Ruis (ogham)

Un voyage dans le monde des oghams

 Ruis 

Un coeur qui saute dans la poitrine d'un géant
Il marche sur la terre, à travers le vent,
Trace les plaines et les montagnes,
Arrache le monde, et le transforme selon sa danse et son chant.

Un coeur qui fait fondre le soleil du monde,
Un coeur qui pénètre les plus insoupçonnés secrets de la terre.
Un coeur qui pleurt, qui hurle et qui saigne.
Un coeur qui jubile, qui célèbre et qui aime.

Le monde de la passion, de l’effervescence, de l’extase, du feu sacré. Ruis nous parle de ce qui monte à la tête par le coeur. Ruis nous parle de ce qui nous fais chavirer, d’un sens ou de l’autre. Il n’y a pas de demi mesure ici.

Ruis, c’est la vie croquée à pleine dent. C’est le monde de la charge héroïque, de la démesure. La passion et la fougue qui se déchaîne dans le coeur de jeunes amants. La force et la puissance de celui qui se bat pour une cause qu’il croit juste.

Tel un feu qui monte et qui éclate avec vigueur, l’ énergie de Ruis peut amener le feu de la colère. C’est la même énergie qui va mettre le feu dans la tête de l’ovate lorsqu’il part en extase vers d’autres cieux, d’autres obscurités.

La colère, la passion, la fougue sont mises de côté dans une société aseptisée. Ces qualités sont l’indice d’un être que l’on ne peut contrôler, qui est prêt à tout dévaster pour ses idées, les êtres aimés, un plus faible, une terre à protéger.

Ce qui ne peut être normé sera écarté, honnit, discrédité… Les excès n’ont jamais bonne presse parce qu’ils sont l’expression de la pulsion de vie à son état pure.

Et alors, petit à petit, l’on essaie de se conformer, afin de ne pas se faire écarter du monde des Hommes, qui nous est imposer. Alors, on devient raisonnable, on s’intègre, et petit à petit, la passion s’échappe… On s’écrase devant la volonté du plus grand nombre, devant l’envie du monde de rester tranquille, et de toujours tourner rond. Ne pas être déranger, ne pas être remis en question, ne pas questionner. Bientôt, on devient nous-même les censeurs de ce fascisme mou qui empêche toute expression de ce qui pourrait être libre et déchaîné.

Dé-chaîné… ne dit on pas de quelqu’un qui est plein de passion qu’il est déchaîné ? Sans chaînes ? Mais comment pouvons nous admettre de vivre la majorité de nos vie enchaînés, et seulement, de temps en temps, de sentir le besoin de s’excuser d’avoir pété les plombs parce que la contrition se faisait trop forte ? Comment peut-on accepter d’être si peu vivant ?

Se soucier du regard de l’autre, de ce qu’il pensera de nous est un moyen de nous intégrer, de faire partie d’une tribu, d’une communauté. Le drame, c’est que, trop souvent, l’on n’a pas conscience de nos mécanismes intérieurs, et l’on se sent libre, alors que nos attaches sont encore bien lourdes… Il sera d’ailleurs bien difficile de s’en défaire tant que l’on ne se regardera pas d’abord dans un miroir avant de juger l’autre de tout les mots.

Se déchaîner, libérer le feu, Vivre, c’est bien, important, et essentiel. Néanmoins, si des gardes fou dans nos psyché existent, ce n’est pas sans raison. La passion, lorsqu’elle est livrée à elle-même, que ce soit sous la forme d’un attachement sensuel puissant, ou de la colère, peut tout emporter sur son passage, sans aucune distinction. Le monde peut alors sombrer dans les flammes, nous ne nous en rendrons pas compte, parce que note cause, notre sentiment sera alors le seul à avoir de raison d’être.

Le feu doit être nourrit, mais la lucidité doit être entretenue, afin d’éviter de sombrer. Exercice de funambule, mais indispensable. Il ne s’agit pas là d’avoir l’air équilibrer vis à vis d’autrui, et de paraître, mais de vivre cet équilibre en soi, afin de tenter, effort après effort, de toucher du doigt, un peu plus à chaque fois, l’Etre. Plonger ses racines profondément dans la terre, et atteindre les étoiles, les bras levés lors de nos prières.

Un moyen traditionnel d’exprimer ce feu, et l’énergie de Ruis, c’est lors de l’extase. Le moment où la tête, le mental se déconnecte et où il est possible d’accéder à d’autres mondes. On largue les amarres, et on part. Avec la nécessité, comme toujours ici, de bien prendre garde à ne pas se faire emporter et dépassé par le flot de ce qui est réveillé. Encore et toujours, il s’agira d’être capable de lucidité, afin de ne pas se faire broyer…

Cuchulainn, alors que le feu brûle en lui, est trempé dans trois bains d’eau afin de parvenir à le calmer. L’eau du premier bain s’évapore au contact de la chaleur du héros. L’eau du deuxième devient chaude à tel point qu’elle fait de gros bouillons. Le troisième, enfin, lui permet de revenir à un état « raisonnable »…

Le feu de Ruis, à manier avec prudence…

Witto

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Straif (Ogham)

Un voyage dans le monde des Oghams

Straif

Avertissement : Les Oghams ont évidemment des significations bien plus étendues que ce que je présente ici. Le but n’est absolument pas d’être exhaustif, mais de capter le souffle lorsqu’il est présent sur un thème. Cherchez, creusez, explorez, c’est la seule voie… Ici, on va faire râler les anxieux  😈 Bonne lecture.

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Des épines dans le coeur, il cherche son souffle.
Un matin d’automne, le froid pénètre son corps.
Il rampe sur le sol humide.
Il s’ éteint, se fond, dans le gouffre béant.

Une colombe blanche s’élève du sous-bois.
Elle cherche le ciel, sa demeure éternelle.
Un renard la regarde s’élever,
Son espoir à lui s’est envolé.

Le souvenir du goût du sang,
Mais rien que du vent.
Il est toujours là,
Mais peut-être, pas pour longtemps…

La mort, la souffrance, la déchéance, la maladie, l’impuissance. Les dures leçons de la vie. Elles ne sont jamais souhaitées. Elles sont même, la plupart du temps écartées, évitées… Mais elles arrivent immanquablement, tôt ou tard…

Straif n’est pas un Ogham de la joie et de la gaieté. Straif est un Ogham pénétrant. Un Ogham difficile à porter… Pour transformer le plomb en or, il faut calciner, écraser, chauffer, savoir endurer…

Dans une forêt ancienne, des crânes et des os sont accrochés aux branches. Ils préviennent le passant que la poursuite du chemin ne sera pas sans risque. De grandes giclées de sang recouvre les arbres. Les ombres sont en leur domaine. Ici l’espoir est mort il y a bien longtemps. La lourdeur des malheurs, des souffrances se ressent jusque dans l’écorce des bois tombés lors du dernier grand coup de vent.

