seuls, isolés des autres spécimens de notre espèce. Certains comportements nous heurtent. La course à la réussite, le besoin de reconnaissance, font que nous nous retrouvons comme dans une bulle. Une bulle qui déforme la réalité, et nous fait croire que le monde tourne autour de nous…

En réalité, lorsque nous sommes dans cette vision du monde, c’est nous qui tournons autour de lui. Nous tournons autour du monde, sans jamais vraiment pouvoir l’atteindre. Nous devenons imperméable au monde tel qu’il est, et nous nous séparons toujours un peu plus de ce dont notre âme à soif, la reliance. Notre âme à soif de reliance, parce que telle est sa nature. C’est comme si nous étions coupés de la source fraîche qui jaillit au creux de la montagne, nous empêchant ainsi de nous abreuver de l’eau miraculeuse qui permet la vie. Nous restons là, à lui tourner le dos, en nous asséchant de plus en plus à chaque instant.

Dans le Druidisme, un des moyens les plus parlant de nous relier à nouveau à l’humanité, c’est de ritualiser dans un cercle au cours des cérémonies de la roue de l’année. Le fait de partager ces moments tellement particuliers, un peu hors de notre monde habituel, (et pourtant tellement plus relié au Monde), nous permettent de toucher du doigt à chaque fois un peu plus, cette fraternité partagée. Le sens de la tribu, de la famille élargie prend alors tout son sens. Lorsque l’on se met en harmonie avec des forces qui nous dépassent très largement. Lorsque l’on se relie aux mondes du dessus et du dessous. Alors notre cercle d’humanité prend une dimension toute particulière. Une magie est possible. Une magie de reliance. Un tissage. Une toile prend forme. Dans ces moments privilégiés, nous sommes à la fois un, et le tout. A la fois nous-même, et une partie de l’autre aussi.

Il est relativement aisé de sentir ce lien lors de regroupements Druidiques. En effet, nous sommes là, présent, pour la même raison, avec une vision des choses relativement similaire, et souvent, une envie commune. La vraie difficulté, c’est lorsque l’on sort du cercle, de trouver ce lien présent dans ce qui nous est étranger, et qui nous semble parfois hostile, ou à l’encontre de ce que l’on est.

Il n’y a pas d’injonction à aimer tout le monde dans le Druidisme. Ce n’est du moins pas comme cela que je perçois la chose. Néanmoins, parfois, il est intéressant de se demander ce que l’on à en commun avec celui ou celle qui nous dérange. Pas pour chercher à tout accepter, et se diluer dans une espèce de morale bien pensante qui nivellerait tout par le bas, en se disant finalement que tout se vaut… D’un point de vue absolu, peut-être que tout se vaut. Nous n’en savons rien… Mais du point de vue qui me, et nous, concerne, il y a des liens que nous cultivons, des personnes que l’on à envie de côtoyer, des pratiques, et des manières de vivre, que nous avons envie de partager. Il y a des sillons que l’on a envie de creuser dans la durée, et dans la profondeur, afin d’échapper à la superficialité trop courante de nos jours. Il n’y a pas injonction à aimer, mais je vois l’intérêt de l’ouverture, de la curiosité, de la richesse de l’autre. Même si, par la suite, je m’en retourne à mon monde. Celui que j’ai décidé de vivre et de cultiver. Parfois enrichie de l’expérience d’un autre. Parfois convaincu, par la rencontre et la confrontation avec l’altérité, que ma voie est celle qui me va le mieux, et celle que j’ai envie d’explorer encore un peu plus…

Liens entre les mondes

Au centre du cercle, les pieds fermement ancrés au sol, je lève mes bras au ciel. Tel un arbre dont les racines plongent dans les profondeurs de la terre, et dont les branches caressent le ciel. Je suis relié, par ma position intermédiaire, aux mondes du dessus, et à ceux du dessous. Lorsque la conscience s’éveille en moi que ce qui nous séparent d’avec le Monde n’est qu’une illusion, une vision de l’esprit, alors je fais partie de ce Tout, de manière pleine et entière. Alors le chant de l’Awen peut vivre à travers moi. L’obscurité parle à la lumière, et la lumière à l’obscurité. Les contraires apparents se mettent à dialoguer, et une magie en résulte.

