Chercheur de lumière

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Nous arrivons bientôt à la fin de la saison sombre. Beltaine approche, la luminosité est croissante dehors. Et ce soir, et régulièrement depuis plusieurs jours, une réflexion s’immisce dans mes pensées.
J’ai beaucoup parlé ici du sentier sombre, des ténèbres de notre âme, de ce que l’on évitait souvent de regarder en face. Et en me regardant, je ne voyais pas les ténèbres. Bien sûr, mon cheminement m’a amené parfois aux frontières, et il m’amène toujours à ce sentier périlleux. Périlleux tant que l’on est pas ferme sur la voie à prendre. Mais manifestement, je ne suis pas un être malsain. Je ne me complaît pas dans les ténèbres, mes vices ne sont pas devenu maîtres, et ne m’ont pas emportés avec eux…
Alors la question c’est posé à moi : mais qu’est ce qui me fait tenir ? Qu’est ce qui fait que je ne vacille pas ? Qu’est ce qui fait que je ne sombre pas alors que parfois dans la vie tout fous le camp ? Qu’est ce qui me fait tenir debout ? Qu’est ce qui fait avancé lorsque l’on est dans le tourment d’une tempête glaciale ? Et d’où vient cette force intérieure dont je n’avais pas conscience il y a peu encore ?
L’ombre, les ténèbres, la volonté de puissance, la fascination de la sorcellerie, la mort, le sang… Autant de choses qui emportent, et qui risquent d’emmener définitivement aux bas-fond de la misère psychologique si l’on n’y prend pas garde.

Questionnements… parfois un sentiment de folie.

« Le fou va et vient d’un pas chancelant
Vodka à la main, par bouteilles il boit.
Il cri, il rit, parfois pleur et chante.
Sans musique, sur le fil de la vie, il danse.
Le fou qui rit, le fou qui pleur,
toujours méprisé, souvent offensé,
Un jour perdu, un jour gagné.
La mort l’attends, et lui l’embrasse. « 

Ensuite vient la théorie de l’intégration de l’ombre. Regarder en face ce que l’on est, mais que l’on a mis de côté pour pouvoir exister, mais qui, malgré tout nous hante terriblement. Que faire de tout ce que l’on à rejeté, refoulé, haïs, mais dont on ne peut se débarrasser ? Que faire de tout ce que l’on est ? Pauvre être ballotté au gré des autres, de nos émotions, de nos peurs et lâchetés…
Belle théorie, cette théorie de l’ombre qui nous dis qu’il nous faudrait regarder en face ? Oui, et alors ? On la voit assez souvent cette ombre. Elle nous colle aux basques chaque jour que les Dieux font.
Et puis une fois que l’on a fait la paix avec ce que l’on est, que l’on a admis tout ce que l’on été ? Quoi ensuite ? On reste là ? A se dire que l’on est à la fois amour et haine, beauté et laideur ? Colère et paix ? On nous dit qu’il faut accepter toutes ces facettes de nous, car nous sommes ainsi… ?

« Que c’est fatiguant…
A droite, à gauche, de ci, de là…
Perdu comme un chien errant
Oublier, il faut oublier…
et je me prends d’un coup à avancer… »

Avec le temps, il est vrai que l’on se voit un peu mieux tel que l’on est. Nous nous surprenons à faire preuve d’un plus grand discernement. On voit un peu plus clair le jeu de l’esprit. Il n’empêche que le singe fou continu à grimper aux arbres et à faire ce que bon lui semble. Mais bon, au moins, on le voit tel qu’il est. Le masque est tombé… Et c’est une belle étape déjà je crois…

Longtemps, je n’ai pas beaucoup plus réfléchis à la chose. Je naviguais entre ombre et lumière, en regardant attentivement le processus de l’un et de l’autre avec le même égard. L’emprise des choses est nettement moins grande, le détachement, et l’importance donné aux événements devient de plus en plus relatif (en se prenant des claques de temps en temps bien sûr aussi 🙂 ). C’est bien, c’est parfait…
Mais il manque un truc. Un je ne sais quoi… Je me suis rendu compte que la lumière demandait des efforts. Qu’elle n’allait pas de soi.
En fait, c’était dur…

