Sail… Naviguer entre les rochers.

Au fil des ans, une saignée s’est formée.
Au fil des étés, des animaux se sont abreuvés.
Hiver après hiver,
Un instant, puis l’éternité.

Seule, unique est sa source,
Deux sont ses jambes,
Et trois les rochers à enjamber.

Du ciel vers la mère,
De la vie pour la terre,
La vie, ce mystère.

Il passe, le temps, sur l’eau
Il coule, et caresse ma peau.
Monts et vallées sont sculptés
Et tout, à la mère, doit retourner.

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Savoir danser avec le courant de la vie. Ne pas chercher à s’accrocher aux branches que l’on croise dans le flot, car, parfois, elles n’ont plus de vie. Se laisser surprendre. Avancer, reculer. Prendre des détours, se retourner. Suivre le flot de la vie, ce n’est pas simplement aller de l’avant. C’est savoir être souple et dynamique. Se rendre présent à ce qui est. Ne pas se dire que parce que c’est passé cela doit être éliminé… Au contraire, c’est ouvrir la porte à ce qui vient, d’où que cela vienne. Bien sûr il y a un obstacle majeur à la fluidité, au souffle… Le mental, et l’ego, son allié. Lorsque mal placés. Lorsque mal éduqués, ils nous perdent dans les méandres de l’obscurité.

Habitués à ce qu’ils sont, d’instant en instant, ils ne veulent pas changer. La ruse est leur habitude. Elle donne de la matière à la réflexion. On pense, on pense, et on se perd. Changer, rester, bouger, accepter… Tout est matière à manipulation de nos pensées. Un cauchemar peut en résulter. On croit savoir, et on se trompe. On croit se tromper… et on tombe… Parfois on se relève rapidement… Parfois cela peut prendre plus de temps. Mais à chaque fois, ce sont autant de cicatrices à l’âme qui obstruent la vision.

Il n’y a pas de vérité. Il y a ce que l’on décide, et surtout, ce que l’on ressent… Lorsque l’on ouvre son coeur à la force de la vie, alors on est entraîné avec elle par le tourbillon de la force la plus puissante qui soit… Et si on sait se laisser mener, alors, on évitera arbres tombés et rochers.

Rester dans le flot de la vie, c’est faire la lumière sur nos obscurités. Les accepter, les embrasser, mais ne pas hésiter à changer lorsque cela est nécessaire.

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Nombre de roues se sont écoulées depuis notre dernière rencontre.
Un mirage est passé, et nos vies se sont terminées.
Sans savoir, trop longtemps, nous nous sommes ignorés.
Jusqu’à ce que le passage s’ouvre, et que le gouffre finisse par nous achever.

Nous passons nos vies à nous échapper de la prison de notre esprit. Sans le savoir, c’est la vie que nous fuyons. A trop craindre la mort, on perd tout. Chaque instant est important. Il n’est pas dit que le prochain ne soit pas le dernier… Inspirer, expirer, puis plus rien… sauf les regrets…

Alors oui, embrassons la mort pour épouser la vie. Ne soyons pas chiche ni dans ce que l’on donne ni dans notre capacité à recevoir. Le temps passe inexorablement. Le temps avance à pas de velours. Il se fait discret, pour ne pas nous effrayer, et lorsque l’on se retourne, tout s’est effacé.

L’on dit que la mort est le milieu d’une longue vie. Il n’y a rien de plus vrai. Chaque instant consiste à mourir à celui d’avant. Lorsque l’on à des enfants, cela est très clair. Chaque moment raté ne peut être rattrapé. Le bébé, tenant au creux de nos bras nous parle, puis marche… puis s’en va…

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N’oubliez jamais cela lorsque vous êtes avec ceux que vous aimez…
Le vent souffle dans les rochers.
Au creux de la mère, je viens me protéger.
Des arbres menacent de se rompre au dessus de moi.

Un chant de la terre me dit que cette colère n’est pas pour moi.
Dans le ciel vole un Faucon.
Il s’élève à en toucher les étoiles.
Son cri éveille les assoupis.

Il joue avec les nuages et les tisse
Il court avec le vent, et se joue de lui.
Il observe le monde comme le soleil au dessus de tous.

Son vol est comme une danse infinie,
Un chant de silence, une âme dans la nuit.
Plus rien ne l’atteint. Là haut, il n’y a plus de bruit.

Witto

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L’amour d’une mère (Fern)

A peine tient elle debout cette petite créature fruit de l’amour. Les pieds nus dans l’herbe, elle trébuche à chaque pas, mais se relève dans la joie. Les bras ouverts, elle court pour embrasser sa mère. Pleine des forces de la vie à son commencement, elle ne pense pas une seconde à autre chose qu’à la tendresse de cette maman. A la joie d’être dans ses bras. Serrée tout contre son coeur, et se dire que là, dans les bras de maman, il n’y aura jamais rien à craindre.

Une mère au sourire éclatant comme le soleil, lui tend les bras près du pommier.

Le monde est témoin de cet amour d’une nature presque irréelle qui se hisse au niveau des astres, et dont la force est telle qu’elle est de même nature que celle qui fait se mouvoir les étoiles.

D’un seul regard, se sentir aimé et protégé.

Dans le ventre de sa mère, là, témoin silencieux du monde, pendant neuf mois, grandir, se construire. La magie de la vie, au coeur de cette maman. Un miracle de la nature, la magie à l’état pur.

