Duir (Ogham)

Un voyage dans le monde des Oghams

Duir

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Debout. Sur ce pic rocheux dénudé, il contemple la vallée. Le vent souffle dans ces branches. Il tangue parfois par la force du souffle. Mais il ne cède pas. Jamais.

Sur ce bout de terre, suspendu dans les airs, il sent la tempête faire rage. Il la contemple comme s’il s’agissait d’un mirage.

Depuis mille ans, il est là. Il ne bouge pas. Autour de lui s’agite le monde. Autour de lui s’agitent les Hommes. Les saisons passent sur sa peau ridée. Le soleil, la pluie, la lune lui rendent visite régulièrement. Lui est là. Il ne bouge pas. La foudre même essaie de le faire bouger, de le faire réagir et sursauter. Mais il reste là. Il ne bougera pas.

Les racines profondément encrées dans la terre, il est sûr de sa force. La mère l’accompagne à chaque instant de sa vie. Petite graine ballottée par les vents, il a trouvé un endroit où s’agripper. Ici, il a grandit, entouré de ses frères. Aujourd’hui, il est fier et solide. Il se dresse droit vers le ciel, et parle aux étoiles la nuit venue. Dans ses branchages, des écureuils et des oiseaux ont pris refuge. Ils font confiance en sa puissance, en sa résistance.

Une vie se déroule entre ses feuilles. Il est le théâtre des drames et des joies des plus petits. Par sa stature, il observe. Il voit le monde tel qu’il est. Il n’est menacé par rien. Même la foudre le traverse sans le terrasser.

De la force intérieure vient la sagesse. La capacité de voir le monde avec du recul. Sans se sentir menacé à chaque coup de vent. La capacité de prendre de la hauteur, de voir la musique des Hommes, la musique du monde se dérouler à ses pieds. C’est pour cela qu’au sein du bosquet de ses frères était rendu la justice. Justice sacrée. Décisions prisent par des Hommes, avec pour témoins les compagnons des Dieux.

Se tenir droit. Présent face aux Dieux. Dans la nudité de sa vérité.

Vérité puissante, car authentique.

Sourire des cieux partagé avec les enfants des Dieux.

Sur les sentiers des jours et des nuits, un chant s’élève.

Le chant de la droiture, de la vérité.

Ne pas chercher à dominer, à diriger.

Juste être là, dans toute sa beauté.

La force peut faire peur parfois lorsqu’elle s’exprime.

Et pourtant malgré ce que l’on croit, jamais elle n’est agressive.

Elle bouscule. Elle questionne. Elle interroge les acquis. Ce que l’on croit avoir compris.

La force rend le jugement des justes. Pas le jugement des petits arrangements.

Jamais il ne transige. Jamais il ne plie…

Par son assurance, il est capable de bienveillance.

Pour les petits, les siens et tout ceux qu’il à choisi.

Il n’aime pas sans distinction. Il fais des choix clairs.

Certains lui sont proches, d’autres non… voilà tout…

Malgré les années, le chêne ne perd pas de sa splendeur. Il se tient, toujours fier et droit. Mais le temps passe aussi sur lui, et c’est de l’intérieur qu’il se creuse pour se faire emporter, plus tard, dans la nuit…

L’apparence des forts, c’est aussi une carapace solide, qui ne laisse rien voir, rien paraître. Même si au fond, au centre, se trouve les difficultés de tout un chacun. Les félures, les blessures, qui s’il n’y prend pas garde creuseront son tronc année après année…

La force du chêne, s’est d’être celui sur qui l’on se repose. Sa tragédie, c’est de croire que la force ne réside qu’en lui… Parce que parfois, on a besoin d’un plus petit, d’une oreille, d’un ami…

Witto

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