Lumière…

Je n’ai jamais apprécié les discours lénifiant sur la lumière, la recherche de l’amour, de la joie, du bonheur, etc… dans la spiritualité, qui sont souvent, et c’est bien dommage, amplifiés par le mouvement new-age.
Je m’en suis souvent méfié car, baignant dans l’ombre, à la recherche du diamant noir, je connaissais bien le sujet. Et ces gens soi disant en quête de lumière, de paix, de bonté, dégoulinaient littéralement de ténèbres.
Leur recherche était sûrement sincère, mais ils refusaient cette part d’ombre qui les constitue, et ils la fuient donc, à tout prix. Lors de soins énergétiques, ils se protègent des gens qu’ils veulent soi disant aidé comme s’ils avaient à faire à des pestiférés de la pire espèce. L' »autre » est une menace qui balance des « trucs », parfois même par téléphone… Il faut donc s’en défendre.
je ne pouvais pas apprécié ce mouvement qui prônait, et prône toujours la lumière, alors qu’il n’arrête pas de mettre des barrières entre les gens. J’étais soi disant dans les ténèbres, mais j’avais l’impression d’être bien plus dans la générosité et le partage que tous ces guguss channélés. Je préférais donc mes ténèbres…

Ben oui, mais voilà… Il me manquait un truc… Et j’oubliais quelque chose surtout : ce qui avait fait que j’ai pu tenir droit dans des sentiers parfois escarpés et rigoureux…. la quête de la lumière. J’ai commencé ma « carrière » comme Luciférien, avec comme modèle Lucifer, le porteur de lumière (Lux Ferre. Pour ceux qui voudraient me faire un procès en Sorcellerie, je serais condamné ;), mais le Christ portait à un moment ce nom de Lucifer, parce que porteur de lumière. A bon entendeur… ). Ma quête n’a jamais été celle des ténèbres. Elle en a suivi la voie parce que les jours commencent par les nuits, l’année commence par la saison sombre, mais en aucun cas je n’ai cherché à être un ténébreux mystique. Au contraire, j’ai même souvent chercher la lumière aveuglante des sommets. Mais cette quête n’a fait que me descendre plus bas dans les enfers. Simplement parce que c’est la loi… Tu n’atteindras pas les sommets tant que tu n’auras pas traîner tes basques dans la boue noire et puante…

Aujourd’hui que ma saison claire arrive (au dernier solstice d’été, je n’ai pas vu le soleil se levé, et ce n’est pas faute d’avoir essayé, ceux d’Altitona savent de quoi je cause 😉 ), je sens la lumière monter en moi. J’en ai assez des ténèbres. Je les connais. Je sais qui ils sont, je sais qui je suis, et je peux passer à autre chose.
A un moment, il faut faire un choix.
Et mon choix est celui de la lumière, de l’ouverture, de l’amour, de la paix, de la fraternité.
Pas une lumière mielleuse de celui qui fuirait la réalité, mais bien plutôt celle que l’on aperçoit au fond d’un tunnel sombre et long, très long… parfois trop long… Et qui est source d’espoir, de joie et de force.
Je sais que le chemin est encore long. J’ai encore beaucoup de choses à voir et à vivre. J’ai énormément de choses à apprendre des mes camarades et amis(es) de l’assemblée. J’ai énormément de choses à apprendre d’hommes et de femmes que je rencontre chaque jours. Jusqu’à présent, ils reflétaient mon ombre dans toute sa splendeur. Ils le fond toujours, mais aujourd’hui, je vois autre chose en eux. Je vois de la lumière, une lumière belle et éclatante.

« Danse petite flamme,
Petite étincelle grandit, jaillit.
Danse petite flamme,
Avec toi tu emportes corps et esprits
Petit grain de lumière qui voyage dans l’espace,
L’âme parcours le temps comme un enfant innocent.
Les herbes poussent, grandissent sous le vent.
Au dessus des nuages, le soleil brille puissamment. »
Combattre mes ténèbres pour faire éclater ma lumière, voici ma quête aujourd’hui… Le chemin continu…

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Pour la Morrigan !
Witto
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6 réponses à Chercheur de lumière

  1. greenyavanna dit :

    Une belle étape assurément… dont tu parles avec des mots joliments tournés…
    Juste un mot : la lumière je trouve est « vivable » tant qu’elle est « vivante », qu’elle est inscrite dans le flux de la vie. Celle qui peut devenir dangereuse est la lumière « désincarnée », trop pure, ascétique. A mon sens bien sûr, peut-être erroné…

    • Merci Yavanna…
      Ce que tu dis me fait penser à l’histoire terrible d’une mère, brûlée au troisième degré, et qui à perdu sa fille dans un incendie. Plusieurs années après, elle à fait un voyage chamanique, et à rencontrer l’esprit du feu. Elle lui à demandé pourquoi il lui avait enlevé sa fille, pourquoi il lui avait fait tant de mal ?
      La réponse de la mère : le feu est le feu. Il brûle. C’est ce qu’il est. Il n’a ni animosité, ni méchanceté… Il est…
      Terrible histoire, bouleversante… J’y ai pensée en lisant ta question. Parce qu’a mon sens, la lumière est la lumière, l’ombre est l’ombre. Ce qui est multiple sont nos perceptions, et juste nos perceptions. peut être que la lumière qui nous dérange le plus est celle qui fait apparaître nos plus grandes ombres…