Un bouclier, un saut de lait. Une mère qui protège son enfant. Un père part à la guerre pour protéger ce qu’il aime. La protection du coeur, de ce qui est véritablement important. La protection de la vie, de l’amour, de la joie et de la nature. Protéger ce qui nous fait grandir, et qui nous aide à nous épanouir. Protéger. Non par intérêt, mais par pur élan du coeur. Une mère devient féroce pour ses enfants. Elle ne cherche pas à conquérir. Elle cherche à maintenir ce qui est propice à la vie.

Une enfant bientôt femme. Elle grandit, et sera bientôt prête à aimé son propre enfant. Pleine d’insouciance, elle sourit au soleil. Pleine de joie, et d’impudeur, elle saute nue dans les rivières près de la maison, sachant bien que tant que maman est là, rien ne peut lui arriver.

Elle grandit, et devient bientôt mère. A son tour, elle connaît cette joie de voir le font brillant de son premier garçon.

Protectrice et aimante, elle veille sur les siens.

Avec le temps, des cheveux blancs apparaissent avec délicatesse dans sa belle chevelure noire. Elle veille toujours sur ses enfants, et sur ses petits enfants qui courent près du pommier. Maintenant assise près de la porte d’entrée quand arrive l’été, elle veille à ce que tout se déroule pour le bien de chacun. Malgré l’âge qui avance, elle sait garder dans son foyer l’équilibre, la paix et la tranquillité.

Assise dans la cuisine, au plus proche du foyer, c’est toute la famille qui veille maintenant sur l’aînée. Bien qu’elle ait du mal à marcher, c’est d’un œil affûté qu’elle voit tout ce qui se déroule dans la maisonnée. Et malgré sa discrétion, sa présence averti chacun qu’il y a, en ce lieu, encore un gardien.

Allongée dans son lit de bois, les yeux fermés, elle à le visage radieux. Bien que son âme se prépare pour un long voyage, la mémoire de cette vieille femme habitera encore pour longtemps ces lieux. Près d’elle, ses enfants parlent de son souvenir, gravé à tout jamais dans le coeur de ceux qui l’ont tant aimé.

A chaque étape de sa vie, cette mère à été porteuse de cet amour qui garde et préserve. La protection de la mère, c’est l’expression du coeur qui défend ses enfants. C’est l’amour qui anime ce bouclier ardent.

Une protection surnaturelle. Se sentir aimé et enveloppé. Une sérénité qui donne confiance en soi, et qui permet aux petits de devenir grands, et d’ être capable de faire face aux vents les plus violents.

Pour faire de grands Hommes, il faut de grandes mamans. Et elles sont légion dans ce monde où l’amour à tendance à déserté… L’équilibre se rompt tout doucement, et elle sont les dernières gardiennes qui préservent, pour un temps, l’éventualité d’un monde qui puisse encore aimer…

Avec l’ogham Fern, il va s’agir de protéger, mais dans le sens maternel. Il n’est pas nécessairement question de sortir au dehors pour se battre contre l’ennemi, ce qui serait plutôt un mode masculin, dynamique, actif. Ici, il s’agit plutôt de protection par conservation. La nuance est importante, et nous ramène à la dynamique systématique que l’on trouve dans la tradition Celtique entre les pôle masculins et féminins de l’existence.

Toi qui vient en ce lieu,
Saches que parmi les Dieux,
Danse une reine de lumière,
Qui toujours veille sur la terre.

De tous, elle est la mère,
Avec ses longs cheveux clairs,
Elle exauce tous les vœux,
Et veille les amoureux.

Elle connaît la magie du fer,
Et n’a pas peur de la guerre.
Elle allume le feu dans les coeurs,
Et apaise les douleurs.

Elle chante au coin du feu,
Quand vient l’heure de l’hiver,
Elle danse dans les rivières,
La reine de toutes les mères.

Witto
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Le feu de l’inspiration (Luis)

Une flamme vacille dans ma tête. Elle bouscule mes pensées les plus secrètes, les plus enfouies. Une brume obscurcie ma vue. Elle s’infiltre dans chaque parcelle de mon être. Confusion, chants d’un autre temps, échos d’une image sans nom…

Une flamme brûle dans ma tête. Les ombres de mes pensées emplissent la plaine, les forêts. Les villes et les routes disparaissent. Effacés de l’existence, et remplacés par d’anciens bois, jamais explorés.

Une flamme brûle dans ma tête. Je crois qu’elle va me faire exploser, mais en fait, elle me fait danser. Cette flamme calcine mes vieilles pensées, mes certitudes, mes envies… Aujourd’hui nu sur la braise, elle me fait chanter.

Cette flamme qui brûle dans ma tête, c’est celle qui me fait avancer. Cette flamme dans ma tête, c’est celle qui guide mes pas. Parfois, à trop souffler dessus, elle brûle ceux que je croise, mais jamais il n’était question de faire de mal à ceux-là.

A vouloir la faire taire, elle se faire rage. A vouloir la diriger, elle me met en cage.

A vouloir la faire mienne, elle me donne en offrande. A vouloir devenir sienne, elle me crache au visage.

Elle m’enseigne à cesser de vouloir. Elle m’enseigne à laisser de côté et la peur, et le courage.

Elle m’enseigne à me taire. Elle m’enseigne à vibrer. Elle m’enseigne…

La voie, la vie auprès de cette flamme dans la tête n’est pas toujours un chemin des plus doux.

