Rin, mystères du monde…

Mystère, souffle et murmure

Un indice, pour trouver la source…

Dans le reflet noir du monde des eaux.
Sous l’écorce d’un blanc bouleau
Le mystère sommeil à l’abri de la vue du profane.
Dans le pas des chevaux, sur les ailes des oiseaux,
Il se cache au creux de la fleur qui jamais ne fane.

Il vole entre les mots, le silence est son berceau,
Un trait en contient deux, et deux n’en contient plus.
Il égare où l’on croit le trouver. Il fait face à la fuite,
Et fuit la face du commun, comme pour mieux le retrouver.

Il est présent dans le monde, et jamais ne le quitte.
Une ombre en plein soleil, dans la chaleur de l’hiver.
Le droit se trouve en vers, plié par le poids des années.
Dans les creux il s’élève, et sur la terre, il flotte de toute éternité.

A tout jamais absent de la bouche de l’ignorant,
A tout jamais muet, à l’oreille de l’arrogant.
Prendre sagesse pour folie, et folie pour sagesse,
S’emmêler dans les « on dit », abandonner ce qui grandit.
Sans arrêt il frappe à la porte du cherchant.

Les mystères se cachent dans la vie. Ils se trouvent dans la nuit. Pour les découvrir, et les faire venir à soi, il ne suffit pas d’un ou même de quelques livres. Il ne suffit pas d’être plein d’assurance et de savoir convaincre. Pour que le souffle des mystères caresse la peau de notre âme, il n’y a rien à accumuler. Mais beaucoup à abandonner.
Et en premier lieu, les certitudes. Arrêter de juger. Arrêter de croire, et commencer à voir… Il ne suffit pas d’entendre, il faut aussi écouter. Et pour pouvoir voir, il faut d’abord regarder…

Rien n’est vrai, rien n’est faux… Mais au milieu de toutes les gesticulations des Hommes, il se trouve, quelque part, et pour certains, ce qui est juste.
Ce n’est pas forcément le plus doux, le plus agréable. La rivière, quand elle descend de la montagne ne se contente pas de couler tranquillement. Elle creuse la roche, et charrie arbres et rochers. Elle taille la géographie, afin d’ y faire sa place.
Le saumon pour la remonter, et redécouvrir le lieu où il est né, doit jusqu’à la mort lutter, et combattre encore et encore, avant de se reposer.
La vie est comme une rivière entend-on souvent… Le profane la descend. L’initié doit la remonter…

Pour s’éloigner de la quête, il suffit d’opter pour la facilité…

Witto Laïloken

 

Facebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedinmail
Publié dans Uncategorized | 2 commentaires

Un souffle dans le silence (Ogham Uir)

Un voyage dans le monde des oghams

Uir, la mort…

Le silence… Un vent frais souffle dans la cime des arbres. La nuit commence à tomber. Au loin, les loups hurlent pour appeler le voile sombre sur la terre.

Le silence… Le crépitement d’un feu nourri du bois de sept forêts. Près du feu, un jeune homme. Pas encore très vieux, mais suffisamment pour connaître la crainte, l’inquiétude à ce que sera le jour d’après… Du moins, si le jour d’après arrive bien…

Le silence… Puis le cris des animaux. Oiseaux nocturnes, rongeurs, renards surtout. Autant d’êtres qui attendent la nuit pour sortir de leur cache, et se montrer aux lueurs de la lune.

Le silence… Silence d’un vieille homme… Un homme sans âge. Il était là au commencement des temps. C’est du moins ce que l’on peut penser en voyant sa longue chevelure argentée… La face burinée par les années, il a connu les anciens temps, les temps de magie. Un temps où l’honneur était une vertu, et la parole donnée était sacrée… Un temps où la vérité était palpable dans les creux des arbres, parce que les Hommes étaient encore capable de voir et d’entendre. Non encore encombrés par l’image qu’ils reflètent dans le monde.

Un ancien, c’est comme cela qu’on l’appelle au village. et le jeune garçon est parti avec lui un soir d’été alors que les soldats d’une armée étrangère étaient occupés à brûler, piller, assassiner… Violer…

Ses parents gisant sur le bûcher de leur demeure écroulée, le petit garçon d’alors n’avait d’autre espoir que celui de suivre cet homme qui lui promettait une solitude moins rugueuse à vivre…

Le silence de la forêt, bien qu’étant interrompu régulièrement par ses habitants, était une lumière à laquelle s’accrocher pour le jeune homme qui cherchait à faire le silence dans sa tête. Il entendait les hurlements, le pas des chevaux fracassant la terre, le vacarme des flammes qui emportaient les maisons. Le silence… Voilà ce qu’il cherchait. Le silence, et puis la paix. Une paix qu’il pensait inaccessible. Alors il se tourne vers le vieil homme, occupé à scruter les flammes comme s’il y voyait les destinées du monde.

-Dis-moi : N’y a t-il que la mort pour trouver un peu de paix ? N’y a t’il que le néant pour trouver un peu de silence dans ce monde plein de haines et de peurs ? La fin, la mort, n’est elle qu’un trou béant dont on n’ a simplement qu’ un aperçu ici sur terre, parmi les Hommes méchants ? Le désespoir prend t-il fin lorsque tout est terminé ? Trouve t-on la fin de la souffrance quand le monde cesse de tourner ? J’ai peur des loups qui hurlent dans la vallée, mais la mort m’inquiète bien plus en cette soirée d’automne où je vois bien autour de moi le monde mourir lui aussi… Si je meurs, penserai-je encore à mes parents ? Leurs souvenirs s’éteindra t-il avec moi ? La mort est-elle la fin de tout ce qui est souffrance et de tout ce qui est bon ?

Le vieil homme sorti de ses visions continue pourtant à regarder les flammes dansées. Il se redresse. Avec une branche, arrange les bûches en laissant des étincelles s’envoler vers les étoiles, comme des petites fées libérées de leur emprise terrestre. Autorisées à retourner en leur demeure bien aimée… Avant de s’effondrer plus loin dans un creux de la terre, leur rêve avorté…

– La mort, la fin… Nécessaire. Nécessaire pour mettre en mouvement. Nécessaire pour transformer le vivant. « La mort n’est que le milieu d’une longue vie… «  Voilà ce que me disaient les anciens alors que j’étais bien jeune… Le milieu d’une longue vie… Ma vie aujourd’hui est bien longue. Et pourtant, j’ai vécu quantité de morts. Je ne cesse pas de vivre, et pourtant j’ai fais le deuil de moi-même autant de fois que le jours s’est levé sur ces arbres…

Non, la mort n’est pas la fin. La mort, c’est une transformation. Il faut savoir dire adieu à l’ancien pour accueillir ce qui doit advenir.