Les oiseaux se taisent ici. Des corbeaux veillent, et guettent les cadavres aventureux…

Une vieille hante les lieux. Elle est faite de racines épaisses et de branches de prunellier. Ses épines acérées font crever tout ce qui s’approche trop près. Elle ne se protège pas parce qu’elle a trop souffert. Non… Elle n’aime simplement pas ce qui vit. Dure et sans vie, elle s’abreuve au coeur des enfants. Elle n’est pas émue par la jeunesse ou la beauté… Elle se traîne, dans cette forêt sombre. Elle est grande, inquiétante. Elle va vite, et elle voit loin…

Elle connaît le coeur des Hommes parce qu’elle n’est pas obscurcit par les sentiments de tout un chacun.

Elle est maîtresse de la sorcellerie la plus sombre. Elle accompagne les mouvements de haine et de violence. Elle jouit de la souffrance des Hommes. L’oeil brillant, la pitié n’est pas au menu de ses appétits.

Non, ici, au-delà de la nuit, est la demeure de la douleur la plus enfouit, la plus secrète. Il n’y a rien à attendre de ce lieu hormis la mort…

Même les bêtes ne veulent pas des fruits de cette terre. Ils serrent la gorge, et font s’étouffer les imprudents.

Il n’y a qu’un chemin qui mène à ce bois. Rien n’indique où l’on va. Rien ne dit ce qui nous attend là. Seuls des cadavres éparpillés indiquent au passant qu’ici, il n’y trouvera rien de réjouissant.

Néanmoins, parfois, d’étranges personnes s’aventurent en ce lieu de douleur. Elles y mettent le pied, souvent par égarement. Elles s’y perdent, et y sont tourmentées, souvent. Certaines n’en sortent jamais, se heurtant à l’odeur putride qui émanent des creux faits dans le sol par les racines d’arbres abîmés.

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Au coeur de cette forêt, a proximité du lieu où se repose la vieille, il est une source extraordinaire. Elle est sombre, comme le reste de l’endroit. Elle sent l’oeuf pourri à des kilomètres à la ronde. L’eau qui en sort ressemble plus à une boue rouge comme le sang, qu’a un liquide bienveillant. Elle donne la nausée à nombre d’imprudents, qui meurent là, souvent de folie, et parfois seulement de soif.

Mais cette source immonde, aux apparences repoussantes, garde en son coeur un secret. Même les corbeaux, à son sujet restent muets, mais il est un fait.

On raconte que parfois, une fois ou deux par siècle, il y aurait de ces imprudents qui arrivent à sortir de la forêt. Non par le chemin qui les y a amené, mais par un escalier de terre, qui passerait entre les entrailles de vieux rochers. Il y aurait là une issue, mais on n’entend jamais parler de ces chanceux, ou courageux personnages.

Il y a bien un vieux souvenir qui est écrit quelque part dans un vieux livre bien plus anciens que la plus vieille des mémoires.

Il y est écrit, à ce qu’il paraît, qu’un jour, un de ces rescapé de la forêt à été aperçu, volant au dessus de la lune. Il brillait de mille feux, comme un petit soleil en pleine nuit. On dit qu’il avait découvert quelque chose qui l’avait transformé, qui l’avait changé à jamais. On n’en dit jamais plus parce que l’on ne parle pas de la vieille ni de sa forêt. Ca ne se fait simplement pas…

Néanmoins, un soir de pleine lune, en dégustant ma boisson préférée, une fée verte est apparue, et m’a murmuré, au creux de l’oreille, que cette source immonde, dans cette forêt de douleur à des propriétés magiques. Elle ferait mourir… Jusque là, rien d’étonnant…

Mais par cette mort, on serait capable de renaître à un nouveau corps, à un nouvel être.

Goûter à la source de la souffrance peut, parfois, transformer ce qui était lourd en ce qu’il y a de plus précieux.

Le voyage dans cette forêt, si l’on en réchappe, transforme le coeur, la tête et l’âme.

Le plomb devient de l’or. La souffrance une joie, la peur une confiance.

Bien sûr certains ne croient pas à cette histoire, d’ailleurs peu connue. Mais ceux qui, à la source noire ne veulent pas boire, contemplent encore à l’heure où j’écris, par leurs os, les yeux de la vieille, et cette eau, qui à couleur de sang.

Witto

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Ngetal (Ogham)

Un voyage dans le monde des Oghams

Ngetal

ngetalUn corps meurtri par les outrages du temps. Des plaies ouvertes par les accidents de la vie, les guerres, les incidents… Un quelque chose à dire de plus grand. La maladie sur le corps, doucement s’étend…

Les maux du corps sont un langage sacré. Les maux du corps sont des appels. Des appels de nos profondeurs. Parfois, de nos profondeurs les plus terribles, les plus secrètes. Dans ces profondeurs résident parfois des êtres, des habitudes, qui parfois ne nous appartiennent pas. Mais ils sont là. Ils s’immiscent dans nos tissus, dans les interstices de nos êtres…

Les malaises que l’on croisent tout au long de nos vies, sont aussi des mots qu’il est parfois possible d’entendre. Difficile d’entendre quoi que se soit lorsque l’on est tourmenté par le corps. En pleine tempête, il est difficile d’entendre le chant d’une enfant.

Avant la tourmente de la douleur, il y a d’abord celle de l’inconfort, qui se mêle à la peur… La peur de ne plus faire ce que nous avions l’habitude de faire. La peur de ne pas être efficace, de ne pas être aussi présent. La peur de mourir à ce que l’on était. Passer de l’insouciance de la santé, à l’inconfort d’un nez qui coule est parfois difficile à vivre pour certains…

Remarquons que plus l’inconfort est réel, et plus le lâcher prise devient nécessaire. Il n’y a pas à lutter contre des mots. Il y a à entendre. A comprendre. Prendre avec soi le message de ce corps, et savoir pourquoi il ne nous permet plus d’être, de faire, de jouir…

Les maux, les malaises, les maladies, s’installent là où il y a déséquilibre. Dysharmonie. La nature de la vie veut que l’on soit en pleine santé. Pas empêché par des grippes, des allergies. La maladie est une quête de la nature pour retrouver un équilibre. Une réaction face à une agression. Qu’elle soit ponctuelle ou répétée.

La santé correspond à un état naturel duquel nous nous éloignons de plus en plus. Nous nous nourrissons d’aliments qui ne sont pas adaptés à nos corps. Nous vivons dans des environnements qui ne sont pas adaptés à la vie. Passer son temps dans une boîte, entourée de celles de nos voisins. Boîtes éclairées par des lumières mortes, en regardant des boites à images qui nous font vivre ,par procuration, mais pour de vrai dans nos têtes, des guerres, des famines, des souffrances sans nom. Nous sommes otages de situations dont on ne peut rien. Si une guerre éclate à nos portes, nous pouvons agir. Fuir ou combattre. Mais ici, non. Rien à fuir. Rien à combattre. Juste à subir. Et cela rend fou. Vraiment. Les corps et les âmes se décomposent de ne pas pouvoir vivre vraiment.