Parfois rocailleux, froid ou solitaire…

Souvent la flamme se terre sous les pas de l’aventureux. Sans crier gare, elle l’habite un instant, et le voilà couché au creux d’un arbre, chanter au vent.

Je vois souvent de ces flammes briller en certains lieux. Lieux de lumière. Lieux anciens. Parfois oubliés, mais toujours bien vivants.

Au creux de l’arbre monde, je me laisse consumer. Je me laisse envahir par cette douce chaleur. Je me laisse envelopper, et je renonce à résister…

Là, je m’endors sous le firmament. Les étoiles tissant entre elles la trame des destinées. Témoins de cela, observateur du monde et du temps. Ici, je croise des nains et des géants. La belle aux cheveux d’or devient ma nourrice, mon amante, et m’enseigne à voir la douceur et l’éternité de la vie. Ici, je vois le guerrier aux cheveux de sang, seul contre un monde, se dressant pour l’immortalité. Ici je vois le passé et l’ à venir… Ce qui est… Ici, je vois le tout et le rien. Le haut et le bas. L’endroit et l’envers…

Un monde au travers d’un autre. Un monde qui reflète ce que l’on est, et ce que l’on croit être. Un monde qui prend vie grâce à cette petite flamme qui fait chanter et danser. Cette petite flamme qui permet la magie, et qui donne au poète le pouvoir d’être inspiré.

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Purification (Beth)

Beth (Ogham)

Se libérer de ce qui pèse. Abandonner l’inutile afin de pouvoir prendre un nouveau chemin. Abandonner ce qui fait mal, ce qui n’est plus, afin de pouvoir inviter en soi un peu plus de joie et de bonheur. Se prémunir de ce qui use, et qui empêche de voir la lumière au coeur de la nuit noire.

Il est temps de se libérer de nos fardeaux, et de retrouver la légèreté, l’insouciance, l’envie d’avancer, de s’envoler.

Et bien plus que cela, Beth nous propose de nous libérer de tout ce qui pourrait nous atteindre, de tout ce qui pourrait nuire à accomplir notre destiné.

Premier des Oghams, gravé sept fois sur une branche de Bouleau en guise de protection, Beth permet d’éviter les piège, les obstacle, de garder la tête froide, de rester lucide sur le chemin à parcourir. Beth nous emmène sur la voie, et veille à ce que la lumière éclaire nos pas quelle que soit l’obscurité du passage que l’on à choisi de prendre.

Alors non, ce ne sera pas plus facile. Ce ne sera pas forcément plus doux tant que nous n’aurons pas décider de changer de chemin. Mais en attendant, Beth permet de trouver la force et le courage de dépasser les difficultés et l’adversité, afin de nous permettre l’opportunité d’être plus fort et de nous entraîner au courage.

Beth est comme une présence dans la nuit, au dessus de notre épaule, elle veille sur nous. Nous faisant croire… et savoir… que notre destin est à notre portée. Il nous fait savoir que nous pouvons avoir confiance en la vie pour nous mener là où nous devons aller. Guidé par le destin, et par les ancêtres qui nous accompagnent si nous les honorons comme il se doit. Nous sommes accompagnés, guidés, portés par cette force surgit du passé et qui fait de nous ce que l’on est aujourd’hui.

Lorsque l’obscurité se trouve derrière nous et que l’ on commence à sortir de la période sombre, alors, il nous est permit de prendre un autre chemin. En voyant plus clairement ce qui nous est proposé, nous pouvons choisir la voie de la moindre aspérité. Etant sortie de cette obscurité troublante où les cailloux et les racines nous empêchaient d’avancer à notre guise. La lumière se faisant plus grande, le chemin devient plus doux. Bientôt l’herbe fraîche aura remplacée les pierres tranchantes. Au loin, le rire des enfants. Le plaisir de la compagnie, et la chaleur des coeurs retrouvés. Non, il n’est plus nécessaire de se heurter à la difficulté…

Et alors, puisque l’on est passé par l’obscurité, Beth adoucit notre voie. Ecarte les obstacles, et nous permet de danser à la vie, de chanter avec les oiseaux et de courir avec les biches.

Purifié par l’eau de la source de toute vie, on se retrouve comme ce nouveau né… Au creux d’un arbre, il dort paisiblement. Le printemps arrive, et les doux rayons du soleil caressent ses joues gonflées de joie et de nouveauté. Les papillons virevoltent autour de lui. Réveillé par la musique de la vie, curieux, il regarde avec passion cette danse féerique, observe les oiseaux se poser près de lui sans aucune crainte. La nature semble saluer sa présence.

Il entend et comprend ce qui l’entoure. Il sait le souffle du vent, le murmure du ruisseau. Il connaît le mouvement des oiseaux, et les énigmes du feu. Il comprend ce qui à été et sera. Il voit cette homme maître du feu le recueillir et l’élever. Lui permettre de devenir ce qu’il à toujours été…

Au coeur de la forêt est né l’enfant au front blanc.

Witto

 

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Rin, mystères du monde…

Mystère, souffle et murmure

Un indice, pour trouver la source…

Dans le reflet noir du monde des eaux.
Sous l’écorce d’un blanc bouleau
Le mystère sommeil à l’abri de la vue du profane.
Dans le pas des chevaux, sur les ailes des oiseaux,
Il se cache au creux de la fleur qui jamais ne fane.

Il vole entre les mots, le silence est son berceau,
Un trait en contient deux, et deux n’en contient plus.
Il égare où l’on croit le trouver. Il fait face à la fuite,
Et fuit la face du commun, comme pour mieux le retrouver.