Ce qui fait peur, ce n’est pas de mourir, c’est de ne pas savoir… Et avec cela, il faudra que tu vives. Beaucoup disent « beaucoup » et se gargarisent de leur savoir, alors qu’ils ne font que chercher à être rassurer… et parfois à dominer… Non, l’inconnu restera inconnu jusqu’à ce que la vie fasse se dévoiler le mystère. Mais alors, cet inconnu se sera volatilisé vers un ailleurs, inaccessible pour les Hommes. Impalpable le mystère de la mort. Fascinant autant que dérangeant…

Après la mort, ce n’est pas le « rien » qui nous attend… C’est un « autre chose », un « ailleurs ». Sous une autres forme, c’est continuer à voyager… Et revenir, continuer, changer, se transformer comme le papillon qui se libère de son cocon afin de continuer à propager la vie.

La douleur, les blessures ne disparaissent pas. Elles seront là, toujours présentes. On ne se défait pas de ce qui nous à fait. Mais avec elles, on change, on devient ce que l’on doit être… Si l’on accepte de changer, de quitter. Avec le temps, et avec l’entraînement, cela deviendra plus évident. Néanmoins, les difficultés seront toujours dans ton coeur, parce que tu es un être aimant. Les émotions, les douleurs te tenailleront encore et toujours. Ce qui changera, c’est ce que tu fais malgré tout… Parce que lorsque tu comprends, tu ne tombe plus dans le trou, mais tu apprends à sauter par dessus. Le trou est là, tu peux le regarder, sentir sa présence. Néanmoins, il ne t’empêche plus d’avancer.

Pour découvrir ta destinée, il te sera nécessaire de quitter souvent ce que tu connais. La tristesse de tout quitter sera remplacée par la confiance de ce qui t’attends de l’autre côté.

Mais ais toujours du respect pour la mort, pour la fin des choses. Ne prend pas cet air arrogant qu’on certains, croyant qu’ils ont atteint je ne sais quelle merveille parce qu’ils font croire au monde qu’ ils ne souffrent plus. Bêtise que cela, et mensonge. Ne te laisse pas tromper par toi-même. Vis, ressens… Mais poursuis… La se trouve ta grandeur.

L’automne permet à l’hiver de prendre sa place, qui lui-même va donner sa puissance et sa beauté au printemps. Tout est lié, rien n’est séparer. Les larmes que tu as pu faire couler par le passé sont autant de rivières irrigants ton présent. Il y a du beau à semer, à découvrir et à chanter. Parfois, c’est dans le silence qu’il faut le vivre, mais dis-toi que toujours, la joie, dans ton coeur, tu peux faire germer.

– Alors il n’y a rien à craindre ?

– Non, rien à craindre… Sauf que le feu s’éteigne. Vas nous chercher du bois sec…

Witto

Facebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedinmail
Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire

Onn (Ogham)

Un voyage dans le monde des oghams

Onn, le mouvement…

Se mettre en mouvement, et chercher son chemin. Apprendre à naviguer sur le flot de la vie. Apprendre à suivre le vent, ou aller à contre courant. Apprendre à s’oublier, parfois, parmi les gens. Découvrir la solitude au détour d’un grand chêne. Grimper, suer et découvrir les sommets. Ou plonger, se laisser emmener dans de profondes vallées.

Parfois, au bout de la terre se trouve la mer. Il n’y a alors qu’a s’asseoir et contempler le soleil en train de se coucher. Dormir là, et attendre d’être emporté vers d’autres contrés…

Au sommet des arbres, parfois un corbeau tentera de discuter avec toi, de te faire aller ici ou là… A toi d’apprendre à entendre, à écouter. La magie se découvre alors que l’on ne choisit pas. La magie se découvre alors que nos pas nous guident vers le moins évident. Partir à l’aventure, à la découverte du monde. Le monde de ses peurs, et aussi de ses envies.

Des fois il y a du remords à avoir pris ce chemin tellement difficile. Parfois, il y a du regret à ne pas avoir pris cette autre voie qui se présentait à nous avec, au loin, des pommiers pleins de fruits. Mais alors, de temps en temps, un corbeau au sommet d’un arbre, tentera d’apaiser ta peine ou ta colère, te dire qu’il suffit d’avancer de trois pas pour voir que ce choix n’était pas le plus mauvais.

Tout la haut, près du soleil, un faucon tourne et voit le monde… Lui, il sait… Il sait que nous sommes tous sur ces sentiers, à nous croiser, nous décroiser, à tenter de trouver la voie du bonheur. Il sait que nous souffrons de prendre trop au sérieux notre incapacité parfois à faire les bons choix. Il sait qu’il nous suffirait parfois, de nous arrêter, de fermer les yeux et… Mais voilà… on avance, on cherche et on se cogne. Parfois on trouve. Parfois on va trop vite, parfois pas assez. Parfois on n’abandonne pas, parfois on s’accroche à s’en écorcher le coeur. Parfois on ne comprend pas ce souffle, l’appel du sens, l’appel de la vie…

La vie est un jeu, une opportunité. La vie est une invitation à chaque instant à découvrir le monde dans ses plus belles profondeurs, et ses plus terrifiantes sensations… Jouir de la vie. Lui sourire, et avec elle grandir… Rien n’est faux, rien n’est vrai de là où regarde le corbeau… Il y a ce que l’on veut vivre et expérimenter… Au bout du sentier, se tient notre destinée… Va t-on l’embrasser ou la refuser ?

Witto

 

Facebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedinmail
Publié dans Accueil, Druidisme | Laisser un commentaire

Ailm (ogham)

Un voyage dans le monde des oghams

Ailm

Au coeur de l’hiver, au coeur de la terre, la vie se rassemble, la lumière de toute éternité se prépare à enfanter. Au coeur des forêts, il est des arbres toujours couverts de leur manteau vert. Le pin, le sapin. Arbre de feu, de lumière, et qui, paradoxalement, ne laisse pas pousser grand-chose sous lui.