Ce que je fais de ce côté, à un effet de l’autre côté. Ce qui se passe de l’autre côté à un impact de notre côté. C’est tout le sens des offrandes, des cérémonies saisonnières, de l’hommage rendu aux ancêtres, et du travail, plus globalement, avec le monde des esprits.

Cela peut sembler très abstrait à première vue, mais prend tout son sens lorsque l’on fait offrande ou sacrifice en conscience. Comprendre dans ses tripes que ce à quoi l’on renonce ici pour l’offrir à ceux de l’autre côté, nous rempli de tellement de joie et de satisfaction est un premier signe perceptible de ce lien, de cet aller-retour entre ce monde, et l’autre. Vider ici, c’est remplir ailleurs. Détruire ici, c’est construire ailleurs. Construire ici, c’est prendre à l’autre côté. Ce sont comme des vases communiquants. Faire attention à cela, c’est être particulièrement attentif à l’équilibre du monde, et au fait de conserver l’harmonie de notre univers.

Selon cette vision, nous pourrions supposer que le chaos actuel qui semble se rependre dans le monde, provient de cette absence de conscience des liens qui relient chaque choses, et à l’absence de recherche d’équilibre, qui fait plutôt place à l’avarice et à l’égoïsme sans, jamais, penser aux conséquences.

Tout est lié…

Savoir les liens entre chaque chose, c’est connaître le monde et ses mystères.

Comprendre l’interaction de tout avec le tout, c’est percevoir la complexité de l’existence. C’est également ête capable d’agir sur soi, et son environnement. Comprendre ces liens, c’est connaître le monde, et être capable de rétablir les équilibres lorsqu’il y a déséquilibre. C’est aider à l’harmonie du monde, et tenter de réparer, guérir…

C’est également voir au delà des apparences. C’est également apprendre à écouter. Car une partie de nous ne veut pas se relier. Une partie de nous ne cherche qu’à survivre en tant qu’individu isolé, se sentant menacer s’il laisse entrer le monde entier dans sa maison. Lorsqu’il aura compris que c’est le monde sa maison, alors il saura qu’il n’y à pas de porte, pas de fenêtres. Il saura que les murs et autres barrières ne sont que des illusions. Alors il deviendra véritablement libre.

Lorsque vous allez quelque part, en vacances, ou en randonnée. Emmenez un caillou, ou un peu d’eau de chez vous (Pas de l’eau du robinet, bien sûr), et partagez le avec votre lieu de destination. Et faites l’inverse. Amenez chez vous un peu de ce lieu distant. Subtilement, vous commencerez à tisser des liens entre les Pagus sur lesquels vous aurez posé vos pas. Expérimentez ces liens, et laissez-les vous nourrir. Laissez les vous iriguer de la puissance de la vie. Trouvez l’harmonie, la paix, et le sens de ce qui est juste.

A bientôt,

Witto Laïloken

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3 réponses à Nin… Tisser

  1. charlotte dit :

    Merci Witto pour le partage de ton point de vue , oui nous sommes des êtres assoiffés de liens, hélas souvent comme des hérissons qui veulent se rapprocher pour ce réchauffer et qui finissent par ce piquer .
    je vis loin de tout et de tous pour ne pas avoir a supporter les bruits de la misère humaine … je vis relativement bien en savourant la liberté d’un mode de vie solitaire mais quel régal aussi de sortir de ma retraite pour faire de rares mais

    si belles rencontres humaines
    Belle fin d’année à toi et aux tiens

    • admin dit :

      Comme toujours, c’est une question d’équilibre… Pas toujours facile à trouver, mais quand c’est le cas, quel bonheur.
      Belle fin d’année à toi également.
      Witto

  2. Bourgeois dit :

    Merci Witto pour ce texte. Keruos

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