Il y a, je crois, une harmonie à rechercher. Une quête à poursuivre pour notre temps. La quête de la véritable vie. Celle qui nous amène à voir l’inconfort de manière ludique. Celle qui nous amène à agir, et à ne plus subir. Celle qui nous amène à rencontrer la vie.

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Certaines dysharmonie ne nous appartiennent pas. Autant nous sommes plus ou moins responsable de notre manière de nous alimenter, de faire ou non de l’exercice, de fumer, de boire plus que de raison, de ne pas assez nous reposer, ou de ne pas assez travailler… Autant, nous vivons à une époque où la société dans son ensemble nous emmène dans le mur. Le progrès qui est venté par tant d’esprits soit disant éclairés, n’est pas forcément, et pas toujours un bienfait. Le fascisme de la croissance, de la modernité, impose une transformation, une mutation, que les corps et les âmes ont du mal à encaisser. La planète se transforme. Son âme se meurt. Il devient difficile de rencontrer du sauvage véritable en Europe occidentale. Je ne parle pas de trouver un bout de forêt, qui ressemble de nos jours plus à un parc bien balisé qu’à un lieu véritablement sauvage. Pour un ultra civilisé habité quotidiennement par le béton, les voitures, la foule et le bruit, il est certains que 2-3 arbres représentent la nature la plus sauvage qui soit. Ces arbres deviennent un pont avec un monde perdu dans lequel nous nous trouvions en bien meilleur harmonie. Le risque étant que l’ultra civilisé prenne ce parc comme le véritable sauvage, et laisse mourir la forêt, un peu plus naturelle, parce qu’elle est loin de ses yeux et de son coeur…

Nous sommes à une période charnière. Moment de transformation, de mutation. Le changement peut-être brutal à encaisser. Il peut être difficile de s’adapter à ce monde tel qu’il nous est proposé. Il y a une harmonie à rechercher malgré le chaos qui nous entour. Malgré ce qui va à contre sens de la vie, il y a, plus que de l’espoir, des solutions. Il y a matière à ne pas accepter la fatalité de la déchéance.

Le roseau à cela de particulier, que grâce à ses racines étendues, il est en capacité de nettoyer, de purifier, et de rendre sa santé à une eau polluée. Lorsque le vent souffle, déracine les plus grands arbres et brise les chênes les plus robustes, le roseau chante dans le vent. Il se courbe, plie, mais ne rompt pas. Le roseau à les pieds dans la vase la plus noire, chante avec le vent, et danse avec la lumière du soleil le plus vif.

Imitons le roseau lorsque nous sommes face à des difficultés, des maux, des handicaps. Plongeons nos racines dans nos profondeurs. Cherchons à être le lien alchimique qui transforme la matière sombre en diamant éclatant. Dansons avec le vent. Accompagnons son souffle, sa vie, sa vitalité, sa puissance. Observons ce qui est, et accompagnons le, afin de transformer l’essence de ces choses en ce qui nous fait vibrer. Il n’y a pas de fatalité. Il y a certes, des choses que l’on ne peut pas changer, parce que nous n’avons pas de prise sur ces choses… Mais on peut changer l’essentiel : notre regard, notre manière de voir. On peut décider de subir ou d’agir. On peut décider de sombrer, ou de s’éveiller. Malgré la difficulté de la tâche parfois, il est une certitude : il est toujours possible de changer.

Witto

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Gort (Ogham)

Un voyage dans le monde des Oghams

Gort

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Lieu de paix. Ancienne forêt sauvage défrichée par la mère. Lieu d’abondance. Tout pousse ici par le travail des Hommes. Dans un lieu clos, limité, l’impression est donnée que les fruits de la terre vont pousser sans limite. Havre de silence, havre de paix. Les oiseaux vont et viennent, les abeilles butinent. Le soleil réchauffe les fleurs qui poussent ici et là, au milieu d’un petit ruisseau, qui chante le cours de la vie.

Un jardin est une création d’Homme. Un lieu où la nature est optimisée, afin de donner le maximum, et nourrir dans l’abondance celui qui en est à l’origine.

Le jardin est un lieu de transformation. Un morceau de terre, parfois un morceau de forêt. Et d’année en année, par le travail, la transformation de ce lieu de nature, ce morceau de terre devient lieu d’abondance, explosion des bienfaits de la nature.

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Le sentiment d’abondance est intimement lié au sentiment de paix. La paix est présente lorsque l’on sait que l’on ne manquera de rien. La où le manque se fait jour, les tensions grandissent, les envies d’avoir plus (de manière légitime parfois) rencontrent les envies des autres, et ainsi commencent les guerres.

Un Jardin abondant est un jardin où règne la paix. Un jardin où règne la paix est un jardin abondant.

Un jardin est, malgré la main de l’Homme qui est bien présente, régit par des lois naturelles qui le dépassent. Les cycles des saisons notamment, avec des périodes de sommeille, puis des périodes d’explosion.

Gort va nous parler plutôt de la période d’explosion. La période de croissance qui a lieu au printemps. Tout se met en mouvement. Tout pousse. Tout donne l’impression de renaître, de trouver un nouveau souffle. Après la période de froid, les graines vont germer, afin de donner des plantes, qui porteront des fruits, qui nourriront la terre entière…

La croissance de Gort est intimement liée au travail fournit. Il ne s’agit pas de la croissance sauvage, sans but, dont toute volonté serait absente.

La croissance de Gort implique une volonté, une vision. Lorsque l’on démarre un jardin, nous choisissons les types de plantes que nous allons planter, et où nous allons le faire. Au fil du temps, selon la nature du terrain et du climat, il faudra adapter nos choix aux réalités des possibles. Et bientôt, grâce à l’alliance du travail des Hommes et de la générosité de la nature, l’abondance généreuse sera bien présente…

Il en va de même lorsque l’on parle d’un travail personnel, intérieur, spirituel. Pour que la croissance soit possible, pour que l’on puisse grandir, il faut d’abord savoir vers où nous voulons aller. Il s’agit de faire preuve de volonté. La volonté de travailler un terrain, de lui donner une forme, afin de récolter tel ou tel fruit.

Sans cette vision préalable, alors ne pousseront dans le jardin que les plantes qui ont le plus de facilité à s’installer, mais pas celles qui nous nourriront le mieux. Hors un jardin à un but, un objectif : Nous nourrir… Surtout si l’on pense qu’il n’y a pas toujours eu de supermarché au coin de la rue… Ni même simplement de coin de rue…

Sur notre terrain intérieur nous allons donc choisir quelles plantes nous allons favoriser. Nous en éliminerons certaines. Nous en déplacerons d’autres. Et nous mettrons le paquet sur celles qui sont les plus productives, ou celles qui nous plaisent le plus au goût…

Certaines plantes chercheront à revenir coûte que coûte, bien que nous ne les souhaitions pas à cet endroit précis. Il s’agit d’adventices. De plantes qui poussent là où on ne le souhaite pas, dans un cadre plus ou moins domestiqué, qui est celui du jardin… Ainsi, il faudra, parfois, désherber. Retirer ce qui ne nous est pas utile, ou ce qui pourrait nuire aux fruits délicieux que nous avons prévu de récolter prochainement.