Il contient la lumière intérieure, le feu spirituel, à l’oeuvre partout, et en tout. Sous lui rien que l’ombre, l’obscurité, le froid et l’aridité… Peut-être pour égarer le curieux qui se tromperait quand à la manière de voir et de chercher… Il ne s’agira pas de se laisser prendre par les artifices, mais de savoir regarder, sentir, au coeur des choses… Car c’est la que se trouve le véritable trésor.

Il est majestueux, s’élève droit vers le ciel, et garde en lui, toute l’année, dans ses branches, ses feuilles et son tronc, le message de l’univers. Il est de feu et de lumière.

Il brûle aux alentours du solstice d’hiver, afin d’annoncer le venue du jeune soleil. Il est alors le symbole de la régénération, de la renaissance, de la venue dans ce monde de ce qui s’était réfugié de l’autre côté.

Ailm, représenté par le pin, le sapin, correspond à la lettre « A », la première des voyelles, le son primordial. Celui du cri du bébé qui arrive dans le monde des hommes, et celui des Hommes lorsqu’ils expirent leur dernier souffle, afin de rejoindre le monde des âmes.

Ailm est l’ogham des commencements, autant visibles qu’invisibles. Les débuts sont aussi des fins. Les naissances sont des morts, et les morts, des naissances. Il est la porte, le témoin et l’acteur des passages. Il est l’ogham de l’initiation, dont le principal aspect est un changement radical, et essentiel. On ne sort pas du trou tel que l’on y est entré…. Sauf à avoir joué , et à s’être trop accroché à ce qu’il aurait fallu lâcher.

Ailm est la petite lumière, sortie de nous à l’entrée dans la tombe, et qui attend à l’extérieur que l’oeuvre se fasse, afin de reconquérir notre coeur, changé par l’expérience de l’abandon, de la solitude, du froid, et du sec…

C’est l’ogham de la force primordiale, qui donne vie et mouvement à toute chose créée. C’est l’énergie de la mise en ordre, de la construction d’un « autre chose ».

Lorsque l’homme et la femme se rencontrent, l’oeuf est fécondé. A cette instant, tout les potentiels sont présents. L’infinité de l’univers se retrouve à tournoyer en un point, au coeur du ventre d’une femme. L’étincelle de la vie a jailli. Sa puissance est colossale. Un cosmos se créé, une mise en ordre de la matière, afin de donner la vie, la faire grandir, la faire s’exprimer en un être, fruit de l’amour, de l’union des deux principes de la création. L’eau et le feu, le masculin et le féminin…

Il faudra en moyenne neuf mois pour que l’oeuvre soit complète dans la discrétion d’un ventre chaud et accueillant. Neuf mois pour qu’un enfant puisse naître et faire la connaissance duelle de ses deux parents.

La naissance physique de cet enfant, une apparition dans le monde du froid, est une mort à ce qu’il était avant. Ne dit on pas que la naissance, pour un nouveau né, sera le premier traumatisme de sa vie ? Et pourtant, cette mort est nécessaire pour que ce nouvel être puisse exprimer ce qu’il est, le dire au monde, le donner à la terre et à l’univers.

Un autre chemin… Neuf mois et deux naissances, deux expression de la vie. La première, toute intérieure. Faite de ce qui fait naître les galaxies et les étoiles. La seconde, toute humaine, pleine de fragilité, d’efforts et d’émotions…

Une porte, un passage au milieu d’une longue vie. Il s’agit ici de connaître le changement, de naître avec lui, de ne pas lutter contre ce qui ne peut être évité. De passage en passage, dans nos vies, on grandit. On se façonne, et on devient ce que l’on est. Enlever ces peaux qui nous pèsent, afin de se défaire de tous ces conditionnements qui nous enchaînent. Voilà peut-être l’essence de ce que peut être un chemin…

Ailm est une petite lumière, un feu ardent, qui peut nous aider à franchir ces portes qui nous font si peur… Parce qu’elle signifient le changement.

Witto

Facebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedinmail
Publié dans Accueil, Druidisme | Laisser un commentaire

Ruis (ogham)

Un voyage dans le monde des oghams

 Ruis 

Un coeur qui saute dans la poitrine d'un géant
Il marche sur la terre, à travers le vent,
Trace les plaines et les montagnes,
Arrache le monde, et le transforme selon sa danse et son chant.

Un coeur qui fait fondre le soleil du monde,
Un coeur qui pénètre les plus insoupçonnés secrets de la terre.
Un coeur qui pleurt, qui hurle et qui saigne.
Un coeur qui jubile, qui célèbre et qui aime.

Le monde de la passion, de l’effervescence, de l’extase, du feu sacré. Ruis nous parle de ce qui monte à la tête par le coeur. Ruis nous parle de ce qui nous fais chavirer, d’un sens ou de l’autre. Il n’y a pas de demi mesure ici.

Ruis, c’est la vie croquée à pleine dent. C’est le monde de la charge héroïque, de la démesure. La passion et la fougue qui se déchaîne dans le coeur de jeunes amants. La force et la puissance de celui qui se bat pour une cause qu’il croit juste.

Tel un feu qui monte et qui éclate avec vigueur, l’ énergie de Ruis peut amener le feu de la colère. C’est la même énergie qui va mettre le feu dans la tête de l’ovate lorsqu’il part en extase vers d’autres cieux, d’autres obscurités.

La colère, la passion, la fougue sont mises de côté dans une société aseptisée. Ces qualités sont l’indice d’un être que l’on ne peut contrôler, qui est prêt à tout dévaster pour ses idées, les êtres aimés, un plus faible, une terre à protéger.

Ce qui ne peut être normé sera écarté, honnit, discrédité… Les excès n’ont jamais bonne presse parce qu’ils sont l’expression de la pulsion de vie à son état pure.

Et alors, petit à petit, l’on essaie de se conformer, afin de ne pas se faire écarter du monde des Hommes, qui nous est imposer. Alors, on devient raisonnable, on s’intègre, et petit à petit, la passion s’échappe… On s’écrase devant la volonté du plus grand nombre, devant l’envie du monde de rester tranquille, et de toujours tourner rond. Ne pas être déranger, ne pas être remis en question, ne pas questionner. Bientôt, on devient nous-même les censeurs de ce fascisme mou qui empêche toute expression de ce qui pourrait être libre et déchaîné.