Il est présent dans le monde, et jamais ne le quitte.
Une ombre en plein soleil, dans la chaleur de l’hiver.
Le droit se trouve en vers, plié par le poids des années.
Dans les creux il s’élève, et sur la terre, il flotte de toute éternité.

A tout jamais absent de la bouche de l’ignorant,
A tout jamais muet, à l’oreille de l’arrogant.
Prendre sagesse pour folie, et folie pour sagesse,
S’emmêler dans les « on dit », abandonner ce qui grandit.
Sans arrêt il frappe à la porte du cherchant.

Les mystères se cachent dans la vie. Ils se trouvent dans la nuit. Pour les découvrir, et les faire venir à soi, il ne suffit pas d’un ou même de quelques livres. Il ne suffit pas d’être plein d’assurance et de savoir convaincre. Pour que le souffle des mystères caresse la peau de notre âme, il n’y a rien à accumuler. Mais beaucoup à abandonner.
Et en premier lieu, les certitudes. Arrêter de juger. Arrêter de croire, et commencer à voir… Il ne suffit pas d’entendre, il faut aussi écouter. Et pour pouvoir voir, il faut d’abord regarder…

Rien n’est vrai, rien n’est faux… Mais au milieu de toutes les gesticulations des Hommes, il se trouve, quelque part, et pour certains, ce qui est juste.
Ce n’est pas forcément le plus doux, le plus agréable. La rivière, quand elle descend de la montagne ne se contente pas de couler tranquillement. Elle creuse la roche, et charrie arbres et rochers. Elle taille la géographie, afin d’ y faire sa place.
Le saumon pour la remonter, et redécouvrir le lieu où il est né, doit jusqu’à la mort lutter, et combattre encore et encore, avant de se reposer.
La vie est comme une rivière entend-on souvent… Le profane la descend. L’initié doit la remonter…

Pour s’éloigner de la quête, il suffit d’opter pour la facilité…

Witto Laïloken

 

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Un souffle dans le silence (Ogham Uir)

Un voyage dans le monde des oghams

Uir, la mort…

Le silence… Un vent frais souffle dans la cime des arbres. La nuit commence à tomber. Au loin, les loups hurlent pour appeler le voile sombre sur la terre.

Le silence… Le crépitement d’un feu nourri du bois de sept forêts. Près du feu, un jeune homme. Pas encore très vieux, mais suffisamment pour connaître la crainte, l’inquiétude à ce que sera le jour d’après… Du moins, si le jour d’après arrive bien…

Le silence… Puis le cris des animaux. Oiseaux nocturnes, rongeurs, renards surtout. Autant d’êtres qui attendent la nuit pour sortir de leur cache, et se montrer aux lueurs de la lune.

Le silence… Silence d’un vieille homme… Un homme sans âge. Il était là au commencement des temps. C’est du moins ce que l’on peut penser en voyant sa longue chevelure argentée… La face burinée par les années, il a connu les anciens temps, les temps de magie. Un temps où l’honneur était une vertu, et la parole donnée était sacrée… Un temps où la vérité était palpable dans les creux des arbres, parce que les Hommes étaient encore capable de voir et d’entendre. Non encore encombrés par l’image qu’ils reflètent dans le monde.

Un ancien, c’est comme cela qu’on l’appelle au village. et le jeune garçon est parti avec lui un soir d’été alors que les soldats d’une armée étrangère étaient occupés à brûler, piller, assassiner… Violer…

Ses parents gisant sur le bûcher de leur demeure écroulée, le petit garçon d’alors n’avait d’autre espoir que celui de suivre cet homme qui lui promettait une solitude moins rugueuse à vivre…

Le silence de la forêt, bien qu’étant interrompu régulièrement par ses habitants, était une lumière à laquelle s’accrocher pour le jeune homme qui cherchait à faire le silence dans sa tête. Il entendait les hurlements, le pas des chevaux fracassant la terre, le vacarme des flammes qui emportaient les maisons. Le silence… Voilà ce qu’il cherchait. Le silence, et puis la paix. Une paix qu’il pensait inaccessible. Alors il se tourne vers le vieil homme, occupé à scruter les flammes comme s’il y voyait les destinées du monde.

-Dis-moi : N’y a t-il que la mort pour trouver un peu de paix ? N’y a t’il que le néant pour trouver un peu de silence dans ce monde plein de haines et de peurs ? La fin, la mort, n’est elle qu’un trou béant dont on n’ a simplement qu’ un aperçu ici sur terre, parmi les Hommes méchants ? Le désespoir prend t-il fin lorsque tout est terminé ? Trouve t-on la fin de la souffrance quand le monde cesse de tourner ? J’ai peur des loups qui hurlent dans la vallée, mais la mort m’inquiète bien plus en cette soirée d’automne où je vois bien autour de moi le monde mourir lui aussi… Si je meurs, penserai-je encore à mes parents ? Leurs souvenirs s’éteindra t-il avec moi ? La mort est-elle la fin de tout ce qui est souffrance et de tout ce qui est bon ?