Ainsi, il y a des limites à laisser grandir l’égoïsme si l’on souhaite récolter la paix… L’égoïsme n’est pas une plante mauvaise. C’est seulement qu’elle est envahissante, et pousse de manière extrêmement vive et très serrée. La paix quant à elle est délicate, et à besoin de s’enraciner profondément avant de s’élancer vers le ciel.

L’égoïsme a sa place dans un coin du jardin. La-bas, elle s’épanouira selon sa nature, et changera même de nom pour devenir « estime de soi ». La où sera cultivé la paix, le lieu sera aménagé selon sa nature, afin de lui permettre de grandir le plus possible, et d’être productive selon notre souhait.

Beaucoup de plantes peuvent cohabiter, et même s’entre-aider. Ainsi, il n’y a pas qu’un seul modèle de jardin possible, mais une infinité. Selon la nature du lieu, la paix, la sagesse, le partage, s’exprimeront d’une manière, ou d’un autre. Ces plantes n’auront pas les mêmes formes, les mêmes couleurs, ni le même goût. L’expression est diverse, mais elle n’est pas laissée totalement au hasard. Le jardinier est celui qui dirigera la symphonie, en laissant s’exprimer les qualités naturelles des instruments présents dans l’enceinte de l’orchestre qu’il aura décidé de réunir ici.

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Lieu de transformation, lieu d’alchimie, l’ogham Gort répond à la quête de croissance intérieure qui nous anime lorsque l’on se tourne, d’une manière ou d’une autre, vers une forme de spiritualité.

Il s’agit de savoir vers où nous souhaitons aller, d’avoir une vision claire de ce que nous voulons, et de nous donner les moyens d’y arriver.

Gort ne parle pas du but, mais du chemin de croissance pour y arriver. Sa force est celle de l’abondance, de l’explosion de vie en plein hiver.

Le lierre est la plante que l’on attribue à cet ogham. Toujours verte, elle grandit vite. Recouvre tout. Certains arbres morts paraissent pleins de vie par le feuillage exubérant du lierre qui l’a enveloppé.

S’il sait redonner la vie aux morts. Imaginez l’aide qu’il peut apporter aux vivants.

Witto

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Muin (ogham)

Un voyage dans le monde des Oghams

Muin

Un serpent passe au dessous. Un serpent passe au dessus. Il danse entre les racines de l’arbre de vie. Il danse entre les racines de l’arbre de jeunesse et de beauté. Tour à tour dans l’ombre et dans la lumière. Passer de l’un à l’autre, et tisser la trame de lavie, la trame de la destiné, voilà son office.

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Des liens se font, se défont et se recréer. Ce qui meurt de ce côté renaît de l’autre, et ce, de toute éternité. Les liens entre les Hommes. Entre les morts et les vivants. Les liens qui unissent toutes choses en ce monde…

Comme la vigne qui rampe, et qui s’accroche à tout ce qui est à sa portée. De proche en proche, elle contient le monde entier. Aucune chose n’existe qui ne soit lié à une autre.

L’ « entre deux », les zones frontières. Là où le jour se mélange à la nuit, l’amour à l’indifférence, la colère à la paix, la lumière à l’obscurité.

Zone d’équilibre, de déséquilibre. Un tranchant d’épée en guise de pont à traverser. Les zones d’incompréhension, de paradoxe. Ici, rien n’est clair. Ici, rien n’est tranché. Tout est dans la nuance, la complexité.

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J’aimerais dire, mais cela ne rassure guère, que Muin représente ce qui habille toute chose. Ce qui se passe de ce côté-ci est emprunt de l’autre côté. L’autre côté se charge de ce qui se passe ici. Passage du conscient vers l’inconscient, et de l’inconscient vers le conscient. Aller-retour éternel, perpétuelle, comme une mécanique bien huilée. Il n’y a jamais de trêve. Aucune zone où nous serions à l’abri de l’influence d’un « autre chose ».

Cet « autre chose » est difficile à cerner, et lorsque l’on s’en approche, il passe à nouveau dans le monde de la brume. Il n’y a pas de contrôle possible. La vie se déroule, en passant d’une compréhension à l’autre, de l’objectif au subjectif, sans jamais se figer. Muin n’est ni l’ombre, ni la lumière, mais la force qui se cache derrière ce qui fait que l’on passe de l’un à l’autre.

Ogham de la communication aussi. Parce que ce qui sort de ma bouche habite un monde particulier, qui n’est pas le domaine de celui qui entend mes mots. Pour comprendre, il faut interpréter, et parfois questionner. Partir à la quête d’une vérité qui est peut-être à notre portée…

Je vis dans un monde, avec mes expériences, mes sentiments, mes espoirs, mes croyances. Et je te rencontre, avec un monde tout différent qui habille tes pensées et ton âme. Comment se comprendre, comment s’entendre sans interpréter trop vite, à l’aulne uniquement de ce que l’on est, en perdant parfois de vue, que l’autre n’est pas nous, et qu’il fonctionne parfois bien différemment. Difficulté de la communication. Difficultés d’ entretenir le lien, avec toutes les incompréhensions possibles sur le chemin.

Muin est la zone frontière du réel et de l’imaginaire. Il est parfois difficile de cerner le vrai du faux. Le réel, de l’illusion… Muin nous joue des tour, nous entortille, nous emporte dans sa danse frénétique. D’une réalité à une autre, elle nous fait perdre la tête. A force de tournoyer, sont confondus le haut et le bas, le devant de l’arrière…

Muin est une opportunité. Comprendre son concept, c’est être en capacité d’aller au-delà des apparences, et de repousser, jour après jour, les limites de notre conscience. Petit à petit, la prudence de la rationalité, laisse place à la folie de l’inspiration. Au danger de l’intuition… Et là, avec elle, on grandit…

Je dis elle, parce que derrière Muin, je vois la grande reine. Celle qui guide au travers des illusions de la vie. Elle nous fait voir le réel. Sans fard. Elle nous montre ses illusions, et en joue, encore et encore. Si bien qu’a force d’usure, elles deviennent évidentes… Elle est force de friction. Regarder en face le réel se fait rarement dans la douceur. Non parce que le réel est douloureux, mais simplement parce qu’on le refuse. On se refuse à voir que le monde ne correspond pas toujours à nos fantasmes, à nos envies, ne serait-ce qu’a nos souhaits. Accepter le réel, c’est parfois accepter que l’on se soit trompé. Accepter que le monde ne tourne pas pour nous satisfaire… Il n’y a pas à se battre. Il y a à accepter. Et alors, des trésors se révèlent…

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Funambule de l’éternité,
Je chante aux étoiles. A ma destinée.