Dé-chaîné… ne dit on pas de quelqu’un qui est plein de passion qu’il est déchaîné ? Sans chaînes ? Mais comment pouvons nous admettre de vivre la majorité de nos vie enchaînés, et seulement, de temps en temps, de sentir le besoin de s’excuser d’avoir pété les plombs parce que la contrition se faisait trop forte ? Comment peut-on accepter d’être si peu vivant ?

Se soucier du regard de l’autre, de ce qu’il pensera de nous est un moyen de nous intégrer, de faire partie d’une tribu, d’une communauté. Le drame, c’est que, trop souvent, l’on n’a pas conscience de nos mécanismes intérieurs, et l’on se sent libre, alors que nos attaches sont encore bien lourdes… Il sera d’ailleurs bien difficile de s’en défaire tant que l’on ne se regardera pas d’abord dans un miroir avant de juger l’autre de tout les mots.

Se déchaîner, libérer le feu, Vivre, c’est bien, important, et essentiel. Néanmoins, si des gardes fou dans nos psyché existent, ce n’est pas sans raison. La passion, lorsqu’elle est livrée à elle-même, que ce soit sous la forme d’un attachement sensuel puissant, ou de la colère, peut tout emporter sur son passage, sans aucune distinction. Le monde peut alors sombrer dans les flammes, nous ne nous en rendrons pas compte, parce que note cause, notre sentiment sera alors le seul à avoir de raison d’être.

Le feu doit être nourrit, mais la lucidité doit être entretenue, afin d’éviter de sombrer. Exercice de funambule, mais indispensable. Il ne s’agit pas là d’avoir l’air équilibrer vis à vis d’autrui, et de paraître, mais de vivre cet équilibre en soi, afin de tenter, effort après effort, de toucher du doigt, un peu plus à chaque fois, l’Etre. Plonger ses racines profondément dans la terre, et atteindre les étoiles, les bras levés lors de nos prières.

Un moyen traditionnel d’exprimer ce feu, et l’énergie de Ruis, c’est lors de l’extase. Le moment où la tête, le mental se déconnecte et où il est possible d’accéder à d’autres mondes. On largue les amarres, et on part. Avec la nécessité, comme toujours ici, de bien prendre garde à ne pas se faire emporter et dépassé par le flot de ce qui est réveillé. Encore et toujours, il s’agira d’être capable de lucidité, afin de ne pas se faire broyer…

Cuchulainn, alors que le feu brûle en lui, est trempé dans trois bains d’eau afin de parvenir à le calmer. L’eau du premier bain s’évapore au contact de la chaleur du héros. L’eau du deuxième devient chaude à tel point qu’elle fait de gros bouillons. Le troisième, enfin, lui permet de revenir à un état « raisonnable »…

Le feu de Ruis, à manier avec prudence…

Witto

Facebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedinmail
Publié dans Accueil, Druidisme | Laisser un commentaire

Straif (Ogham)

Un voyage dans le monde des Oghams

Straif

Avertissement : Les Oghams ont évidemment des significations bien plus étendues que ce que je présente ici. Le but n’est absolument pas d’être exhaustif, mais de capter le souffle lorsqu’il est présent sur un thème. Cherchez, creusez, explorez, c’est la seule voie… Ici, on va faire râler les anxieux  😈 Bonne lecture.

straif-1

Des épines dans le coeur, il cherche son souffle.
Un matin d’automne, le froid pénètre son corps.
Il rampe sur le sol humide.
Il s’ éteint, se fond, dans le gouffre béant.

Une colombe blanche s’élève du sous-bois.
Elle cherche le ciel, sa demeure éternelle.
Un renard la regarde s’élever,
Son espoir à lui s’est envolé.

Le souvenir du goût du sang,
Mais rien que du vent.
Il est toujours là,
Mais peut-être, pas pour longtemps…

La mort, la souffrance, la déchéance, la maladie, l’impuissance. Les dures leçons de la vie. Elles ne sont jamais souhaitées. Elles sont même, la plupart du temps écartées, évitées… Mais elles arrivent immanquablement, tôt ou tard…

Straif n’est pas un Ogham de la joie et de la gaieté. Straif est un Ogham pénétrant. Un Ogham difficile à porter… Pour transformer le plomb en or, il faut calciner, écraser, chauffer, savoir endurer…

Dans une forêt ancienne, des crânes et des os sont accrochés aux branches. Ils préviennent le passant que la poursuite du chemin ne sera pas sans risque. De grandes giclées de sang recouvre les arbres. Les ombres sont en leur domaine. Ici l’espoir est mort il y a bien longtemps. La lourdeur des malheurs, des souffrances se ressent jusque dans l’écorce des bois tombés lors du dernier grand coup de vent.

Les oiseaux se taisent ici. Des corbeaux veillent, et guettent les cadavres aventureux…

Une vieille hante les lieux. Elle est faite de racines épaisses et de branches de prunellier. Ses épines acérées font crever tout ce qui s’approche trop près. Elle ne se protège pas parce qu’elle a trop souffert. Non… Elle n’aime simplement pas ce qui vit. Dure et sans vie, elle s’abreuve au coeur des enfants. Elle n’est pas émue par la jeunesse ou la beauté… Elle se traîne, dans cette forêt sombre. Elle est grande, inquiétante. Elle va vite, et elle voit loin…

Elle connaît le coeur des Hommes parce qu’elle n’est pas obscurcit par les sentiments de tout un chacun.

Elle est maîtresse de la sorcellerie la plus sombre. Elle accompagne les mouvements de haine et de violence. Elle jouit de la souffrance des Hommes. L’oeil brillant, la pitié n’est pas au menu de ses appétits.

Non, ici, au-delà de la nuit, est la demeure de la douleur la plus enfouit, la plus secrète. Il n’y a rien à attendre de ce lieu hormis la mort…

Même les bêtes ne veulent pas des fruits de cette terre. Ils serrent la gorge, et font s’étouffer les imprudents.

Il n’y a qu’un chemin qui mène à ce bois. Rien n’indique où l’on va. Rien ne dit ce qui nous attend là. Seuls des cadavres éparpillés indiquent au passant qu’ici, il n’y trouvera rien de réjouissant.