Le vieil homme sorti de ses visions continue pourtant à regarder les flammes dansées. Il se redresse. Avec une branche, arrange les bûches en laissant des étincelles s’envoler vers les étoiles, comme des petites fées libérées de leur emprise terrestre. Autorisées à retourner en leur demeure bien aimée… Avant de s’effondrer plus loin dans un creux de la terre, leur rêve avorté…

– La mort, la fin… Nécessaire. Nécessaire pour mettre en mouvement. Nécessaire pour transformer le vivant. « La mort n’est que le milieu d’une longue vie… «  Voilà ce que me disaient les anciens alors que j’étais bien jeune… Le milieu d’une longue vie… Ma vie aujourd’hui est bien longue. Et pourtant, j’ai vécu quantité de morts. Je ne cesse pas de vivre, et pourtant j’ai fais le deuil de moi-même autant de fois que le jours s’est levé sur ces arbres…

Non, la mort n’est pas la fin. La mort, c’est une transformation. Il faut savoir dire adieu à l’ancien pour accueillir ce qui doit advenir.

Ce qui fait peur, ce n’est pas de mourir, c’est de ne pas savoir… Et avec cela, il faudra que tu vives. Beaucoup disent « beaucoup » et se gargarisent de leur savoir, alors qu’ils ne font que chercher à être rassurer… et parfois à dominer… Non, l’inconnu restera inconnu jusqu’à ce que la vie fasse se dévoiler le mystère. Mais alors, cet inconnu se sera volatilisé vers un ailleurs, inaccessible pour les Hommes. Impalpable le mystère de la mort. Fascinant autant que dérangeant…

Après la mort, ce n’est pas le « rien » qui nous attend… C’est un « autre chose », un « ailleurs ». Sous une autres forme, c’est continuer à voyager… Et revenir, continuer, changer, se transformer comme le papillon qui se libère de son cocon afin de continuer à propager la vie.

La douleur, les blessures ne disparaissent pas. Elles seront là, toujours présentes. On ne se défait pas de ce qui nous à fait. Mais avec elles, on change, on devient ce que l’on doit être… Si l’on accepte de changer, de quitter. Avec le temps, et avec l’entraînement, cela deviendra plus évident. Néanmoins, les difficultés seront toujours dans ton coeur, parce que tu es un être aimant. Les émotions, les douleurs te tenailleront encore et toujours. Ce qui changera, c’est ce que tu fais malgré tout… Parce que lorsque tu comprends, tu ne tombe plus dans le trou, mais tu apprends à sauter par dessus. Le trou est là, tu peux le regarder, sentir sa présence. Néanmoins, il ne t’empêche plus d’avancer.

Pour découvrir ta destinée, il te sera nécessaire de quitter souvent ce que tu connais. La tristesse de tout quitter sera remplacée par la confiance de ce qui t’attends de l’autre côté.

Mais ais toujours du respect pour la mort, pour la fin des choses. Ne prend pas cet air arrogant qu’on certains, croyant qu’ils ont atteint je ne sais quelle merveille parce qu’ils font croire au monde qu’ ils ne souffrent plus. Bêtise que cela, et mensonge. Ne te laisse pas tromper par toi-même. Vis, ressens… Mais poursuis… La se trouve ta grandeur.

L’automne permet à l’hiver de prendre sa place, qui lui-même va donner sa puissance et sa beauté au printemps. Tout est lié, rien n’est séparer. Les larmes que tu as pu faire couler par le passé sont autant de rivières irrigants ton présent. Il y a du beau à semer, à découvrir et à chanter. Parfois, c’est dans le silence qu’il faut le vivre, mais dis-toi que toujours, la joie, dans ton coeur, tu peux faire germer.

– Alors il n’y a rien à craindre ?

– Non, rien à craindre… Sauf que le feu s’éteigne. Vas nous chercher du bois sec…

Witto

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Onn (Ogham)

Un voyage dans le monde des oghams

Onn, le mouvement…

Se mettre en mouvement, et chercher son chemin. Apprendre à naviguer sur le flot de la vie. Apprendre à suivre le vent, ou aller à contre courant. Apprendre à s’oublier, parfois, parmi les gens. Découvrir la solitude au détour d’un grand chêne. Grimper, suer et découvrir les sommets. Ou plonger, se laisser emmener dans de profondes vallées.

Parfois, au bout de la terre se trouve la mer. Il n’y a alors qu’a s’asseoir et contempler le soleil en train de se coucher. Dormir là, et attendre d’être emporté vers d’autres contrés…

Au sommet des arbres, parfois un corbeau tentera de discuter avec toi, de te faire aller ici ou là… A toi d’apprendre à entendre, à écouter. La magie se découvre alors que l’on ne choisit pas. La magie se découvre alors que nos pas nous guident vers le moins évident. Partir à l’aventure, à la découverte du monde. Le monde de ses peurs, et aussi de ses envies.

Des fois il y a du remords à avoir pris ce chemin tellement difficile. Parfois, il y a du regret à ne pas avoir pris cette autre voie qui se présentait à nous avec, au loin, des pommiers pleins de fruits. Mais alors, de temps en temps, un corbeau au sommet d’un arbre, tentera d’apaiser ta peine ou ta colère, te dire qu’il suffit d’avancer de trois pas pour voir que ce choix n’était pas le plus mauvais.

Tout la haut, près du soleil, un faucon tourne et voit le monde… Lui, il sait… Il sait que nous sommes tous sur ces sentiers, à nous croiser, nous décroiser, à tenter de trouver la voie du bonheur. Il sait que nous souffrons de prendre trop au sérieux notre incapacité parfois à faire les bons choix. Il sait qu’il nous suffirait parfois, de nous arrêter, de fermer les yeux et… Mais voilà… on avance, on cherche et on se cogne. Parfois on trouve. Parfois on va trop vite, parfois pas assez. Parfois on n’abandonne pas, parfois on s’accroche à s’en écorcher le coeur. Parfois on ne comprend pas ce souffle, l’appel du sens, l’appel de la vie…

La vie est un jeu, une opportunité. La vie est une invitation à chaque instant à découvrir le monde dans ses plus belles profondeurs, et ses plus terrifiantes sensations… Jouir de la vie. Lui sourire, et avec elle grandir… Rien n’est faux, rien n’est vrai de là où regarde le corbeau… Il y a ce que l’on veut vivre et expérimenter… Au bout du sentier, se tient notre destinée… Va t-on l’embrasser ou la refuser ?

Witto

 

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Ailm (ogham)

Un voyage dans le monde des oghams

Ailm

Au coeur de l’hiver, au coeur de la terre, la vie se rassemble, la lumière de toute éternité se prépare à enfanter. Au coeur des forêts, il est des arbres toujours couverts de leur manteau vert. Le pin, le sapin. Arbre de feu, de lumière, et qui, paradoxalement, ne laisse pas pousser grand-chose sous lui.

Il contient la lumière intérieure, le feu spirituel, à l’oeuvre partout, et en tout. Sous lui rien que l’ombre, l’obscurité, le froid et l’aridité… Peut-être pour égarer le curieux qui se tromperait quand à la manière de voir et de chercher… Il ne s’agira pas de se laisser prendre par les artifices, mais de savoir regarder, sentir, au coeur des choses… Car c’est la que se trouve le véritable trésor.

Il est majestueux, s’élève droit vers le ciel, et garde en lui, toute l’année, dans ses branches, ses feuilles et son tronc, le message de l’univers. Il est de feu et de lumière.

Il brûle aux alentours du solstice d’hiver, afin d’annoncer le venue du jeune soleil. Il est alors le symbole de la régénération, de la renaissance, de la venue dans ce monde de ce qui s’était réfugié de l’autre côté.

Ailm, représenté par le pin, le sapin, correspond à la lettre « A », la première des voyelles, le son primordial. Celui du cri du bébé qui arrive dans le monde des hommes, et celui des Hommes lorsqu’ils expirent leur dernier souffle, afin de rejoindre le monde des âmes.

Ailm est l’ogham des commencements, autant visibles qu’invisibles. Les débuts sont aussi des fins. Les naissances sont des morts, et les morts, des naissances. Il est la porte, le témoin et l’acteur des passages. Il est l’ogham de l’initiation, dont le principal aspect est un changement radical, et essentiel. On ne sort pas du trou tel que l’on y est entré…. Sauf à avoir joué , et à s’être trop accroché à ce qu’il aurait fallu lâcher.

Ailm est la petite lumière, sortie de nous à l’entrée dans la tombe, et qui attend à l’extérieur que l’oeuvre se fasse, afin de reconquérir notre coeur, changé par l’expérience de l’abandon, de la solitude, du froid, et du sec…

C’est l’ogham de la force primordiale, qui donne vie et mouvement à toute chose créée. C’est l’énergie de la mise en ordre, de la construction d’un « autre chose ».

Lorsque l’homme et la femme se rencontrent, l’oeuf est fécondé. A cette instant, tout les potentiels sont présents. L’infinité de l’univers se retrouve à tournoyer en un point, au coeur du ventre d’une femme. L’étincelle de la vie a jailli. Sa puissance est colossale. Un cosmos se créé, une mise en ordre de la matière, afin de donner la vie, la faire grandir, la faire s’exprimer en un être, fruit de l’amour, de l’union des deux principes de la création. L’eau et le feu, le masculin et le féminin…

Il faudra en moyenne neuf mois pour que l’oeuvre soit complète dans la discrétion d’un ventre chaud et accueillant. Neuf mois pour qu’un enfant puisse naître et faire la connaissance duelle de ses deux parents.

La naissance physique de cet enfant, une apparition dans le monde du froid, est une mort à ce qu’il était avant. Ne dit on pas que la naissance, pour un nouveau né, sera le premier traumatisme de sa vie ? Et pourtant, cette mort est nécessaire pour que ce nouvel être puisse exprimer ce qu’il est, le dire au monde, le donner à la terre et à l’univers.

Un autre chemin… Neuf mois et deux naissances, deux expression de la vie. La première, toute intérieure. Faite de ce qui fait naître les galaxies et les étoiles. La seconde, toute humaine, pleine de fragilité, d’efforts et d’émotions…

Une porte, un passage au milieu d’une longue vie. Il s’agit ici de connaître le changement, de naître avec lui, de ne pas lutter contre ce qui ne peut être évité. De passage en passage, dans nos vies, on grandit. On se façonne, et on devient ce que l’on est. Enlever ces peaux qui nous pèsent, afin de se défaire de tous ces conditionnements qui nous enchaînent. Voilà peut-être l’essence de ce que peut être un chemin…

Ailm est une petite lumière, un feu ardent, qui peut nous aider à franchir ces portes qui nous font si peur… Parce qu’elle signifient le changement.

Witto

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Ruis (ogham)

Un voyage dans le monde des oghams

 Ruis 

Un coeur qui saute dans la poitrine d'un géant
Il marche sur la terre, à travers le vent,
Trace les plaines et les montagnes,
Arrache le monde, et le transforme selon sa danse et son chant.