Sur un fil, je danse,
Au dessus du vide,
Par trois fois,
je tente ma chance.

Ouvrir les yeux à la nuit,
Et tendre l’oreille à la vie qui s’éveille.

Savoir qu’un jeu se joue…
…Aux règles mystérieuses,
Qui parfois échappent…
…Même aux plus ambitieux.

La quête est devant toi.
Sers les dents et montre ton courage.
Il n’y a rien à perdre.
Tout est déjà gagné.

Alors vis ! Sois ! Et grandit.

Que les Dieux soient témoins de ce que je dis.
Car tu ne mérites pas moins que les étoiles.
Qu’ils t’offrent le monde, et la beauté de la vie.

Witto

 

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Qeirt (ogham)

Un voyage dans le monde des Oghams

Qeirt

Elle danse, nue, dans la brume. Elle joue avec le temps. Au creux de la terre, elle souffle avec le vent. Elle parcours le monde en ondulent comme un serpent. Elle fascine les Hommes. De tout temps, ils ont cherché à la posséder, à la prendre dans leur filet. De tout temps, il ont cherché à la figer sur des toiles, des pages ou des idées…

Plus insaisissable que le vent, elle se cache en se montrant. Elle garde le silence en hurlant. A la fois elle éblouit, et obscurcit.

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Queirt… Il s’agit ici du monde de la beauté… La beauté insaisissable. Pas celle, trop évidente de la jeunesse. Pas celle de l’apparence. Pas celle qui disparaît dès que l’on gratte un peu le vernis d’un monde un peu trop lisse.

Queirt nous parle de beauté, et ainsi nous parle d’immortalité. Pour les anciens, ce qui était vraiment beau était véritablement éternel. Il ne s’agit pas de se laisser avoir par le voile des illusions qui nous environne. Il n’y a rien de plus trompeur que la beauté, quand elle se situe dans le monde des apparences… Il y a certaines personnes, certaines circonstances, certains moments, qui font l’unanimité quand à la beauté qu’ils dégagent. Mais il est certains domaines, où la discussion peut durer longtemps quant à savoir si ce dont on parle est beau ou non…

Dans la beauté physique du monde, se cache le chant d’immortalité de l’univers. Des proportions, des intervalles, des rythmes, un chant, des rapports mathématiques…

On sait que les anciens étaient portés sur les nombres. Il ne pensaient pas ceux-ci en terme de quantité, mais en terme de qualité. Il ne s’agissait pas de se contenter de la surface des choses, mais d’aller creuser plus loin, afin de découvrir ce qui se cache derrière l’illusion de l’évidence. Des lois ont été découvertes. Pi, le nombre d’or, et beaucoup de formules mathématiques que nous connaissons aujourd’hui. Les anciens étaient précis, exactes, avaient le goût de l’exigence. Ainsi, ils ne se contentaient probablement pas de regarder les étoiles et de trouver ça beau en poussant un soupir de romantisme suranné. Il regardaient les étoiles afin de comprendre l’univers et les Dieux. Ils regardaient les étoiles pour y découvrir les lois qui gouvernaient le monde et les Hommes. Ils y trouvaient des proportions, des histoires, de la magie. Il y trouvaient la beauté du monde qui est si difficile à saisir et à décrire.

Queirt nous parle de cette beauté qui est immortalité. La pomme est par excellence le fruit de l’autre monde. Ca fermentation permet de produire un nectar qui peut nous permet d’écarter le voile qui nous sépare des Dieux. Le pommier est l’arbre de l’autre monde. Monde où le temps n’est plus linéaire. Monde où chaque chose est possible. Où toutes illusions tombe avec leurs masques trop commodes.

La beauté se voit, la beauté se vit. On ressent l’immortalité, l’infini de sa nature dès qu’on la perçoit.

Il est difficile d’en parler. L »exercice est périlleux. Quelques pensées étalées sur le papier, mais qui trahissent, quel que soit l’effort, la réalité de la vie.

La beauté se vit, en allant sur le chemin, en se laissant emporter par le vent, par le temps. La beauté se vit en allant voir de l’autre côté du miroir, en ne s’arrêtant pas aux apparences. La beauté se trouve aussi là où on ne l’attend pas. Elle se trouve parfois dans ce qui est le moins évident.

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On peut voir la beauté toute sa vie, et passer à côté d’elle parce que l’on a pas saisie sa nature profonde. Regarder à côté lorsque l’apparence ne nous convient pas, et se laisser emporter par la surface lisse d’une apparence bientôt morte…

La plupart du temps, ceux qui parlent sans cesse de la beauté du monde, ne parle que de l’illusion dont ils sont l’objet. Ils sont les pantins d’un monde de mirages, et jugent la beauté de ce monde à l’aulne de que qui leur convient ou non…

Ce qui est immortel dépasse la nature du désir des Hommes. La beauté ne se décide pas en terme de « cela me plaît, cela ne me plaît pas »…

La beauté se trouve dans le réel, dans ce qui se trouve en face de nous… Fuir, détourner le regard dès qu’une gêne se fait sentir, ce n’est pas faire face à l’immortalité…

Contrairement à ce qui se passe dans notre société des apparences, la beauté ne se juge pas. Il n’y pas à lui mettre des notes. La beauté est présente dans ce monde. Il suffit de l’observer, la comprendre… Et la cultiver…

Witto

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Coll (Ogham)

Un voyage dans le monde des Oghams

Coll

Aux confins du monde, il est un bassin. Ce bassin est entouré de 9 noisetiers. Noisetiers merveilleux, car ils portent les fruits de la sagesse. Là vit un saumon. Qui se nourrit des noisettes qui tombent dans le bassin. Les coques des noisettes s’échappent par 5 petits ruisseaux, qui quittent le bassin pour aller nourrir le monde.

On dit que celui qui se nourrira du saumon résidant là, obtiendra toute la sagesse du monde.

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Le saumon grandit dans un petit ruisseau, quelque part. Un petit ruisseau où nombre de ses frères grandissent avec lui. Rapidement, ces ruisseaux deviennent trop petits. Trop étroits. Et le saumon suit le courant, avec ses frères, pour rejoindre la grande mer. La mer salée. Là, le saumon pourra grandir à sa guise, se nourrir de la vie du monde du dessous, et croître, croître tant et si bien qu’il ne grandira plus. Alors sera venu le temps de retourner à sa source pour faire se poursuivre la roue de la vie, et permettre la naissance de nouveaux petits saumon.

Alors, il retrouve l’embouchure des courts d’eau qu’il a emprunter il y a quelques temps, afin de gagner l’océan. Il observe, il sent. Il trouve son chemin. Il y a un attrait magnétique pour le lieu de ses origine. Il sait où aller. Il sait par où passer. Il avance dans des cours d’eau de plus en plus étroit, lui qui s’est habitué à l’immensité des océans. Il se retrouve là, avec des milliers de ses frères dans des rivières avec seulement, parfois, quelques centimètres d’eau pour avancer.