Néanmoins, parfois, d’étranges personnes s’aventurent en ce lieu de douleur. Elles y mettent le pied, souvent par égarement. Elles s’y perdent, et y sont tourmentées, souvent. Certaines n’en sortent jamais, se heurtant à l’odeur putride qui émanent des creux faits dans le sol par les racines d’arbres abîmés.

straif2

Au coeur de cette forêt, a proximité du lieu où se repose la vieille, il est une source extraordinaire. Elle est sombre, comme le reste de l’endroit. Elle sent l’oeuf pourri à des kilomètres à la ronde. L’eau qui en sort ressemble plus à une boue rouge comme le sang, qu’a un liquide bienveillant. Elle donne la nausée à nombre d’imprudents, qui meurent là, souvent de folie, et parfois seulement de soif.

Mais cette source immonde, aux apparences repoussantes, garde en son coeur un secret. Même les corbeaux, à son sujet restent muets, mais il est un fait.

On raconte que parfois, une fois ou deux par siècle, il y aurait de ces imprudents qui arrivent à sortir de la forêt. Non par le chemin qui les y a amené, mais par un escalier de terre, qui passerait entre les entrailles de vieux rochers. Il y aurait là une issue, mais on n’entend jamais parler de ces chanceux, ou courageux personnages.

Il y a bien un vieux souvenir qui est écrit quelque part dans un vieux livre bien plus anciens que la plus vieille des mémoires.

Il y est écrit, à ce qu’il paraît, qu’un jour, un de ces rescapé de la forêt à été aperçu, volant au dessus de la lune. Il brillait de mille feux, comme un petit soleil en pleine nuit. On dit qu’il avait découvert quelque chose qui l’avait transformé, qui l’avait changé à jamais. On n’en dit jamais plus parce que l’on ne parle pas de la vieille ni de sa forêt. Ca ne se fait simplement pas…

Néanmoins, un soir de pleine lune, en dégustant ma boisson préférée, une fée verte est apparue, et m’a murmuré, au creux de l’oreille, que cette source immonde, dans cette forêt de douleur à des propriétés magiques. Elle ferait mourir… Jusque là, rien d’étonnant…

Mais par cette mort, on serait capable de renaître à un nouveau corps, à un nouvel être.

Goûter à la source de la souffrance peut, parfois, transformer ce qui était lourd en ce qu’il y a de plus précieux.

Le voyage dans cette forêt, si l’on en réchappe, transforme le coeur, la tête et l’âme.

Le plomb devient de l’or. La souffrance une joie, la peur une confiance.

Bien sûr certains ne croient pas à cette histoire, d’ailleurs peu connue. Mais ceux qui, à la source noire ne veulent pas boire, contemplent encore à l’heure où j’écris, par leurs os, les yeux de la vieille, et cette eau, qui à couleur de sang.

Witto

Facebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedinmail
Publié dans Accueil, Druidisme | Un commentaire

Ngetal (Ogham)

Un voyage dans le monde des Oghams

Ngetal

ngetalUn corps meurtri par les outrages du temps. Des plaies ouvertes par les accidents de la vie, les guerres, les incidents… Un quelque chose à dire de plus grand. La maladie sur le corps, doucement s’étend…

Les maux du corps sont un langage sacré. Les maux du corps sont des appels. Des appels de nos profondeurs. Parfois, de nos profondeurs les plus terribles, les plus secrètes. Dans ces profondeurs résident parfois des êtres, des habitudes, qui parfois ne nous appartiennent pas. Mais ils sont là. Ils s’immiscent dans nos tissus, dans les interstices de nos êtres…

Les malaises que l’on croisent tout au long de nos vies, sont aussi des mots qu’il est parfois possible d’entendre. Difficile d’entendre quoi que se soit lorsque l’on est tourmenté par le corps. En pleine tempête, il est difficile d’entendre le chant d’une enfant.

Avant la tourmente de la douleur, il y a d’abord celle de l’inconfort, qui se mêle à la peur… La peur de ne plus faire ce que nous avions l’habitude de faire. La peur de ne pas être efficace, de ne pas être aussi présent. La peur de mourir à ce que l’on était. Passer de l’insouciance de la santé, à l’inconfort d’un nez qui coule est parfois difficile à vivre pour certains…

Remarquons que plus l’inconfort est réel, et plus le lâcher prise devient nécessaire. Il n’y a pas à lutter contre des mots. Il y a à entendre. A comprendre. Prendre avec soi le message de ce corps, et savoir pourquoi il ne nous permet plus d’être, de faire, de jouir…

Les maux, les malaises, les maladies, s’installent là où il y a déséquilibre. Dysharmonie. La nature de la vie veut que l’on soit en pleine santé. Pas empêché par des grippes, des allergies. La maladie est une quête de la nature pour retrouver un équilibre. Une réaction face à une agression. Qu’elle soit ponctuelle ou répétée.

La santé correspond à un état naturel duquel nous nous éloignons de plus en plus. Nous nous nourrissons d’aliments qui ne sont pas adaptés à nos corps. Nous vivons dans des environnements qui ne sont pas adaptés à la vie. Passer son temps dans une boîte, entourée de celles de nos voisins. Boîtes éclairées par des lumières mortes, en regardant des boites à images qui nous font vivre ,par procuration, mais pour de vrai dans nos têtes, des guerres, des famines, des souffrances sans nom. Nous sommes otages de situations dont on ne peut rien. Si une guerre éclate à nos portes, nous pouvons agir. Fuir ou combattre. Mais ici, non. Rien à fuir. Rien à combattre. Juste à subir. Et cela rend fou. Vraiment. Les corps et les âmes se décomposent de ne pas pouvoir vivre vraiment.