Un coeur qui fait fondre le soleil du monde,
Un coeur qui pénètre les plus insoupçonnés secrets de la terre.
Un coeur qui pleurt, qui hurle et qui saigne.
Un coeur qui jubile, qui célèbre et qui aime.

Le monde de la passion, de l’effervescence, de l’extase, du feu sacré. Ruis nous parle de ce qui monte à la tête par le coeur. Ruis nous parle de ce qui nous fais chavirer, d’un sens ou de l’autre. Il n’y a pas de demi mesure ici.

Ruis, c’est la vie croquée à pleine dent. C’est le monde de la charge héroïque, de la démesure. La passion et la fougue qui se déchaîne dans le coeur de jeunes amants. La force et la puissance de celui qui se bat pour une cause qu’il croit juste.

Tel un feu qui monte et qui éclate avec vigueur, l’ énergie de Ruis peut amener le feu de la colère. C’est la même énergie qui va mettre le feu dans la tête de l’ovate lorsqu’il part en extase vers d’autres cieux, d’autres obscurités.

La colère, la passion, la fougue sont mises de côté dans une société aseptisée. Ces qualités sont l’indice d’un être que l’on ne peut contrôler, qui est prêt à tout dévaster pour ses idées, les êtres aimés, un plus faible, une terre à protéger.

Ce qui ne peut être normé sera écarté, honnit, discrédité… Les excès n’ont jamais bonne presse parce qu’ils sont l’expression de la pulsion de vie à son état pure.

Et alors, petit à petit, l’on essaie de se conformer, afin de ne pas se faire écarter du monde des Hommes, qui nous est imposer. Alors, on devient raisonnable, on s’intègre, et petit à petit, la passion s’échappe… On s’écrase devant la volonté du plus grand nombre, devant l’envie du monde de rester tranquille, et de toujours tourner rond. Ne pas être déranger, ne pas être remis en question, ne pas questionner. Bientôt, on devient nous-même les censeurs de ce fascisme mou qui empêche toute expression de ce qui pourrait être libre et déchaîné.

Dé-chaîné… ne dit on pas de quelqu’un qui est plein de passion qu’il est déchaîné ? Sans chaînes ? Mais comment pouvons nous admettre de vivre la majorité de nos vie enchaînés, et seulement, de temps en temps, de sentir le besoin de s’excuser d’avoir pété les plombs parce que la contrition se faisait trop forte ? Comment peut-on accepter d’être si peu vivant ?

Se soucier du regard de l’autre, de ce qu’il pensera de nous est un moyen de nous intégrer, de faire partie d’une tribu, d’une communauté. Le drame, c’est que, trop souvent, l’on n’a pas conscience de nos mécanismes intérieurs, et l’on se sent libre, alors que nos attaches sont encore bien lourdes… Il sera d’ailleurs bien difficile de s’en défaire tant que l’on ne se regardera pas d’abord dans un miroir avant de juger l’autre de tout les mots.

Se déchaîner, libérer le feu, Vivre, c’est bien, important, et essentiel. Néanmoins, si des gardes fou dans nos psyché existent, ce n’est pas sans raison. La passion, lorsqu’elle est livrée à elle-même, que ce soit sous la forme d’un attachement sensuel puissant, ou de la colère, peut tout emporter sur son passage, sans aucune distinction. Le monde peut alors sombrer dans les flammes, nous ne nous en rendrons pas compte, parce que note cause, notre sentiment sera alors le seul à avoir de raison d’être.

Le feu doit être nourrit, mais la lucidité doit être entretenue, afin d’éviter de sombrer. Exercice de funambule, mais indispensable. Il ne s’agit pas là d’avoir l’air équilibrer vis à vis d’autrui, et de paraître, mais de vivre cet équilibre en soi, afin de tenter, effort après effort, de toucher du doigt, un peu plus à chaque fois, l’Etre. Plonger ses racines profondément dans la terre, et atteindre les étoiles, les bras levés lors de nos prières.

Un moyen traditionnel d’exprimer ce feu, et l’énergie de Ruis, c’est lors de l’extase. Le moment où la tête, le mental se déconnecte et où il est possible d’accéder à d’autres mondes. On largue les amarres, et on part. Avec la nécessité, comme toujours ici, de bien prendre garde à ne pas se faire emporter et dépassé par le flot de ce qui est réveillé. Encore et toujours, il s’agira d’être capable de lucidité, afin de ne pas se faire broyer…

Cuchulainn, alors que le feu brûle en lui, est trempé dans trois bains d’eau afin de parvenir à le calmer. L’eau du premier bain s’évapore au contact de la chaleur du héros. L’eau du deuxième devient chaude à tel point qu’elle fait de gros bouillons. Le troisième, enfin, lui permet de revenir à un état « raisonnable »…

Le feu de Ruis, à manier avec prudence…

Witto

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Straif (Ogham)

Un voyage dans le monde des Oghams

Straif

Avertissement : Les Oghams ont évidemment des significations bien plus étendues que ce que je présente ici. Le but n’est absolument pas d’être exhaustif, mais de capter le souffle lorsqu’il est présent sur un thème. Cherchez, creusez, explorez, c’est la seule voie… Ici, on va faire râler les anxieux  😈 Bonne lecture.

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Des épines dans le coeur, il cherche son souffle.
Un matin d’automne, le froid pénètre son corps.
Il rampe sur le sol humide.
Il s’ éteint, se fond, dans le gouffre béant.

Une colombe blanche s’élève du sous-bois.
Elle cherche le ciel, sa demeure éternelle.
Un renard la regarde s’élever,
Son espoir à lui s’est envolé.

Le souvenir du goût du sang,
Mais rien que du vent.
Il est toujours là,
Mais peut-être, pas pour longtemps…

La mort, la souffrance, la déchéance, la maladie, l’impuissance. Les dures leçons de la vie. Elles ne sont jamais souhaitées. Elles sont même, la plupart du temps écartées, évitées… Mais elles arrivent immanquablement, tôt ou tard…

Straif n’est pas un Ogham de la joie et de la gaieté. Straif est un Ogham pénétrant. Un Ogham difficile à porter… Pour transformer le plomb en or, il faut calciner, écraser, chauffer, savoir endurer…

Dans une forêt ancienne, des crânes et des os sont accrochés aux branches. Ils préviennent le passant que la poursuite du chemin ne sera pas sans risque. De grandes giclées de sang recouvre les arbres. Les ombres sont en leur domaine. Ici l’espoir est mort il y a bien longtemps. La lourdeur des malheurs, des souffrances se ressent jusque dans l’écorce des bois tombés lors du dernier grand coup de vent.

Les oiseaux se taisent ici. Des corbeaux veillent, et guettent les cadavres aventureux…

Une vieille hante les lieux. Elle est faite de racines épaisses et de branches de prunellier. Ses épines acérées font crever tout ce qui s’approche trop près. Elle ne se protège pas parce qu’elle a trop souffert. Non… Elle n’aime simplement pas ce qui vit. Dure et sans vie, elle s’abreuve au coeur des enfants. Elle n’est pas émue par la jeunesse ou la beauté… Elle se traîne, dans cette forêt sombre. Elle est grande, inquiétante. Elle va vite, et elle voit loin…

Elle connaît le coeur des Hommes parce qu’elle n’est pas obscurcit par les sentiments de tout un chacun.

Elle est maîtresse de la sorcellerie la plus sombre. Elle accompagne les mouvements de haine et de violence. Elle jouit de la souffrance des Hommes. L’oeil brillant, la pitié n’est pas au menu de ses appétits.

Non, ici, au-delà de la nuit, est la demeure de la douleur la plus enfouit, la plus secrète. Il n’y a rien à attendre de ce lieu hormis la mort…

Même les bêtes ne veulent pas des fruits de cette terre. Ils serrent la gorge, et font s’étouffer les imprudents.

Il n’y a qu’un chemin qui mène à ce bois. Rien n’indique où l’on va. Rien ne dit ce qui nous attend là. Seuls des cadavres éparpillés indiquent au passant qu’ici, il n’y trouvera rien de réjouissant.

Néanmoins, parfois, d’étranges personnes s’aventurent en ce lieu de douleur. Elles y mettent le pied, souvent par égarement. Elles s’y perdent, et y sont tourmentées, souvent. Certaines n’en sortent jamais, se heurtant à l’odeur putride qui émanent des creux faits dans le sol par les racines d’arbres abîmés.

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Au coeur de cette forêt, a proximité du lieu où se repose la vieille, il est une source extraordinaire. Elle est sombre, comme le reste de l’endroit. Elle sent l’oeuf pourri à des kilomètres à la ronde. L’eau qui en sort ressemble plus à une boue rouge comme le sang, qu’a un liquide bienveillant. Elle donne la nausée à nombre d’imprudents, qui meurent là, souvent de folie, et parfois seulement de soif.

Mais cette source immonde, aux apparences repoussantes, garde en son coeur un secret. Même les corbeaux, à son sujet restent muets, mais il est un fait.

On raconte que parfois, une fois ou deux par siècle, il y aurait de ces imprudents qui arrivent à sortir de la forêt. Non par le chemin qui les y a amené, mais par un escalier de terre, qui passerait entre les entrailles de vieux rochers. Il y aurait là une issue, mais on n’entend jamais parler de ces chanceux, ou courageux personnages.

Il y a bien un vieux souvenir qui est écrit quelque part dans un vieux livre bien plus anciens que la plus vieille des mémoires.

Il y est écrit, à ce qu’il paraît, qu’un jour, un de ces rescapé de la forêt à été aperçu, volant au dessus de la lune. Il brillait de mille feux, comme un petit soleil en pleine nuit. On dit qu’il avait découvert quelque chose qui l’avait transformé, qui l’avait changé à jamais. On n’en dit jamais plus parce que l’on ne parle pas de la vieille ni de sa forêt. Ca ne se fait simplement pas…

Néanmoins, un soir de pleine lune, en dégustant ma boisson préférée, une fée verte est apparue, et m’a murmuré, au creux de l’oreille, que cette source immonde, dans cette forêt de douleur à des propriétés magiques. Elle ferait mourir… Jusque là, rien d’étonnant…

Mais par cette mort, on serait capable de renaître à un nouveau corps, à un nouvel être.

Goûter à la source de la souffrance peut, parfois, transformer ce qui était lourd en ce qu’il y a de plus précieux.

Le voyage dans cette forêt, si l’on en réchappe, transforme le coeur, la tête et l’âme.

Le plomb devient de l’or. La souffrance une joie, la peur une confiance.

Bien sûr certains ne croient pas à cette histoire, d’ailleurs peu connue. Mais ceux qui, à la source noire ne veulent pas boire, contemplent encore à l’heure où j’écris, par leurs os, les yeux de la vieille, et cette eau, qui à couleur de sang.

Witto

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