La lutte est difficile, et pourtant, il y va. Déterminé. Les dangers sont nombreux… Mais il remonte la source. Il recherche de toutes ses forces les origines du monde afin d’y poursuivre l’aventure de la vie.

Et c’est peut-être ce saumon là, qui aura vécu tant d’aventures, qui vit dans ce bassin. Se nourrissant de noisettes, et acquérant, ici-même, toute la sagesse du monde, sans plus bouger.

La sagesse. Cela me paraît quelque chose de lointain, d’inaccessible. Quelqu’un qui me dirait qu’il connaît la sagesse me paraîtrait hautement suspect. La sagesse n’est pas une qualité que l’on peut s’attribuer à soi. Non, jamais. C’est quelque chose, je crois qui nous habitent. Quelque chose de mystérieux. De presque mystique. Et cela n’est jamais reconnu par le porteur sagesse. C’est dans le regard de l’autre que se découvre ce cadeau des dieux.

Il n’y a pas de méthode. Pas de chemin balisé qui mène à la sagesse. La sagesse embrasse le monde. Elle est parfois le fruit de l’expérience, mais pas toujours. Ainsi, il n’y a jamais d’équation logique entre le nombre des années et l’accession à la sagesse.

La sagesse nécessite d’une manière ou d’une autre de parcourir les mondes, concrets ou plus immatériels. Mais parcourir ces mondes n’amène pas à la sagesse.

La sagesse parle de savoir. D’un quelque chose de plus élevé, de plus haut, qui domine le monde des mortels, tout en en faisant partie. Néanmoins, le savoir (sauf peut-être, s’il s’agit du ça-voir) seul ne garanti jamais l’accession à la sagesse.

La sagesse nous parle de la capacité à voir, à vivre sans juger. Sans être prit à partie par tout ce que l’on vit, par tout ce qui nous entoure. Néanmoins, parfois, ce détachement ne parle que de désintérêt. Ne pas être touché par quelque chose qui ne nous touche pas paraît censé… La sagesse requière de savoir se laisser toucher. Se laisser emmener… Mais sans se laisser emporter. Il s’agit d’accompagner la vie, sans la meurtrir. Sans vouloir la diriger, la conduire.

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La sagesse est insaisissable. Seule se voit celle que l’on feint. Celle qui est fabriquée, artificielle. Dès que l’on pense l’identifier, elle disparaît…

La sagesse s’accommode des paradoxes et des contradictions. La sagesse n’a rien à voir avec la raison, et encore moins avec le rationnel.

La sagesse rime parfois avec folie… Folie apparente… Car vu par les yeux de ceux pour qui seul ce qui est rigoureux, contrôlé, étiqueté à du sens.

Une étiquette n’est pas synonyme de sagesse.

On confond souvent la sagesse avec ce qui nous rassure. Le sage est le bon petit vieux bien sympathique et généreux qui à tellement vécu que l’on ne risque plus grand-chose de lui…

Bon…

Le sage mord. Il dérange. Il bouscule. Il pose question. Remet en cause ce que l’ordre établit pense être juste. Il inverse les valeurs.

La sagesse n’est pas synonyme de consensus (ce qui est d’ailleurs toujours un peu vulgaire). Il est facile de penser que celui avec qui on est entièrement d’accord est un sage, parce que cela nous valorise. Ce faisant, on se balance des fleurs pour pas cher, en se guarguarisant du fait que l’on sait distinguer ce qui est sage de ce qui ne l’est pas. Alors ce qui nous heurte, nous dérange, est rapidement classer ailleurs, dans une autre boite, comme dans un rayon de magasin de bricolage. La boîte de l’insensé…

Pour avoir l’air sage, du coup, et pour faire preuve d’humilité, (toujours à la mode, faute de mieux) je devrais dire que je vous dis tout cela, mais que, en même temps, je n’en sais rien n’étant moi-même pas un sage…

Mais non, je ne vous ferais pas ce plaisir…

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Il y a un parallèle évident entre la sagesse et la connaissance. Pas la connaissance livresque universitaire et intellectuelle, qui n’est parfois que vulgarité dans la bouche de ceux qui croient être un petit quelque chose parce qu’ils ont lu un petit rien, et pensent par la même avoir découvert les secrets des Dieux…

J’aime voir dans la connaissance, l’idée de naître avec… On ne connaît pas parce que l’on étudie. On connaît parce que l’on vit. Et vivre, ce n’est pas s’agiter, s’occuper, et remplir son emploi du temps au maximum pour se donner l’impression (et l’illusion), d’avoir fait… des choses.

Vivre est une expérience intérieure. C’est jouir de l’instant, et se laisser posséder par lui. Ce n’est pas chercher la jouissance simplement pour ce qu’elle est, et donc fuir ce qui n’apporte pas de plaisir ( ce qui amène soit dit en passant à fuir l’ombre, l’obscurité de l’être qui n’en demeure pas moins bien présente). C’est vivre l’expérience pleinement, avec complétude, et ce, dans tout ce qui se présente. Ne rien fuir, ne rien rejeter. Tout voir avec le même regard… Sans emportement émotionnel, ni hystérie. Voir, observer et être là. Bien présent.

Connaître demande de prendre du temps, et je crois, d’avoir le sens de la contemplation. Je me demande jusqu’à quel point quelqu’un de pressé, qui vit dans l’urgence de la montre, peut connaître vraiment…

La sagesse dirait qu’il ne faut pas juger… Mais je ne prétend pas être sage.

Witto

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Tinne (ogham)

Un voyage dans le monde des Oghams

Tinne

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Un lingot de fer. A partir de lui, il y a tant à faire. Néanmoins, lorsque l’ on observe pour la première fois ce morceau de métal, et que l’ on ne connaît rien à l’art de la forge, il nous paraît obscure. Ce lingot tellement précieux par tous ses possible est, pour le novice,sans aucune valeur.

Pour celui qui sait y faire, le lingot représente des possibilités infinies. A l’âge du fer, posséder un tel lingot était probablement vu comme indispensable. Il était possible de réaliser des outils, des armes, des clous. Ainsi la construction du monde tel que nous le connaissons, d’un point de vue technologique, à un jour dépendu d’un lingot de faire.

Ce qui se cache dans ce lingot de fer en tant que richesse est lié au savoir faire. Savoir faire des hommes qui ont su l’extraire de la terre, le faire fondre et le purifier, pour ensuite pouvoir le transformer. L’art de la forge… Je me suis souvent demandé comment nos ancêtres avaient pu découvrir que certains cailloux, rochers… de la pierre… une fois mise au feu (et pas un feu de camp), laissait s’écouler du métal fondu, que l’on pouvait ensuite travailler pour en faire toute sorte d’objets utiles… Un mystère objectif qui participe à la magie liée à la profession de forgeron dans toutes les sociétés traditionnelles.

Transformer une pierre en épée demande une compréhension du monde particulière, et rapidement, une maîtrise de la transformation de la matière.