Il y a, je crois, une harmonie à rechercher. Une quête à poursuivre pour notre temps. La quête de la véritable vie. Celle qui nous amène à voir l’inconfort de manière ludique. Celle qui nous amène à agir, et à ne plus subir. Celle qui nous amène à rencontrer la vie.

roseaux

Certaines dysharmonie ne nous appartiennent pas. Autant nous sommes plus ou moins responsable de notre manière de nous alimenter, de faire ou non de l’exercice, de fumer, de boire plus que de raison, de ne pas assez nous reposer, ou de ne pas assez travailler… Autant, nous vivons à une époque où la société dans son ensemble nous emmène dans le mur. Le progrès qui est venté par tant d’esprits soit disant éclairés, n’est pas forcément, et pas toujours un bienfait. Le fascisme de la croissance, de la modernité, impose une transformation, une mutation, que les corps et les âmes ont du mal à encaisser. La planète se transforme. Son âme se meurt. Il devient difficile de rencontrer du sauvage véritable en Europe occidentale. Je ne parle pas de trouver un bout de forêt, qui ressemble de nos jours plus à un parc bien balisé qu’à un lieu véritablement sauvage. Pour un ultra civilisé habité quotidiennement par le béton, les voitures, la foule et le bruit, il est certains que 2-3 arbres représentent la nature la plus sauvage qui soit. Ces arbres deviennent un pont avec un monde perdu dans lequel nous nous trouvions en bien meilleur harmonie. Le risque étant que l’ultra civilisé prenne ce parc comme le véritable sauvage, et laisse mourir la forêt, un peu plus naturelle, parce qu’elle est loin de ses yeux et de son coeur…

Nous sommes à une période charnière. Moment de transformation, de mutation. Le changement peut-être brutal à encaisser. Il peut être difficile de s’adapter à ce monde tel qu’il nous est proposé. Il y a une harmonie à rechercher malgré le chaos qui nous entour. Malgré ce qui va à contre sens de la vie, il y a, plus que de l’espoir, des solutions. Il y a matière à ne pas accepter la fatalité de la déchéance.

Le roseau à cela de particulier, que grâce à ses racines étendues, il est en capacité de nettoyer, de purifier, et de rendre sa santé à une eau polluée. Lorsque le vent souffle, déracine les plus grands arbres et brise les chênes les plus robustes, le roseau chante dans le vent. Il se courbe, plie, mais ne rompt pas. Le roseau à les pieds dans la vase la plus noire, chante avec le vent, et danse avec la lumière du soleil le plus vif.

Imitons le roseau lorsque nous sommes face à des difficultés, des maux, des handicaps. Plongeons nos racines dans nos profondeurs. Cherchons à être le lien alchimique qui transforme la matière sombre en diamant éclatant. Dansons avec le vent. Accompagnons son souffle, sa vie, sa vitalité, sa puissance. Observons ce qui est, et accompagnons le, afin de transformer l’essence de ces choses en ce qui nous fait vibrer. Il n’y a pas de fatalité. Il y a certes, des choses que l’on ne peut pas changer, parce que nous n’avons pas de prise sur ces choses… Mais on peut changer l’essentiel : notre regard, notre manière de voir. On peut décider de subir ou d’agir. On peut décider de sombrer, ou de s’éveiller. Malgré la difficulté de la tâche parfois, il est une certitude : il est toujours possible de changer.

Witto

Facebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedinmail
Publié dans Accueil, Druidisme, Uncategorized | Laisser un commentaire

Gort (Ogham)

Un voyage dans le monde des Oghams

Gort

img_20161023_210021

Lieu de paix. Ancienne forêt sauvage défrichée par la mère. Lieu d’abondance. Tout pousse ici par le travail des Hommes. Dans un lieu clos, limité, l’impression est donnée que les fruits de la terre vont pousser sans limite. Havre de silence, havre de paix. Les oiseaux vont et viennent, les abeilles butinent. Le soleil réchauffe les fleurs qui poussent ici et là, au milieu d’un petit ruisseau, qui chante le cours de la vie.

Un jardin est une création d’Homme. Un lieu où la nature est optimisée, afin de donner le maximum, et nourrir dans l’abondance celui qui en est à l’origine.

Le jardin est un lieu de transformation. Un morceau de terre, parfois un morceau de forêt. Et d’année en année, par le travail, la transformation de ce lieu de nature, ce morceau de terre devient lieu d’abondance, explosion des bienfaits de la nature.

img_20161023_164902

Le sentiment d’abondance est intimement lié au sentiment de paix. La paix est présente lorsque l’on sait que l’on ne manquera de rien. La où le manque se fait jour, les tensions grandissent, les envies d’avoir plus (de manière légitime parfois) rencontrent les envies des autres, et ainsi commencent les guerres.

Un Jardin abondant est un jardin où règne la paix. Un jardin où règne la paix est un jardin abondant.

Un jardin est, malgré la main de l’Homme qui est bien présente, régit par des lois naturelles qui le dépassent. Les cycles des saisons notamment, avec des périodes de sommeille, puis des périodes d’explosion.

Gort va nous parler plutôt de la période d’explosion. La période de croissance qui a lieu au printemps. Tout se met en mouvement. Tout pousse. Tout donne l’impression de renaître, de trouver un nouveau souffle. Après la période de froid, les graines vont germer, afin de donner des plantes, qui porteront des fruits, qui nourriront la terre entière…

La croissance de Gort est intimement liée au travail fournit. Il ne s’agit pas de la croissance sauvage, sans but, dont toute volonté serait absente.

La croissance de Gort implique une volonté, une vision. Lorsque l’on démarre un jardin, nous choisissons les types de plantes que nous allons planter, et où nous allons le faire. Au fil du temps, selon la nature du terrain et du climat, il faudra adapter nos choix aux réalités des possibles. Et bientôt, grâce à l’alliance du travail des Hommes et de la générosité de la nature, l’abondance généreuse sera bien présente…

Il en va de même lorsque l’on parle d’un travail personnel, intérieur, spirituel. Pour que la croissance soit possible, pour que l’on puisse grandir, il faut d’abord savoir vers où nous voulons aller. Il s’agit de faire preuve de volonté. La volonté de travailler un terrain, de lui donner une forme, afin de récolter tel ou tel fruit.

Sans cette vision préalable, alors ne pousseront dans le jardin que les plantes qui ont le plus de facilité à s’installer, mais pas celles qui nous nourriront le mieux. Hors un jardin à un but, un objectif : Nous nourrir… Surtout si l’on pense qu’il n’y a pas toujours eu de supermarché au coin de la rue… Ni même simplement de coin de rue…

Sur notre terrain intérieur nous allons donc choisir quelles plantes nous allons favoriser. Nous en éliminerons certaines. Nous en déplacerons d’autres. Et nous mettrons le paquet sur celles qui sont les plus productives, ou celles qui nous plaisent le plus au goût…

Certaines plantes chercheront à revenir coûte que coûte, bien que nous ne les souhaitions pas à cet endroit précis. Il s’agit d’adventices. De plantes qui poussent là où on ne le souhaite pas, dans un cadre plus ou moins domestiqué, qui est celui du jardin… Ainsi, il faudra, parfois, désherber. Retirer ce qui ne nous est pas utile, ou ce qui pourrait nuire aux fruits délicieux que nous avons prévu de récolter prochainement.