  2. morriganscave dit :

    mmmm… il y a des choses qui me gênent profondément dans ton texte.
    pourquoi rejeter les ténèbres, pourquoi les rendre si négatives aussi ? l’ombre, les ténèbres, ce n’est pas forcément « la volonté de puissance, la fascination de la sorcellerie, la mort, le sang », c’est aussi la nuit après le jour, le repos nécessaire après le labeur, l’apaisement après l’agitation, le silence après le bruit… la lumière n’a pas de sens sans l’ombre, comme l’ombre n’a pas de sens sans la lumière, les deux sont indissociables à mon avis.
    Morrigan Caitlín Darkmoon

    • C’est bien que tu sois gênée, tant mieux 😉
      Mais je crois que tu n’as pas bien lu. Je ne rejette absolument pas les ténèbres. J’ai dis que je combattais MES ténèbres…
      Le repos, l’apaisement, le silence n’entrent pas dans ce que l’on appel les ténèbres, l’ombre psychologique. L’ombre dont je parle, pour faire court, c’est ce que l’on a refouler pour nous permettre de survivre dans un monde donné, avec une culture et une éducation donné. Ombre que l’on retrouve en miroir souvent dans le comportement des autres, et qui nous dérange profondément.
      La culpabilité de te reposer après le labeur, l’impression de ne pas exister sans bruits, ou la terreur du silence, là sont des pistes à explorer pour débusquer l’ombre dont je parle.
      Mon propos n’est donc pas de rejeter les ténèbres, au contraire, et si tu me connaissais, tu saurais que ce n’est pas le cas. Dans mes pratiques, par le passé, un peu moins maintenant, je me frottais à tout ce qui pouvait me mettre en danger, tout ce qui m’amenait à être à la frontière.
      Certains parlent des ténèbres, en vantant les vertus de la méditation en visualisant un cimetière, mais en restant au chaud dans leur salon. Moi, je préfère méditer dans un cimetière un soir de lune noire, et appeler les morts. Creuser sa tombe, prendre son dernier repas en conscience, dire adieu à ceux que l’on aime, et se coucher dans le trou pour mourir…
      Certains parlent du sang, mais combien on fait des invocations avec du véritable sang, en sentant les effluves nauséabondes et le goût métallique du liquide noirâtre ?
      Cherches ce qui te gêne, va à sa rencontre, et tu trouveras sûrement ton ombre. C’est ce chemin qui est important. Celui d’explorer ses ténèbres…
      Mais ensuite, qu’en fais-tu ?
      Ok, tu as exploré, tu as fais un bout de chemin, pour moi la base… Et ensuite ? Tu passes ton temps à admettre tes penchants négatifs ? Tu ne cesses de te trouver un tas de bonnes raisons d’agir comme tu le fais ( en partant du principe que tu es pleine de défauts, comme tout le monde )…

      Ce que je dis ici, c’est qu’à un moment, après avoir plongé dans le chaudron, il faut savoir décider, et faire des choix dans les attitudes. Et là nous entrons dans la voie que j’aime appeler héroïque, une voie guerrière. On entre dans la quête à proprement parler, où tu ne laisses plus tes ombres te hanter, tu décides d’agir en conscience, et d’être…
      Le propos de ce texte est simplement de dire que ma quête est celle de la lumière, et que je me bas contre mon orgueil, mon égoïsme, ma lâcheté tous les jours, parce que je choisis de vivre une vie d’amour, de partage et de courage…
      L’ombre et la lumière sont indissociables l’un de l’autre tant que l’on à pas fais de choix en conscience. Ensuite vient le cheminement héroïque, le sens de la quête…
      Voilà ma compréhensions des choses, mais je ne cherche pas à convaincre, juste à partager… des fois cela éveil un écho, et des fois non… Tant mieux dans les deux cas…
      Merci pour ton message,
      Witto

    • Selon certains, je serais un brin excessif. Peut-être cette réponse l’est-elle un peu 🙂 Mais bon…

  3. Elsa Mondriet dit :

    Voilà donc un bon article, bien passionnant. J’ai beaucoup aimé et n’hésiterai pas à le recommander, c’est pas mal du tout ! Elsa Mondriet / june.fr

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