Posséder ce savoir faire permet d’être tranquille lorsque une civilisation née. La maîtrise technique est synonyme de possibilités de vivre, de travailler, de protéger, de conquérir.

Le savoir faire. La maîtrise. C’est ce bien impondérable qui se cache derrière cet ogham. La maîtrise technique qui permet d’utiliser des matières premières, de les assembler, et d’en faire quelque chose de grandiose… ou de monstrueux…

Maîtriser, c’est se situer sur le fil du rasoir. Pleinement conscient, concentré. Maîtriser, c’est appliquer le geste juste, l’intention juste, au moment juste. L’erreur n’est pas permise… La maîtrise est un état d’esprit, une manière d’être, qui ne permet pas la nonchalance. Maîtriser, c’est être au centre des choses, au centre de notre pratique. Au centre de l’univers. L’écouter, le laisser rugir, et ne pas trembler. Etre là, présent à tout.

Etre au centre, c’est se trouver à l’équilibre, au point de rencontre de toutes choses. C’est être au carrefour de tous les contraires, et choisir en toute conscience ce que l’on veut incarner.

La précision. La flèche qui touche sa cible à l’instant précis où cela à été décidé… Les mots dits, qui correspondent parfaitement à la pensée… L’appel aux Dieux, qui est perçu fidèle à l’intention première…

Maîtrise, précision, justesse. Equilibre.

Pas l’équilibre moral, ce que l’on voudrait qui soit. Mais l’équilibre de la loi de cause et d’effet. Un effet, une cause. Si l’on agit ainsi, il se passera ceci. Si je met la pierre dans le feu, il en coulera cela. Si je fais telle offrande, je m’adresse à tel Dieu. Si je fais tel numéro, j’aurais telle personne au bout du fil…

Etre au centre de cette loi de causes et d’effets, voilà le rôle de Tinne. Rôle au combien inhumain. Chargé de puissance. Le pouvoir des Dieux incarné sur terre.

Un tel pouvoir est en capacité de tout voir, de tout comprendre. En cultivant l’ équilibre il donne sa place pleine et entière à chacun. Ainsi, il protège les plus faibles, mais sans empêcher les forts de vivre. Les feuilles du houx sont piquantes, sauf à son sommet. Nécessaire de se protéger, mais juste le nécessaire… Inutile de se transformer en forteresse pour empêcher quiconque d’approcher. Non, ce n’est pas cela le sujet de Tinne. Ici, il s’agit de l’équilibre entre l’effort produit, et l’effet réalisé. En faire trop, cela n’est pas dans la philosophie de Tinne. Pour continuer à rester au centre, et cultiver la maîtrise, il est essentiel de ne pas se disperser, de ne pas courir trop de lièvres à la fois.

La protection du houx est dissuasive. Les piquants de ses feuilles sont efficaces. Ses feuilles et son écorce sont épaisses. Il est fort, stable, présent. Et en même temps, ses baies rouges sont présentes tout l’hiver. Alors que peu de fruits subsistes, les baies du houx irradient dans l’hiver blanc et froid. Il est une persistance du feux de la vie, d’une vitalité puissante, profonde, qui jamais ne cesse d’exister.

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Tinne est le tiers d’une roue ( Auraicept na n-Eces)… L’un dans le trois se trouve au milieu. Lieu d’équilibre duquel dépend la précision de l’ensemble. L’équilibre n’implique jamais la position statique. L’immobilité c’est la mort. Une roue qui ne bouge pas ne réalise pas ce pour quoi elle à été conçue. L’équilibre véritable s’exprime dans le mouvement, dans la prise de risque, dans la chute permanente, rattrapée pas après pas par l’application d’une maîtrise du mouvement, consciente et inconsciente, selon les occasions.

L’ équilibre, dans la roue de l’année, ce sont les équinoxes. Moments de suspension du temps. Instant où le souffle de tout ce qui existe s’interrompt pour écouter le silence profond du mouvement de l’univers. Entre l’ombre et la lumière. Un chemin vers un autre monde, vers une autre réalité. L’entre deux. Le chaud, le froid. La vie, la mort… Qui sait ce qui nous attend au prochain pas.

C’est la maîtrise de Tinne qui va nous permettre de continuer. Tant que son esprit est présent en nous, tout va bien… Il est quelque chose de rassurant en Tinne. L’on sait que la roue continuera de tourner, l’arme atteindra sa cible…

Y a t’il des conditions à cet équilibre ? Est-ce que tout cela va de soi ? Les Hommes sont bien souvent comme des petits enfants, qui croient, mais ne comprennent pas vraiment…

Tant que la roue tourne encore, tout va bien. Mais comprenons l’esprit de Tinne. Son exigence, sa difficulté, afin de continuer à faire tourner le monde. Le destin d’une roue immobile, est de chuter.

Witto

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Duir (Ogham)

Un voyage dans le monde des Oghams

Duir

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Debout. Sur ce pic rocheux dénudé, il contemple la vallée. Le vent souffle dans ces branches. Il tangue parfois par la force du souffle. Mais il ne cède pas. Jamais.

Sur ce bout de terre, suspendu dans les airs, il sent la tempête faire rage. Il la contemple comme s’il s’agissait d’un mirage.

Depuis mille ans, il est là. Il ne bouge pas. Autour de lui s’agite le monde. Autour de lui s’agitent les Hommes. Les saisons passent sur sa peau ridée. Le soleil, la pluie, la lune lui rendent visite régulièrement. Lui est là. Il ne bouge pas. La foudre même essaie de le faire bouger, de le faire réagir et sursauter. Mais il reste là. Il ne bougera pas.

Les racines profondément encrées dans la terre, il est sûr de sa force. La mère l’accompagne à chaque instant de sa vie. Petite graine ballottée par les vents, il a trouvé un endroit où s’agripper. Ici, il a grandit, entouré de ses frères. Aujourd’hui, il est fier et solide. Il se dresse droit vers le ciel, et parle aux étoiles la nuit venue. Dans ses branchages, des écureuils et des oiseaux ont pris refuge. Ils font confiance en sa puissance, en sa résistance.

Une vie se déroule entre ses feuilles. Il est le théâtre des drames et des joies des plus petits. Par sa stature, il observe. Il voit le monde tel qu’il est. Il n’est menacé par rien. Même la foudre le traverse sans le terrasser.

De la force intérieure vient la sagesse. La capacité de voir le monde avec du recul. Sans se sentir menacé à chaque coup de vent. La capacité de prendre de la hauteur, de voir la musique des Hommes, la musique du monde se dérouler à ses pieds. C’est pour cela qu’au sein du bosquet de ses frères était rendu la justice. Justice sacrée. Décisions prisent par des Hommes, avec pour témoins les compagnons des Dieux.

Se tenir droit. Présent face aux Dieux. Dans la nudité de sa vérité.

Vérité puissante, car authentique.

Sourire des cieux partagé avec les enfants des Dieux.

Sur les sentiers des jours et des nuits, un chant s’élève.