Ainsi, il y a des limites à laisser grandir l’égoïsme si l’on souhaite récolter la paix… L’égoïsme n’est pas une plante mauvaise. C’est seulement qu’elle est envahissante, et pousse de manière extrêmement vive et très serrée. La paix quant à elle est délicate, et à besoin de s’enraciner profondément avant de s’élancer vers le ciel.

L’égoïsme a sa place dans un coin du jardin. La-bas, elle s’épanouira selon sa nature, et changera même de nom pour devenir « estime de soi ». La où sera cultivé la paix, le lieu sera aménagé selon sa nature, afin de lui permettre de grandir le plus possible, et d’être productive selon notre souhait.

Beaucoup de plantes peuvent cohabiter, et même s’entre-aider. Ainsi, il n’y a pas qu’un seul modèle de jardin possible, mais une infinité. Selon la nature du lieu, la paix, la sagesse, le partage, s’exprimeront d’une manière, ou d’un autre. Ces plantes n’auront pas les mêmes formes, les mêmes couleurs, ni le même goût. L’expression est diverse, mais elle n’est pas laissée totalement au hasard. Le jardinier est celui qui dirigera la symphonie, en laissant s’exprimer les qualités naturelles des instruments présents dans l’enceinte de l’orchestre qu’il aura décidé de réunir ici.

p1150539

Lieu de transformation, lieu d’alchimie, l’ogham Gort répond à la quête de croissance intérieure qui nous anime lorsque l’on se tourne, d’une manière ou d’une autre, vers une forme de spiritualité.

Il s’agit de savoir vers où nous souhaitons aller, d’avoir une vision claire de ce que nous voulons, et de nous donner les moyens d’y arriver.

Gort ne parle pas du but, mais du chemin de croissance pour y arriver. Sa force est celle de l’abondance, de l’explosion de vie en plein hiver.

Le lierre est la plante que l’on attribue à cet ogham. Toujours verte, elle grandit vite. Recouvre tout. Certains arbres morts paraissent pleins de vie par le feuillage exubérant du lierre qui l’a enveloppé.

S’il sait redonner la vie aux morts. Imaginez l’aide qu’il peut apporter aux vivants.

Witto

Facebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedinmail
Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire

Muin (ogham)

Un voyage dans le monde des Oghams

Muin

Un serpent passe au dessous. Un serpent passe au dessus. Il danse entre les racines de l’arbre de vie. Il danse entre les racines de l’arbre de jeunesse et de beauté. Tour à tour dans l’ombre et dans la lumière. Passer de l’un à l’autre, et tisser la trame de lavie, la trame de la destiné, voilà son office.

p1140979

Des liens se font, se défont et se recréer. Ce qui meurt de ce côté renaît de l’autre, et ce, de toute éternité. Les liens entre les Hommes. Entre les morts et les vivants. Les liens qui unissent toutes choses en ce monde…

Comme la vigne qui rampe, et qui s’accroche à tout ce qui est à sa portée. De proche en proche, elle contient le monde entier. Aucune chose n’existe qui ne soit lié à une autre.

L’ « entre deux », les zones frontières. Là où le jour se mélange à la nuit, l’amour à l’indifférence, la colère à la paix, la lumière à l’obscurité.

Zone d’équilibre, de déséquilibre. Un tranchant d’épée en guise de pont à traverser. Les zones d’incompréhension, de paradoxe. Ici, rien n’est clair. Ici, rien n’est tranché. Tout est dans la nuance, la complexité.

p1050129

J’aimerais dire, mais cela ne rassure guère, que Muin représente ce qui habille toute chose. Ce qui se passe de ce côté-ci est emprunt de l’autre côté. L’autre côté se charge de ce qui se passe ici. Passage du conscient vers l’inconscient, et de l’inconscient vers le conscient. Aller-retour éternel, perpétuelle, comme une mécanique bien huilée. Il n’y a jamais de trêve. Aucune zone où nous serions à l’abri de l’influence d’un « autre chose ».

Cet « autre chose » est difficile à cerner, et lorsque l’on s’en approche, il passe à nouveau dans le monde de la brume. Il n’y a pas de contrôle possible. La vie se déroule, en passant d’une compréhension à l’autre, de l’objectif au subjectif, sans jamais se figer. Muin n’est ni l’ombre, ni la lumière, mais la force qui se cache derrière ce qui fait que l’on passe de l’un à l’autre.

Ogham de la communication aussi. Parce que ce qui sort de ma bouche habite un monde particulier, qui n’est pas le domaine de celui qui entend mes mots. Pour comprendre, il faut interpréter, et parfois questionner. Partir à la quête d’une vérité qui est peut-être à notre portée…

Je vis dans un monde, avec mes expériences, mes sentiments, mes espoirs, mes croyances. Et je te rencontre, avec un monde tout différent qui habille tes pensées et ton âme. Comment se comprendre, comment s’entendre sans interpréter trop vite, à l’aulne uniquement de ce que l’on est, en perdant parfois de vue, que l’autre n’est pas nous, et qu’il fonctionne parfois bien différemment. Difficulté de la communication. Difficultés d’ entretenir le lien, avec toutes les incompréhensions possibles sur le chemin.