Le chant de la droiture, de la vérité.

Ne pas chercher à dominer, à diriger.

Juste être là, dans toute sa beauté.

La force peut faire peur parfois lorsqu’elle s’exprime.

Et pourtant malgré ce que l’on croit, jamais elle n’est agressive.

Elle bouscule. Elle questionne. Elle interroge les acquis. Ce que l’on croit avoir compris.

La force rend le jugement des justes. Pas le jugement des petits arrangements.

Jamais il ne transige. Jamais il ne plie…

Par son assurance, il est capable de bienveillance.

Pour les petits, les siens et tout ceux qu’il à choisi.

Il n’aime pas sans distinction. Il fais des choix clairs.

Certains lui sont proches, d’autres non… voilà tout…

Malgré les années, le chêne ne perd pas de sa splendeur. Il se tient, toujours fier et droit. Mais le temps passe aussi sur lui, et c’est de l’intérieur qu’il se creuse pour se faire emporter, plus tard, dans la nuit…

L’apparence des forts, c’est aussi une carapace solide, qui ne laisse rien voir, rien paraître. Même si au fond, au centre, se trouve les difficultés de tout un chacun. Les félures, les blessures, qui s’il n’y prend pas garde creuseront son tronc année après année…

La force du chêne, s’est d’être celui sur qui l’on se repose. Sa tragédie, c’est de croire que la force ne réside qu’en lui… Parce que parfois, on a besoin d’un plus petit, d’une oreille, d’un ami…

Witto

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Une roue qui tourne

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Une danse, un requiem. Les jours, les nuits, les saisons, ma vie. Elle tourne et tourne encore cette roue d’éternité. Jamais elle ne cesse, même lorsqu’on la maltraite, d’exister et de tourner. Inlassablement le flot du temps poursuit son chemin. Un chemin qui mène vers l’ailleurs, un autre moment, un autre temps. D’abord vint la nuit, l’obscurité, sombre et profonde. Celle qui, à première vue, ne laisse de place pour rien d’autre. Et bien cette nuit sombre à fait de la place. Elle à laissé de l’espace à une étoile, un jaillissement de lumière. De ce diamant d’obscurité est née une étincelle. Une lumière blanche qui baigne tout, qui nourrit tout, qui dévore tout. Depuis ce moment de partage, la roue c’est mise à tourner. Inlassablement depuis le commencement des temps. Une valse merveilleuse, des amants qui s’enlacent éternellement, tournoyants, dansants et chantants.

Au petit matin, la nuit encore bien présente, on sent que le jour à envie de grandir. Bien avant que le soleil ne montre ses premiers rayons, il est possible de voir clair dans l’obscurité noire. A vrai dire l’un ne cède pas la place à l’autre. Ils se poursuivent. La lumière ne chasse l’obscurité que pour celui qui est immobile. Celui qui reste là pense que le monde tourne autour de lui. Non. En fait l’obscurité poursuit son chemin, tout comme la lumière poursuit son chemin. L’un et l’autre. Parfois l’un dans l’autre aux aurores et aux équinoxes. Rien de bien tranché, et pourtant, malgré tout séparés.

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Une danse, un requiem, les saisons, ma vie. Le froid et le chaud se succèdent au fil des jours et des nuits. Le froid et le chaud se succèdent au fil des saisons. Comme pour nous inviter à nous dévêtir, puis à nous enlacer. Invitation à l’amour, à la sensualité, toujours. L’hiver d’abord, le froid, les nuits plus longues que les jours. Période d’intériorité, d’exploration de ce que l’on a en soi. Période de partage de moments avec les siens, auprès du feu qui réchauffe et illumine. L’hiver est le temps du conte. Dans la nuit, on découvre nos peurs, nos désirs les plus secrets. Dans la nuit on découvre l’autre, au-delà de la vision, au-delà du contenant. La nuit est le temps du réel, du vrai. Pas de vernis. La vieille est là, dévorant les lâches et les menteurs. Qui es-tu à l’intérieur ? Y a t’il un feu qui brûle dans le foyer ? Ou tout est-il aride et desséché ? Voilà les questions qu’elle pourrait poser lorsque le temps est venu. Les yeux ne servent plus. Il faut toucher, explorer, aller à la rencontre de ce qui nous fait. Sensualité d’un moment partagé pendant une nuit enneigée…

Après l’hiver, tout doucement la lumière prend un peu plus de place. Les graines ont pris le froid. Elle se sont suffisamment abîmées pour laisser jaillir la puissance de la vie. Le printemps arrive timidement. Il pousse la porte avec prudence. Mais lorsqu’il sait que le moment est arrivé, il met un grand coup de pied et pénètre tout. La force jaillissante peut alors vivre, s‘épanouir et grandir. La chaleur revient. Il est temps de sortir, et de découvrir le monde. Il est temps de se faire beau, d’aller découvrir sa bien aimée. Le printemps n’est pas le temps de la vérité. Le printemps est le temps de la séduction. Il faut paraître pour courtiser. Sortir nos plus belles plumes, nos plus beaux chants. Il faut impressionner. C’est le temps de la jeunesse, de la vitalité. Parfois il faut se battre pour gagner le droit de boire à la coupe…

La chaleur gagne encore du terrain. L’énergie est à son paroxysme. Le temps du cornu est venu. Il est passé de l’autre monde dans ce monde pour le féconder. Les âmes des morts sont prêtes à se régénérer. Du dessous, il jaillit au dedans. Prêt à dévorer le monde pour pénétrer la terre de son désir insensé. La belle ne peut qu’être séduite. La reine sera conquise. Le roi l’emportera en sa caverne faite d’or et de diamants. Là il l’emportera au pays d’amour, un jour, une nuit, éternellement. La terre sera ensemencée. Une nouvelle générations pourra poursuivre l’aventure de la vie. Croître et grandir, voici les lois du cornu…

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La chaleur étouffe le monde de ses crocs acérés. La vie est en suspend. Parfois les feuilles des arbres sont brûlées. Le roi est maître en sa demeure. Il règne dans toute sa perfection. Il juge et réglemente. Il célèbre ce qui à été fait. Sa nourrice est morte d’avoir donné la vie. Il ordonne la célébration. Un temps d’attente. Plus de guerre, plus de querelles. Il est temps de se souvenir de ce qui à été fait. Un recueillement plein de joie, de partage, de confiance en ce qui adviendra. Le travail à été fournit en abondance alors festoyons à la vue de tous, tant que la lumière est encore présente dans le monde…

La lumière se fait plus chaude au petit matin, mais déjà elle décline. La chaleur retourne à l’intérieur de la terre. Il est temps d’engranger, de rentrer ce qui doit l’être. Les enfants sont nés. Ils vont accroître le cercle de la veillée à la nuit tombée… Pour eux, une première année va démarrer. Pour les anciens, la roue continue à tourner…

Un souffle, une respiration. L’ alternance de ce qui s’exprime et de ce qui inspire.

Witto

Photos : Nadège Vouillemy

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