Muin est la zone frontière du réel et de l’imaginaire. Il est parfois difficile de cerner le vrai du faux. Le réel, de l’illusion… Muin nous joue des tour, nous entortille, nous emporte dans sa danse frénétique. D’une réalité à une autre, elle nous fait perdre la tête. A force de tournoyer, sont confondus le haut et le bas, le devant de l’arrière…

Muin est une opportunité. Comprendre son concept, c’est être en capacité d’aller au-delà des apparences, et de repousser, jour après jour, les limites de notre conscience. Petit à petit, la prudence de la rationalité, laisse place à la folie de l’inspiration. Au danger de l’intuition… Et là, avec elle, on grandit…

Je dis elle, parce que derrière Muin, je vois la grande reine. Celle qui guide au travers des illusions de la vie. Elle nous fait voir le réel. Sans fard. Elle nous montre ses illusions, et en joue, encore et encore. Si bien qu’a force d’usure, elles deviennent évidentes… Elle est force de friction. Regarder en face le réel se fait rarement dans la douceur. Non parce que le réel est douloureux, mais simplement parce qu’on le refuse. On se refuse à voir que le monde ne correspond pas toujours à nos fantasmes, à nos envies, ne serait-ce qu’a nos souhaits. Accepter le réel, c’est parfois accepter que l’on se soit trompé. Accepter que le monde ne tourne pas pour nous satisfaire… Il n’y a pas à se battre. Il y a à accepter. Et alors, des trésors se révèlent…

img_1078

Funambule de l’éternité,
Je chante aux étoiles. A ma destinée.

Sur un fil, je danse,
Au dessus du vide,
Par trois fois,
je tente ma chance.

Ouvrir les yeux à la nuit,
Et tendre l’oreille à la vie qui s’éveille.

Savoir qu’un jeu se joue…
…Aux règles mystérieuses,
Qui parfois échappent…
…Même aux plus ambitieux.

La quête est devant toi.
Sers les dents et montre ton courage.
Il n’y a rien à perdre.
Tout est déjà gagné.

Alors vis ! Sois ! Et grandit.

Que les Dieux soient témoins de ce que je dis.
Car tu ne mérites pas moins que les étoiles.
Qu’ils t’offrent le monde, et la beauté de la vie.

Witto

 

Facebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedinmail
Publié dans Accueil, Druidisme | Laisser un commentaire

Qeirt (ogham)

Un voyage dans le monde des Oghams

Qeirt

Elle danse, nue, dans la brume. Elle joue avec le temps. Au creux de la terre, elle souffle avec le vent. Elle parcours le monde en ondulent comme un serpent. Elle fascine les Hommes. De tout temps, ils ont cherché à la posséder, à la prendre dans leur filet. De tout temps, il ont cherché à la figer sur des toiles, des pages ou des idées…

Plus insaisissable que le vent, elle se cache en se montrant. Elle garde le silence en hurlant. A la fois elle éblouit, et obscurcit.

296864_377216685684769_427234414_n

Queirt… Il s’agit ici du monde de la beauté… La beauté insaisissable. Pas celle, trop évidente de la jeunesse. Pas celle de l’apparence. Pas celle qui disparaît dès que l’on gratte un peu le vernis d’un monde un peu trop lisse.

Queirt nous parle de beauté, et ainsi nous parle d’immortalité. Pour les anciens, ce qui était vraiment beau était véritablement éternel. Il ne s’agit pas de se laisser avoir par le voile des illusions qui nous environne. Il n’y a rien de plus trompeur que la beauté, quand elle se situe dans le monde des apparences… Il y a certaines personnes, certaines circonstances, certains moments, qui font l’unanimité quand à la beauté qu’ils dégagent. Mais il est certains domaines, où la discussion peut durer longtemps quant à savoir si ce dont on parle est beau ou non…

Dans la beauté physique du monde, se cache le chant d’immortalité de l’univers. Des proportions, des intervalles, des rythmes, un chant, des rapports mathématiques…

On sait que les anciens étaient portés sur les nombres. Il ne pensaient pas ceux-ci en terme de quantité, mais en terme de qualité. Il ne s’agissait pas de se contenter de la surface des choses, mais d’aller creuser plus loin, afin de découvrir ce qui se cache derrière l’illusion de l’évidence. Des lois ont été découvertes. Pi, le nombre d’or, et beaucoup de formules mathématiques que nous connaissons aujourd’hui. Les anciens étaient précis, exactes, avaient le goût de l’exigence. Ainsi, ils ne se contentaient probablement pas de regarder les étoiles et de trouver ça beau en poussant un soupir de romantisme suranné. Il regardaient les étoiles afin de comprendre l’univers et les Dieux. Ils regardaient les étoiles pour y découvrir les lois qui gouvernaient le monde et les Hommes. Ils y trouvaient des proportions, des histoires, de la magie. Il y trouvaient la beauté du monde qui est si difficile à saisir et à décrire.

Queirt nous parle de cette beauté qui est immortalité. La pomme est par excellence le fruit de l’autre monde. Ca fermentation permet de produire un nectar qui peut nous permet d’écarter le voile qui nous sépare des Dieux. Le pommier est l’arbre de l’autre monde. Monde où le temps n’est plus linéaire. Monde où chaque chose est possible. Où toutes illusions tombe avec leurs masques trop commodes.

La beauté se voit, la beauté se vit. On ressent l’immortalité, l’infini de sa nature dès qu’on la perçoit.

Il est difficile d’en parler. L »exercice est périlleux. Quelques pensées étalées sur le papier, mais qui trahissent, quel que soit l’effort, la réalité de la vie.

La beauté se vit, en allant sur le chemin, en se laissant emporter par le vent, par le temps. La beauté se vit en allant voir de l’autre côté du miroir, en ne s’arrêtant pas aux apparences. La beauté se trouve aussi là où on ne l’attend pas. Elle se trouve parfois dans ce qui est le moins évident.

imgp9431

On peut voir la beauté toute sa vie, et passer à côté d’elle parce que l’on a pas saisie sa nature profonde. Regarder à côté lorsque l’apparence ne nous convient pas, et se laisser emporter par la surface lisse d’une apparence bientôt morte…

La plupart du temps, ceux qui parlent sans cesse de la beauté du monde, ne parle que de l’illusion dont ils sont l’objet. Ils sont les pantins d’un monde de mirages, et jugent la beauté de ce monde à l’aulne de que qui leur convient ou non…

Ce qui est immortel dépasse la nature du désir des Hommes. La beauté ne se décide pas en terme de « cela me plaît, cela ne me plaît pas »…

La beauté se trouve dans le réel, dans ce qui se trouve en face de nous… Fuir, détourner le regard dès qu’une gêne se fait sentir, ce n’est pas faire face à l’immortalité…

Contrairement à ce qui se passe dans notre société des apparences, la beauté ne se juge pas. Il n’y pas à lui mettre des notes. La beauté est présente dans ce monde. Il suffit de l’observer, la comprendre… Et la cultiver…

Witto

Facebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedinmail
Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire